63254 DOCUMENT DE TRAVAIL DE LA BANQUE MONDIALE NO. 211 Étude sur le secteur privé de la santé au Mali BANQUE MONDIALE DOCUMENT DE TRAVAIL DE LA BANQUE MONDIALE NO. 211 Étude sur le secteur privé de la santé au Mali La situation après l’initiative de Bamako Mathieu Lamiaux François Rouzaud Wendy Woods Service de conseil sur le climat de l’investissement, Groupe de la Banque mondiale BANQUE MONDIALE © 2011 Banque internationale pour la reconstruction et le développement/Banque mondiale 1818 H Street, NW Washington, DC 20433 (États-Unis d’Amérique) Téléphone: 202-473-1000 Internet: www.banquemondial.org Tous droits réservés Édité aux États-Unis d’Amérique La version anglaise de L’étude sur le secteur privé de la santé au Mali est disponible à l’addresse suivante : h ps://www.wbginvestmentclimate.org/advisory-services/health/. 1 2 3 4 13 12 11 10 Les documents de travail de la Banque mondiale sont publiés pour faire connaître les résultats des tra- vaux de la Banque mondiale à la communauté de développement dans les meilleurs délais possibles. Ce document n’a donc pas été imprimé selon les méthodes employées pour les textes officiels. Certaines sources citées dans le texte peuvent être des documents officieux qui ne sont pas à la disposition du public. Les constatations, interprétations et conclusions qu’on trouvera dans le présent rapport n’engagent que les auteurs et ne doivent être a ribuées en aucune manière à la Banque mondiale, à ses institutions affiliées ou aux membres de son Conseil des administrateurs, ni aux pays qu’ils représentent. La Banque mondiale ne garantit pas l’exactitude des données citées et décline toute responsabilité quant aux conséquences de leur utilisation. Les frontières, les couleurs, les dénominations et toute autre information �gurant sur les cartes n’impliquent, de la part du Groupe de la Banque mondiale, aucun jugement quant au statut juridique d’un territoire quelconque et ne signi�ent nullement que le Groupe reconnaît ou accepte ces frontières. Droits et autorisations Le contenu de ce e publication fait l’objet d’un copyright. La copie et/ou la transmission de passages ou de l’ensemble de la publication sans autorisation peut être une violation de la loi en vigueur. La Banque mondiale encourage la diffusion de ses travaux et accorde normalement ce e autorisation sans tarder et, si la reproduction répond à des �ns non commerciales, à titre gratuit. L’autorisation de copier des passages à des �ns d’enseignement doit être obtenue auprès de: Co- pyright Clearance Center, Inc., 222 Rosewood Drive, Danvers, MA 01923 (États-Unis d’Amérique), Tel: 978-750-8400, Fax: 978-750-4470, www.copyright.com. Pour toutes autres requêtes sur les droits et licences, y compris les droits subsidiaires, veuillez vous adresser au Bureau des Publications, Banque mondiale, 1818 H Street, N.W., Washington, DC 20433 (États-Unis d’Amérique).Fax: 202-522-2422, courriel: pubrights@worldbank.org. ISBN: 978-0-8213-8536-4 eISBN: 978-0-8213-8645-3 ISSN: 1726-5878 DOI: 10.1596/978-0-8213-8536-4 La présente publication est repertoriée comme suit par la Bibliothèque du Congrès. Série sur le climat de l’investissement dans le secteur de la santé C e e sous-série des Documents de travail de la Banque mondiale est produite par le Département chargé du climat de l’investissement du Groupe de la Banque mon- diale. Elle permet de publier des éléments d’information nouveaux sur les activités du Groupe de la Banque mondiale dans le secteur de la santé, de diffuser des travaux d’ana- lyse de haute qualité et de consolider des documents informels déjà publiés après les avoir soumis à une révision et aux processus standards de contrôle de la qualité. La sous-série est surtout réservée aux publications qui élargissent les connaissances sur les politiques gouvernementales et le contexte opérationnel et suggèrent des moyens de favoriser une plus grande participation du secteur privé de la santé au traitement des maladies qui touchent les pauvres et autres populations vulnérables. Des exemples de pratiques optimales présentant un intérêt régional sont fournis à travers des revues thématiques, des travaux d’analyse et des études de cas. Le rédacteur en chef de la série est Alexander S. Preker. Les autres membres du Co- mité de rédaction sont Peter Berman, Maria-Luisa Escobar, Sco Featherston, Charles C. Griffin, April L. Harding, Gerard M. La Forgia, Maureen Lewis, Benjamin Loevinsohn, Ok Pannenborg, Khama O. Rogo et Marie-Odile Waty. Pour de plus amples renseignements, prière s’adresser à : Therese Fergo Courriel : tfergo@ifc.org Téléphone: +1 (202) 458-5599 iii Table des matières Avant-propos ..............................................................................................................................ix Préface .........................................................................................................................................xi Remerciements ........................................................................................................................xix Acronymes ................................................................................................................................. xx 1. Introduction et éléments de contexte.............................................................................. 1 L’initiative Santé en Afrique .............................................................................................. 1 Éléments de contexte du Mali............................................................................................ 2 2. Description du système des soins de santé malien et de sa composante privée....... 5 Historique ............................................................................................................................. 5 La politique de santé du Mali ............................................................................................ 6 Soins ...................................................................................................................................... 7 Formation des professionnels de la santé ...................................................................... 14 Médicament ........................................................................................................................ 15 Couverture maladie .......................................................................................................... 18 Parcours de soins ............................................................................................................... 20 Synthèse : Éléments de dimensionnement du secteur de la santé ............................. 22 3. Gouvernance, régulation et environnement des affaires .......................................... 24 Association du secteur privé à la gouvernance du système de santé ........................ 24 Régulation du secteur privé : Documents stratégiques et cadre normatif ................ 27 Environnement des affaires ............................................................................................. 28 4. Analyse du système des soins de santé ........................................................................ 30 Médecine privée ................................................................................................................ 31 Formation ........................................................................................................................... 34 Secteur privé communautaire ......................................................................................... 36 Couverture maladie .......................................................................................................... 41 Médicament ........................................................................................................................ 44 Parcours de soins ............................................................................................................... 46 Gouvernance ...................................................................................................................... 47 5. Pistes envisagées pour améliorer la contribution du secteur privé aux objectifs de santé publique, moyens mobilisés et résultats escomptés................. 48 Note sur les leviers proposés ........................................................................................... 48 Renforcement du partenariat et du dialogue entre les secteurs public et privé ...... 48 Création/révision des textes normatifs ........................................................................... 52 Renforcement des mécanismes d’application des textes ............................................. 54 Renforcement de la politique de formation ................................................................... 56 Lu e contre le médicament par terre ............................................................................. 58 v vi Table des matières Mise en place de mécanismes d’incitation pour une meilleure répartition des acteurs sur le territoire et une qualité renforcée.................................................... 59 Renforcement de la santé rurale communautaire en consolidant les capacités de gestion des ASACO et la pérennité �nancière des CSCOM........................... 61 Expansion volontariste des mutuelles ............................................................................ 64 Parcours de soins ............................................................................................................... 66 6. Proposition opérationnelle de gouvernance ............................................................... 67 Comité de dialogue et de concertation public/privé .................................................... 67 Cellule partenariats publics/privés ................................................................................. 69 Recours à un conseiller technique pour les questions relatives au secteur privé ....... 69 7. Plan d’action conjoint secteur public/secteur privé ................................................... 69 Perspectives d’approfondissement.................................................................................. 70 Notes ........................................................................................................................................... 77 Annexes ...................................................................................................................................... 79 A. Approche méthodologique ................................................................................................. 81 B. Approche projet .................................................................................................................... 93 C. Termes de référence du Comité de suivi de l’étude ........................................................ 95 D. Questionnaire de l’enquête réalisée auprès des ménages maliens sur leur comportement en matière de santé ................................................................................... 97 E. Méthode d’échantillonnage de l’enquête réalisée auprès des ménages maliens sur leur comportement en matière de santé................................................................... 110 F. Partage des éléments de ce rapport avec les parties prenantes ................................... 113 Bibliographie .......................................................................................................................... 115 Publications récentes ............................................................................................................. 117 Publications à paraître .......................................................................................................... 117 Encadrés 2.1 : Principaux indicateurs de la politique de santé du Mali ..............................................7 2.2 : Prix pratiqués dans la clinique du le Dr Koné à Niono ...............................................11 2.3 : Pièces à fournir pour obtenir l’autorisation d’enseigner .............................................15 2.4 : Les règles de zonage régissant l’ouverture de pharmacies.........................................17 3.1 : Décret n° 01-115/PM-RM du 27 février 2001 portant création des organes d’orientation, de coordination et d’évaluation du Programme de développement sanitaire et social ...................................................................................25 5.1 : Conditions posées à l’obtention d’une licence de grossiste ........................................53 Table des matières vii Graphiques 1.1 : Répartition de la population par tranche d’âge ..............................................................2 1.2 : Détail du classement du Mali dans Doing Business 2010 comparé à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne ....................................................................................3 1.3 : Organisation des soins au Mali .........................................................................................5 2.1 : Évolution du taux d’accessibilité aux CSCOM ...............................................................8 2.2 : Pourcentage de la population située à moins de 15 km d’un CSCOM .......................9 2.3 : Répartition des médecins selon leur lieu d’activité principale ...................................10 2.4 : Taux de contact par structures sanitaires ......................................................................11 2.5 : Flux de formation des médecins par la FMPOS (prévision au-delà de 2010) ..........14 2.6 : Aperçu de la �lière de la distribution du médicament................................................16 2.7 : Liste d’a ente pour obtenir une licence d’ouverture d’officine par région ..............16 2.8 : Répartition du CA au prix des cessions des grossistes privés et publics .................17 2.9 : Financements 2005-2009 pour les différents programmes d’activités du Plan d’extension ..........................................................................................................................19 2.10 : Évolution du nombre de mutuelles et mutualistes ....................................................20 2.11 : Comportement des patients en cas de problème de santé ........................................20 2.12 : Répartition des prestataires par type de recours........................................................21 2.13 : Choix des prestataires selon les revenus du ménage ................................................22 2.14 : Évolution des dépenses de santé au Mali....................................................................22 3.1 : Délai moyen d’obtention de l’agrément et de la licence ..............................................29 4.1 : Représentation systémique du système de santé .........................................................30 4.2 : Capacité d’absorption du marché pour les nouveaux cabinets et cliniques.............32 4.3 : Solde entre la capacité d’absorption totale des cabinets/cliniques et le nombre de cabinets/cliniques que peuvent ouvrir les jeunes médecins en installation ........35 4.4 : Équilibre �nancier d’un CSCOM moyen.......................................................................37 4.5 : Typologie des CSCOM selon leur bassin de population et taux de contact ............39 4.6 : Au rythme actuel, le taux de couverture maladie n’a eindra pas 5 % en 2015........41 4.7 : Croissance du taux de couverture à l’échelle nationale...............................................43 4.8 : Impact du taux de contact sur le chiffre d’affaires CSCOM scénario volontaire vs. scénario obligatoire vs. scénario constant .............................................43 4.9 : Résultat global pour un modèle obligatoire à cotisation constante vs. un modèle obligatoire à cotisation croissante .....................................................................44 4.10 : Projection du nombre d’officines pouvant ouvrir en vertu du zonage et du flux des pharmaciens demandant une licence ..............................................................45 5.1 : Estimation des besoins annuels de �nancement liés à l’installation des cabinets et cliniques ..........................................................................................................60 5.2 : Estimation des besoins annuels de �nancement liés à l’installation des officines pharmaceutiques................................................................................................61 5.3 : Pro�l idéal de croissance de l’activité et des subventions apportées aux différentes catégories de CSCOM ...................................................................................63 viii Table des matières 5.4 : Estimation des besoins annuels de �nancement liés à l’installation des médecins de campagne.....................................................................................................63 5.5 : Modèle opérationnel des mutuelles s’appuyant sur une mutualisation des tâches auprès de l’UTM ....................................................................................................65 5.6 : Ventilation des postes de coûts d’une mutuelle en pourcentage des coûts totaux ...................................................................................................................................65 6.1 : Organisation proposée du comité de dialogue et de concertation public/privé .....68 B.1 : Approche suivie durant le projet ...................................................................................93 Tableaux 1.1 : Mali : Données économiques.............................................................................................2 1.2 : Sélection d’indicateurs Doing Business 2010 pour le Mali .............................................4 2.1 : Répartition des établissements de soins privés ............................................................12 2.2 : Coût moyen et composition du coût des soins selon le type de prestataire ............13 2.3 : Notes a ribuées par les patients aux fournisseurs de soins sur les différents critères d’évaluation ..........................................................................................................13 2.4 : Ventilation des dépenses de santé au Mali, 2008..........................................................23 5.1 : Ajustements nécessaires des mutuelles au cours de leur cycle de vie ......................66 7.1 : Plan d’action ......................................................................................................................72 A.1 : Taux de contact par structures sanitaires .....................................................................84 A.2 : Estimation de la répartition des structures privées par région .................................84 A.3 : Dépenses moyennes dans les cabinets et cliniques .....................................................85 A.4 : Estimation du nombre maximum de cabinets et cliniques supplémentaires pouvant a eindre le point mort ......................................................................................86 A.5 : Projection de l’évolution du nombre de médecins privés/publics............................86 A.6 : Estimation du nombre de cabinets/cliniques pouvant s’ouvrir grâce à l’installation des jeunes médecins ...................................................................................87 A.7 : Estimation des besoins de �nancement des cabinets et cliniques pouvant s’ouvrir grâce à l’installation des médecins...................................................................88 A.8 : Estimation des besoins de �nancement liés à l’accompagnement des médecins de campagne.....................................................................................................88 A.9 : Hypothèses du modèle à adhésion obligatoire de déploiement des mutuelles .....89 A.10 : Synthèse des résultats du modèle à adhésion obligatoire .......................................90 A.11 : Modélisation du CSCOM typique : hypothèses ........................................................91 A.12 : Modélisation du CSCOM typique : synthèse des résultats .....................................91 A.13 : Répartition du chiffre d’affaires (prix de cession et de vente) de la �lière pharmaceutique .................................................................................................................92 A.14 : Répartition des officines et ventilation des listes d’a ente par région ...................92 Avant-propos L e Mali a été pionnier dans l’ouverture de son système de santé au secteur privé communautaire et associatif. Dès 1989, le Ministère de la santé a, dans le cadre de l’Initiative de Bamako, autorisé la création du premier centre de santé communautaire, entièrement géré par les communautés au travers des ASACO (association de santé com- munautaire). Depuis, grâce à une politique volontariste d’amélioration de la couverture géographique des soins de santé primaires, le Mali est �er de compter aujourd’hui envi- ron 990 centres de santé communautaires (CSCOM) qui constituent la base de la pyra- mide sanitaire et couvrent la presque totalité du territoire. Il s’agit là d’une spéci�cité et d’une originalité malienne, car ces structures sont des entités privées à but non lucratif. Elles ont donné lieu au développement des premiers partenariats publics privés puisque l’Etat aide à leur installation et leur fournit des appuis en matière de fonctionnement. Au niveau du �nancement, le Mali a également été très actif dans le développement des mutuelles de santé à base communautaire et en compte aujourd’hui 128 agréées. En�n, le Mali abrite un nombre important d’ONG et d’organisations à base confessionnelle, très actives dans le domaine de la santé, ainsi que de nombreux tradi-praticiens organi- sés dans une fédération. Parallèlement à ce fort réseau communautaire et associatif, le secteur privé à but lucratif s’est lui aussi développé sous le double effet de la libéralisation du secteur de la santé en 1985-1986 et la forte augmentation de la demande de services de santé, no- tamment dans les villes. Dans le domaine des soins, il comprend aujourd’hui un réseau étendu d’environ 250 cabinets médicaux et in�rmiers et près de 80 cliniques, malheu- reusement encore trop concentrés dans les villes. Quant au domaine pharmaceutique, le secteur privé domine très largement et représente environ 80% du chiffre d’affaires du secteur. En�n, la libéralisation de la formation a vu exploser le nombre d’écoles privées de santé. Fort de cet acquis, le Ministère de la santé du Mali souhaite développer des po- litiques qui utilisent davantage les ressources et le savoir faire du secteur privé de la santé. Le Ministère est conscient que l’a einte des objectifs nationaux de santé ne pourra se faire sans engager de façon durable l’ensemble des acteurs du système, qu’il s’agisse du secteur lucratif, non-lucratif, ou la société civile. Le Ministère a sollicité l’appui de la Société �nancière internationale et de la Banque mondiale pour entreprendre ce e étude et identi�er des axes de réformes et de partenariats. L’étude a permis d’évaluer la contribution actuelle du secteur privé au niveau de l’ensemble du système de santé, qu’il s’agisse du cadre politique et règlementaire, de la fourniture de soins, de médicaments et autres produits de santé, de la formation des professionnels de santé et du �nancement de la santé. Ce e analyse exhaustive, qui n’avait jamais été réalisée jusqu’à ce jour au Mali, nous a permis de dégager des pistes consensuelles pour améliorer la contribution du secteur privé et développer des partenariats publics privés. Elle a en�n contribué, grâce à une méthodologie très participative, à rompre la glace qui existait entre le secteur public et privé, à me re tous les problèmes sur la table et à rechercher ensemble des solutions qui soient réalisables dans le court et moyen terme. La présente étude vient à point nommé ix x Avant-propos car elle coïncide avec le démarrage du processus d’élaboration du nouveau plan décen- nal de développement socio-sanitaire (2012-2021) auquel elle apportera un éclairage sur les partenariats publics privés. Ce processus a été conduit grâce à la volonté politique du Gouvernement du Mali et une forte impulsion du Ministère de la santé. Le maintien de cet élan sera déterminant pour la mise en œuvre des partenariats dans une logique de soutien aux actions de santé publique. En tant que Président du Comité de suivi de l’étude, j’ai eu la responsabilité et le plaisir d’accompagner cet important travail et je remercie toutes les parties prenantes pour avoir contribuer à son succès. Salif Samake Directeur de Plani�cation et de Statistiques Ministère de la Santé Préface L a présente évaluation par pays du secteur privé de la santé au Mali fait partie d’une série d’études destinée à approfondir la connaissances des méthodes perme ant d’améliorer le cadre de politique générale en matière de santé, l’environnement des af- faires et le climat de l’investissement dans lequel le secteur privé de la santé opère dans les pays africains. Le système des soins de santé malien a profondément évolué depuis le milieu des années 80 sous l’effet conjugué de la libéralisation de l’exercice privé des professions sanitaires en 1985 et de la mise en œuvre de l’initiative de Bamako. Depuis lors, le secteur privé s’est développé à tel point qu’il fournit aujourd’hui près de 50 % des biens et services de santé dans le pays, notamment dans les domaines suivants : ■ Pour la �lière de délivrance de soins : 80 % des consultations curatives ont lieu dans le privé communautaire et commercial et 50 % des médecins travaillent à titre principal dans le secteur privé ; ■ Pour la �lière pharmaceutique : 80 % du CA au prix de cession est réalisé par des acteurs privés et 50 % des besoins des structures publiques sont couverts par les grossistes privés ; ■ Pour la �lière formation : environ 50 % des personnes admises aux examens TSS sont formées dans des écoles privées ainsi qu’environ 90 % des candidats admis aux examens TS ; ■ Pour la �lière assurance santé : toutes les mutuelles sont des structures privées. Malgré ce e importante contribution du secteur privé de la santé au Mali, il faut des recherches plus approfondies pour mesurer pleinement sa taille, sa con�guration, la qualité des soins rendus, son accessibilité �nancière et sa contribution à l’a einte de l’ensemble des objectifs et résultats du secteur de la santé. A�n de mieux pro�ter du potentiel lié au secteur privé, la Société �nancière in- ternationale (IFC)1 et les autorités maliennes ont engagé ce e étude, con�ée au Boston Consulting Group (BCG) en collaboration avec RESADE, avec le soutien �nancier de la Fondation Bill et Melinda Gates, et en consultation étroite avec le ministère de la Santé, les autres parties prenantes et les partenaires de développement, a�n d’identi�er les moyens de renforcer la contribution qu’apporte le secteur privé à la réalisation des ob- jectifs de santé publique. Ce e étude a reposé sur la conduite parallèle : ■ D’un chantier analytique qui a permis d’identi�er la place du secteur privé dans le système des soins de santé et d’analyser les grands enjeux de chacune de ses �- lières (soins, formation, médicaments, assurance) et composantes (commerciale, communautaire, associative, confessionnelle, traditionnelle) ; et ■ D’un chantier d’implication des parties, a�n de valider et d’enrichir les constats, d’échanger sur les axes d’amélioration et d’en ébaucher les modalités opération- nelles. xi xii Préface Remarques méthodologiques Secteur privé de la santé : périmètre retenu Il est important de préciser que le secteur privé est dé�ni dans ce e étude de façon volon- tairement extensive, c’est-à-dire englobant l’ensemble de ses composantes commerciales et non lucratives, y compris la santé communautaire. La nature privée des CSCOM est bien établie depuis leur origine. Les ASACO (As- sociation de santé communautaire) ont été créées par la société civile et la santé commu- nautaire reste aujourd’hui gérée par les populations elles-mêmes, par l’entremise de ces associations. Politiquement, le choix réalisé à l’époque de con�er les soins de santé pri- maires aux communautés n’a pas été remis en cause, même si l’expansion de ces struc- tures a effectivement été le fruit d’une politique volontariste. Juridiquement, les ASACO/CSCOM sont des structures de droit privé et tiennent une comptabilité qui les distingue des établissements publics du ministère de la Santé. L’appui-conseil apporté par les pouvoirs publics et l’encadrement par le pouvoir régle- mentaire de leurs activités délimitent, mais ne suppriment pas, leur autonomie de ges- tion. Financièrement, les subventions publiques qu’ils reçoivent dès leur création ne les exonèrent pas de la nécessité d’équilibrer leurs comptes. Recours à la modélisation économique et �nancière Une large partie des analyses effectuées repose sur le retraitement et l’exploitation des bases de données existantes, ainsi que sur les modèles �nanciers et macroéconomiques construits sur la base de ces données et des éléments reconstitués par triangulation. Ces calculs se sont avérés indispensables pour évaluer avec précision les grandes tendances démographiques du secteur privé, aujourd’hui relativement méconnues, ainsi que pour mesurer la situation des CSCOM et du mouvement mutualiste, et identi�er avec préci- sion quels moyens doivent être mis en œuvre pour les renforcer. Ce e méthode permet d’assurer des résultats en termes de santé publique tout en analysant les implications �nancières des recommandations formulées. Les modélisa- tions effectuées reposent sur la construction d’une structure micro type (CSCOM modèle et mutuelle rurale moyenne) et sur un passage à l’échelle macro pour mesurer l’efficacité des politiques de soutien sur l’ensemble du pays. Principaux constats Au terme d’une analyse systémique du secteur, les constats ci-après ont été dressés et partagés avec l’ensemble des participants des secteurs public et privé lors de sessions de travail et de trois séminaires. Ces constats portent sur chacune des composantes du système des soins de santé : ■ Médecine privée ■ Formation des professionnels de la santé ■ Santé communautaire ■ Mutuelles ■ Médicaments ■ Gouvernance Préface xiii Gouvernance Concernant la gouvernance, les principales constatations étaient que : ■ L’association du secteur privé, dont la légitimité doit encore être consolidée, à la dé�nition des politiques de soins de santé est encore insuffisante (non représen- tation au sein des organes de suivi nationaux du PRODESS (Programme de dé- veloppement sanitaire et social), principal document stratégique de la politique de santé) ; ■ Il en est de même pour l’association du secteur privé à la dé�nition de l’environ- nement réglementaire dans lequel il évolue, du fait de l’absence d’enceintes de dialogue et de concertation spéci�ques et suffisamment inclusives. Médecine privée ■ La répartition inégale de la médecine privée sur le territoire, avec une forte concentration sur Bamako, aboutit à limiter la capacité d’absorption du marché et conduit certains acteurs en recherche d’activités à offrir des soins de moindre qualité ; ■ La faible articulation avec le secteur public freine son association aux missions de service public de formation et de vaccination et ne permet pas d’exploiter la complémentarité de structures sanitaires privées et publiques ; ■ Certaines règles de catégorisation des établissements sanitaires sont perçues par certains comme trop rigides et méritent une réflexion ; ■ Les premières installations des professionnels sont freinées par une absence d’accompagnement à l’installation (faible prise en charge des besoins de �nance- ment à l’installation que les banques sont réticentes à couvrir, insuffisante prise en charge des besoins de formation liés à l’exercice dans le secteur privé ou en milieu rural) ; ■ D’une façon plus générale, les professionnels de la santé du secteur privé évo- luent dans un environnement des affaires peu porteur, mais en progrès, comme en a este le classement du Mali dans le rapport Doing Business 2010 (le Mali �gure en 156e position sur 183 et avance de six places par rapport à 2009). Com- paré à d’autres pays d’Afrique subsaharienne, les facteurs les plus pénalisants du climat général des affaires sont l’accès aux crédits bancaires et le paiement des impôts. Santé rurale et communautaire ■ Malgré un succès historique en termes de couverture, avec 87 % des populations situées à moins de 15 km d’un centre en 20092, le CSCOM moyen souffre d’une dépendance aux subventions pour couvrir ses coûts en raison de la faible pro- ductivité de ses personnels, de sa fréquentation insuffisante et des capacités de gestion limitées de l’ASACO ; ■ La politique actuelle de renforcement de l’offre des CSCOM répond imparfaite- ment à ce e insuffisance de la demande, alors que les grandes décisions concer- nant la santé publique (gratuité notamment) doivent mieux tenir compte du principe de recouvrement des coûts sur lequel la santé communautaire repose ; xiv Préface ■ Les CSCOM sont placés dans des situations intrinsèques spéci�ques qu’il convient de prendre en compte en déclinant le soutien qui leur est apporté. En- �n le succès des stratégies de médicalisation nécessite un accompagnement des médecins s’installant en CSCOM. Médicaments ■ La �lière médicaments est marquée par la répartition inégale des officines sur le territoire qui limite la capacité d’absorption du marché et nécessite des améliora- tions au niveau de l’installation et de la formation ; ■ Les besoins de �nancement sont couverts en partie par les partenaires des offi- cines (grossistes) ; ■ Les besoins de formation à l’installation ne sont pas correctement couverts par la formation initiale. Formation des professionnels de la santé ■ La faiblesse des instruments de régulation des effectifs de professionnels de la santé en formation initiale et de la qualité de certains acteurs fragilisent l’équi- libre du secteur ; ■ L’inadéquation de la formation avec les besoins des professionnels de la santé liés à leur installation dans le secteur privé ou en milieu rural constituent un frein supplémentaire au développement du secteur privé. Mutuelles ■ Au rythme actuel de progression de la couverture mutualiste, environ 5 % de la population serait couverte en 2015 : un passage à l’échelle est donc nécessaire ; ■ Un passage à l’échelle pourrait commencer par une phase préalable d’expé- rimentation dans une ou deux régions pilotes. Une des options de passage à l’échelle consiste à créer 100 mutuelles pour répondre aux besoins de la popula- tion rurale à un coût abordable (300 F CFA/mois) ; ■ L’impact d’un tel déploiement des mutuelles serait très signi�catif pour le sys- tème des soins de santé (hausse du taux de contact et du volume d’activités des CSCOM) et perme rait d’augmenter la demande de soins en desserrant la contrainte �nancière pesant sur les ménages. Principales recommandations Les pistes d’amélioration ci-après sont le fruit des analyses menées et du dialogue établi avec les parties prenantes et ont été partagées lors des trois séminaires (voir remarques méthodologiques préliminaires). D’un point de vue systémique, les recommandations relatives à la santé rurale et communautaire ainsi qu’au développement des mutuelles, qui sont intimement liées no- tamment dans la mesure où elles portent sur les mêmes populations (les populations rurales les plus fragiles et les moins bien desservies par le système des soins de santé), apparaissent comme les plus susceptibles d’avoir un impact majeur sur l’état de santé des Maliens et l’a einte des objectifs de développement pour le Millénaire. Ces pistes d’action constituent des orientations à moyen terme ambitieuses et ne peuvent vraisem- blablement pas être mises en œuvre sans un soutien technique, voire �nancier, durable. Préface xv Partenariat et dialogue entre les secteurs public et privé En vue d’encourager le dialogue entre les secteurs public et privé, les recommandations suivantes ont été formulées : ■ Création d’un comité de dialogue et de concertation public/privé dans les meilleurs délais et d’une structure transitoire pré�gurant le comité de dialogue dès à présent. Son rôle pourrait être notamment de donner un avis sur les textes normatifs affectant le secteur privé et de contribuer à l’enrichissement des docu- ments stratégiques relatifs à la santé publique ; ■ Meilleure intégration dans le PRODESS du secteur privé commercial à travers une révision de la composition des structures de suivi ; ■ Création d’une structure représentant l’ensemble du secteur privé. La création d’une structure de pré�guration du comité de dialogue et de concertation consti- tuera une incitation supplémentaire pour le secteur privé à désigner des repré- sentants intérimaires et à rationaliser sa structuration actuelle ; ■ Dé�nition d’une politique nationale de renforcement du partenariat public/pri- vé. Ce e politique offrira un cadre cohérent aux différentes actions engagées en vue de mieux associer les différentes composantes étatiques et non étatiques du système des soins de santé. Une association étroite de l’État et du secteur privé est nécessaire dans la construction de ce e politique ; ■ Mesures d’accompagnement du développement des partenariats public-privé (PPP) — un renforcement à plus long terme des capacités des structures pu- bliques à piloter ces contrats complexes apparaît aujourd’hui comme un préa- lable au passage à l’échelle de ces PPP : • Renforcement de la DESR (Division des équipements sanitaires et de la ré- glementation), au sein de la Direction nationale de la santé (DNS) et création d’une section dédiée au PPP ; • Création de conventions modèles : partage des équipements et spécialités sur un territoire donné, participation aux activités de formation, participation aux examens/activités de laboratoire et participation aux activités de vaccination. Création/Révision des textes normatifs ■ Durcissement des conditions d’octroi des autorisations d’ouverture d’écoles pri- vées de soins de santé qui ne perme ent pas de s’assurer de la réalité des capaci- tés d’encadrement et de la qualité de l’enseignement ; ■ Durcissement des conditions d’octroi de licences des grossistes. Des critères doi- vent être établis pour véri�er la réalité de l’activité des grossistes demandant une licence ; ■ Durcissement des conditions de distribution de diplômes dans le domaine de la santé qui n’est pas un monopole de l’État au risque de créer plusieurs marchés des professionnels de la santé ; ■ Engagement d’une réflexion sur les règles de zonage pour les médecins, dont 70 % sont concentrés à Bamako ; ■ Réflexion sur le renforcement des mécanismes d’accréditation/contrôle : accrédi- tation qualité dans le cadre de la mise en œuvre de l’assurance maladie obliga- toire (AMO) et coopération entre le ministère de la Santé et le ministère chargé de l’Éducation pour les écoles privées. xvi Préface Mécanismes d’application des textes ■ Renforcement des capacités d’autorégulation des ordres professionnels. Cela passe par un renforcement des moyens en personnel des structures ordinales. Il est également nécessaire d’engager une réflexion sur les moyens pour les ordres de jouer leur rôle disciplinaire ; ■ Création d’un médiateur du secteur privé (discussion à poursuivre). Son rôle serait de rechercher un accord amiable entre l’administration et l’auteur de la saisine et proposer une amélioration des textes et procédures. Politique de formation ■ Renforcement des outils de régulation et d’amélioration de la qualité de la �lière de formation : • Négociation avec les structures privées d’enseignement supérieur en santé de conventions juridiquement contraignantes �xant la capacité maximum de formation de ces établissements ; • Transformation pour les TSS/TS de l’examen actuel en concours, a�n de perme re de dé�nir par avance le nombre de paramédicaux formés chaque année ; • Établissement du monopole de l’État dans la délivrance des diplômes de santé (voir. supra) ; • Réflexion sur le zonage des structures de formation. ■ Augmentation des capacités de formation pour les médecins et pharmaciens en associant le secteur privé (stages en CSCOM médicalisés et dans les cliniques, direction de thèses par des médecins privés, encouragement de projets d’ouver- ture d’antennes déconcentrées de la FMPOS dans les régions) ; ■ Adéquation de la formation et des nouvelles conditions d’exercice des profes- sionnels de santé : • Renforcement des modules de formation initiale préparant les profession- nels de la santé à l’exercice dans le secteur privé et en milieu rural ; • Organisation par les ordres de la formation continue de leurs membres se dirigeant vers le secteur privé en leur offrant des modules de formation à la gestion selon des modalités compatibles avec un exercice libéral et durant la première année de leur installation ; • Effort de formation au moment de l’installation des médecins de campagne (en CSCOM ou dans d’autres structures) pour favoriser le succès des pro- grammes de médicalisation. Répartition géographique du secteur privé commercial et amélioration de sa qualité En vue d’améliorer la répartition géographique et la qualité des soins de santé privés payants, les recommandations suivantes ont été formulées : ■ Création au sein des ordres professionnels d’un guichet spéci�que pour mieux faire connaître les avantages en vigueur (code de l’investissement, etc.) et le ré- gime �scal ; ■ Meilleur accès aux �nancements pour les professionnels en installation (fournis- seurs de soins lucratifs/non-lucratifs, pharmacies, écoles) : Préface xvii • Prise de garantie partielle des �nancements bancaires à hauteur de 50 % d’un portefeuille d’encours d’un milliard de F CFA (soit environ 50 % des besoins de �nancement à l’installation des cabinets, cliniques et officines sur 2010-2012) ; • Autres outils d’ingénierie �nancière (prises de participation, etc.). ■ Mise en place d’incitations à une meilleure qualité/répartition géographique du secteur privé : • Introduction d’incitations �scales ciblées sur l’installation en régions, dans le cadre ou en complément du code de l’investissement (avantages supplé- mentaires pour les investissements réalisés par les professionnels de la santé dans des zones moins denses : allongement de la durée d’exemption �scale). Une solution spéci�que doit être conçue pour les pharmaciens qui ne sont pas éligibles au code de l’investissement ; • Réflexion sur le conventionnement/la tari�cation des acteurs privés à l’AMO. ■ Ouverture d’une réflexion sur les règles de zonage pour les médecins privés (discussion à poursuivre). Renforcement de la santé rurale et communautaire Dans le but d’améliorer les soins de santé rurale et communautaire, les recommanda- tions suivantes ont été formulées : ■ Renforcement de la capacité de gestion des ASACO/CSCOM : • Sensibilisation des partenaires des CSCOM à la nécessité de ne pas affaiblir l’autorité de gestion des ASACO en veillant à ce que l’aide qui leur est appor- tée reflète parfaitement l’expression de leurs besoins ; • Appui aux programmes de formation continue des membres des ASACO ; • Apport d’une aide extérieure aux ASACO ressentant le besoin de renfor- cer leurs capacités de gestion : ces gestionnaires seraient sélectionnés après appel à candidature par un groupe d’ASACO et assumeraient pour leur compte la gestion déléguée du CSCOM dans le respect des a ributions du chef de centre et joueraient un rôle de conseil sur les décisions stratégiques à adopter. Leur rémunération pourrait être en partie indexée sur les résultats obtenus. ■ Réorientation des subventions apportées vers les besoins réels des CSCOM et selon leur situation spéci�que (discussion à poursuivre) : • Retirer progressivement les personnels mis à disposition dont la présence n’est pas justi�ée par le niveau d’activités du CSCOM ; • Réorienter l’appui/conseil de l’État sur l’audit de leur pérennité �nancière ; • Moduler les soutiens apportés aux CSCOM selon leurs situations spéci�ques. ■ Développement de l’offre médicale en milieu rural : • Intensi�cation après estimation de leur impact et de leur durabilité des pro- grammes d’accompagnement des réseaux de soins ruraux ; • Établissement par convention tripartite entre l’État, la FENASCOM (Fédéra- tion nationale des associations de santé communautaire) et tout partenaire intéressé d’un programme d’accompagnement à la médicalisation pour ac- célérer l’installation des médecins dans les CSCOM. xviii Préface Expansion volontariste des mutuelles Dans le but de développer les mutuelles privées, les recommandations suivantes ont été formulées : ■ Soutien initial au passage à l’échelle de l’UTM (Union technique de la mutualité malienne) pour accompagner l’expansion de la couverture dans le contexte des initiatives sur l’extension de la couverture maladie. Une des options consiste à appliquer dans une ou deux régions une expérimentation ambitieuse de deux ans au terme de laquelle les enseignements tirés perme raient de dé�nir les modalités d’un passage à l’échelle adapté au contexte malien. Cela passe par un appui à l’UTM et aux efforts de mobilisation sociale. Un opérateur extérieur sélectionné par appel d’offres par l’UTM et l’État est susceptible de compléter rapidement les effectifs insuffisants de l’UTM et des services du développement social. • Examen sur la base des mutuelles existantes des meilleurs moyens de sou- tenir les mutuelles après la phase de création, notamment par l’améliora- tion des modalités de subvention de la participation des pauvres à ces programmes. Conclusions Le Gouvernement malien a une occasion de tirer parti de la contribution du vaste et dynamique secteur privé de la santé à l’a einte des objectifs et des résultats nationaux en matière de soins de santé. L’étude présente les différents instruments de gestion pro- posés au secteur privé tels que l’information, les règlements, les �nancements et la four- niture directe des services publics dans les domaines où le marché présente des lacunes majeures. Alexander S. Preker Rédacteur de la série Chargé de l’analyse des politiques du secteur de la santé et des investissements Services de conseil sur le climat de l’investissement Groupe de la Banque mondiale Remerciements N ous remercions l’ensemble des parties prenantes du système des soins de santé malien auprès desquelles nous avons toujours obtenu une aide précieuse pour re- cueillir les données nécessaires, nous faire partager leurs connaissances et réagir à nos hypothèses et propositions. Le Dr S. Samaké et le Dr Issa Berthe (Cellule plani�cation et statistique du secteur Santé, Développement Social et Promotion de la Famille), le Dr Boré, Conseilleur tech- nique du Ministre, ainsi que le Dr M. Ya ara (Direction nationale de la santé), nous ont été particulièrement précieux pour naviguer au sein du ministère de la Santé, avec l’appui des représentants à Bamako du Groupe de la Banque mondiale, notamment le Dr Ousmane Diade Haidara, chef de projet dans le secteur de la santé au Mali (Banque mondiale), M M. Magassouba et Mme F. Sidibé. Nous remercions tout particulièrement M. Ousmane Diade Haïdara, chef d’équipe pour la santé de la Banque mondiale au Mali et Mme Marie Odile-Waty, expert santé de la Société �nancière international (IFC), pour leur contribution. Les autres membres du comité de suivi et du ministère de la Santé malien ont également apporté tout leur concours et appui au cours de nos travaux, en particulier le Dr N. Coulibaly, président du Conseil de l’ordre national des pharmaciens, et le Dr Fodé Coulibaly (Inspection de la santé). On soulignera de la même façon le rôle indispensable joué par les interlocuteurs du secteur privé, parmi lesquels le Dr O. Oua ara (Care), le Dr Nimaga (Association des médecins de campagne), le Dr Sy (Santé Sud), le Dr L. Fofana, le Dr D. Coulibaly, et le Dr A. Traore (Association des médecins libéraux du Mali), M Fidi Doumbia (FE- NASCOM), et M Cheikna Toure (UTM), M Yacouba Koné (Fondation Aga Khan), M B. Cissé (Centre Mérieux), M Issa Traore (ASACO Banconi) et le Dr M. Diallo (Coalition du secteur privé). D’une façon générale, l’ensemble des participants aux trois séminaires, les personnes rencontrées lors des déplacements à Bamako et en régions, les partenaires techniques et �nanciers interrogés et les responsables des autorités maliennes ont tous été détermi- nants dans l’accomplissement de ce projet. Le bureau d’études RESADE a joué un rôle signi�catif dans notre compréhension du comportement des Maliens vis-à-vis du système des soins de santé, et ces remerciements lui sont également adressés. Nous remercions Ma hieu Jamot et Sébastien Hua de Boston Consulting Group (BCG) qui ont largement contribué à la collecte et à l’analyse des données ainsi qu’à la rédaction du rapport. En�n, nous tenons à remercier les équipes de la Société �nancière internationale et du Groupe de la Banque mondiale (notamment M Alexander S. Preker, le Dr Khama Rogo, Mme Marie-Odile Waty, M Connor Spreng, Mlle Bousso Drame, Mme Tonia Ma- rek), pour avoir suscité, orienté, nourri et soutenu notre démarche tout au long du projet. xix Acronymes AMC Association des médecins de campagne AMLM Association des médecins libéraux du Mali AMO Assurance maladie obligatoire AMV Assurance maladie volontaire ANPE Agence nationale pour l’emploi APBEF Association professionnelle des banques et des établissements �nanciers API Agence de promotion des investissements ASACO Association de santé communautaire CCIM Chambre de commerce et d’industrie du Mali CEDEAO Communauté économique des États de l’Ouest africain CNIECS Centre national d’information, d’éducation et de communication pour la santé CNOM Conseil national de l’ordre des médecins CNOP Conseil national de l’ordre des pharmaciens CNOSF Conseil national de l’ordre des sages-femmes CSCOM Centre de santé communautaire CSCRP Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté CSREF Centre de santé de référence DAF Direction des affaires �nancières DESR Division des équipements sanitaires et de la réglementation DNS Direction nationale de la santé DPM Direction de la pharmacie et du médicament DRH Direction des ressources humaines FEMATH Fédération malienne des associations de thérapeutes traditionnels et herboristes FENASCOM Fédération nationale des associations de santé communautaire FMPOS Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie GPSP Groupe pivot santé population IFC International Finance Corporation / Société �nancière internationale INFSS Institut national de formation en sciences de la santé INRSP Institut national de recherche en santé publique INSTAT Institut national de la statistique IS Inspection de la santé ONG Organisation nongouvernementale OOAS Organisation ouest-africaine de la santé PDES Projet pour le développement économique et social PDRHS Politique de développement des ressources humaines pour la santé PMA Paquet minimum d’activités xxi xxii Acronymes PPM Pharmacie populaire du Mali PPP Partenariat public-privé PRODESS Programme de développement sanitaire et social PSNRSS Plan stratégique national de renforcement du système de santé PTF Partenaires techniques et �nanciers RAMED Régime d’assistance médicale SYNAPO Syndicat des pharmaciens d’officine TS Technicien de santé TSS Technicien supérieur de santé UEMOA Union économique et monétaire ouest-africaine UTM Union technique de la mutualité malienne 1. Introduction et éléments de contexte L’initiative Santé en Afrique L es nombreux efforts engagés ces dernières décennies pour améliorer le niveau des soins de santé des pays d’Afrique subsaharienne ont permis de réaliser des pro- grès importants en termes de recherche et d’accès aux systèmes de fourniture de soins. Cependant, ces améliorations sont inégales et ont essentiellement porté sur le système public, en particulier au niveau de l’accès et de la fourniture des soins. L’ensemble des acteurs nationaux et internationaux reconnaissent de plus en plus la contribution du secteur privé de la santé aux objectifs de santé publique dans les pays d’Afrique subsaharienne. Dans ces pays, l’État n’est pas en mesure de subvenir à l’ensemble des besoins des habitants et le secteur privé s’est progressivement développé, pour a eindre dans certains cas de 40 % à 50 % de l’ensemble du système et devenir un acteur incontournable et dynamique. Ce développement s’est effectué alors même que certaines actions publiques ont eu des effets négatifs sur le développement à moyen terme (par exemple : distribution gratuite de médicaments, décision de gratuité de cer- tains actes médicaux) et que ces acteurs sont, dans la plupart des cas, intégrés de manière marginale dans les plans d’amélioration de la santé publique. Inversement, l’État peut jouer, s’il le souhaite (dans certains domaines et selon les circonstances, il peut être pertinent pour les autorités publiques de se réengager et de diminuer le poids du secteur privé) un rôle déterminant dans le développement des acteurs non gouvernementaux. Les gouvernements disposent à cet égard de plusieurs instruments (régulation, mise en place d’un cadre d’autorégulation, �nancement, infor- mation, etc.). Il est donc essentiel de renforcer la collaboration entre les secteurs public et privé a�n de développer les différentes composantes du secteur privé et d’améliorer leur contribution aux objectifs de santé publique. C’est dans ce e perspective que la Société �nancière internationale (IFC) a déve- loppé l’initiative Santé en Afrique grâce à laquelle elle se propose de me re à disposition des États des moyens pour : ■ Identi�er les opportunités de développement du secteur privé ; ■ Améliorer la relation entre secteur privé et secteur public ; ■ Articuler les plans d’action et les accompagner dans leur exécution. Le Gouvernement du Mali s’est très rapidement porté volontaire pour mener les premières analyses. C’est dans ce contexte que le projet a été articulé a�n de : ■ Dé�nir une stratégie et un ensemble de recommandations pour l’ensemble des acteurs (Gouvernement du Mali, acteurs locaux, partenaires techniques et �nan- ciers) a�n d’augmenter la contribution du secteur privé aux objectifs de santé publique ; ■ Sensibiliser l’ensemble des acteurs à la priorité qui s’a ache au développement du secteur privé de la santé. 1 2 Document de travail de la Banque mondiale Éléments de contexte du Mali Éléments démographiques Avec près de 13,5 millions d’habitants, le Mali est un des pays avec le taux de croissance démographique le plus élevé, 2,8 % par an et une moyenne de 6,8 enfants par femme. Comme le montre la �gure 1.1, la population va augmenter de près de 20 % entre 2010 et 2025 pour a eindre 18,6 millions d’habitants. La population totale aura ainsi doublé sur une période de 30 ans, entre 1995 et 2025. Figure 1.1 : Répartition de la population par tranche d’âge 20 18,6 0,7 60 et plus 16,8 0,6 15,0 15 0,5 13,3 8,3 20 à 59 0,5 11,8 7,2 0,5 6,3 10,5 10 9,5 0,5 5,5 8,7 0,4 4,7 0,4 2,1 15-19 4,1 1,8 3,7 1,6 3,4 1,5 2,3 10-14 1,4 2,1 1,2 1,9 5 1,0 1,7 0,9 1,5 1,2 1,4 2,4 2,5 5-9 1,1 1,9 2,2 1,6 1,7 1,3 1,4 2,3 2,5 2,6 2,7 0-4 1,6 1,7 1,8 2,0 0 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 Source : Nations Unies, 2008. La population se répartit entre zones rurales pour 73 % et urbaines pour 27 %, en majorité sur Bamako et dans les chefs-lieux de région (Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao). Situation économique et sociale Le tableau 1.1 présente quelques données économiques clés sur le Mali. Tableau 1.1 : Mali : Données économiques Données 1987 1997 2007 PIB (Mds USD) 1,9 2,5 6,9 Exportations / PIB 16,6 % 26,1 % 27,3 % Dette / PIB 106 % 127,4 % 24,5 % a APD / habitant (USD courant) — — 16 b Source : World Bank 2008. a. données 2006. b. données 2008 (CAD, OCDE). Le Mali occupe dans le classement établi par l’Organisation des Nations Unies sur l’Indice de développement humain la 178e position sur 182. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 3 Espérance Taux d’alphabétisation des Taux de scolarisation Indice de de vie à la adultes (pourcentage de combiné pour l’éducation développement naissance la population de 15 ans primaire, secondaire et PIB par habitant humain (IDH) (années) et plus) supérieure ( %) (PPA USD) 0,371 (178e) 48,1 (165e) 26,2 % (151e) 46,9 % (162e) 1 083 $ (162e) Source : PNUD 2009. Rapport sur le développement humain 2009. Climat général des affaires pour le secteur privé (Doing Business) Les professionnels de la santé dans le secteur privé évoluent dans un environnement général dans l’ensemble peu porteur (�gure 1.2), mais en progrès, comme en a este le classement du Mali dans le rapport Doing Business 2010 : ■ Le Mali �gure à la 156e position (sur 183) ; ■ Le Mali a avancé de six places par rapport à 2009. Comparé à d’autres pays d’Afrique subsaharienne, le Mali souffre des facteurs les plus pénalisants du climat général des affaires, qui sont : ■ L’accès aux crédits bancaires ; ■ Le paiement des impôts. Inversement, parmi les domaines dans lesquels le Mali �gure en bonne position par rapport aux autres pays d’Afrique subsaharienne �gure l’octroi de licences. Figure 1.2 : Détail du classement du Mali dans Doing Business 2010 comparé à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne Score 200 156 158 150 147 150 139 139 135 127 119 123 120 117 117 117 113 112 126 100 99 100 94 50 0 Facilité de Création Octroi de Embauch Enre- Obtention Protection Paiement Exécution Fermeture faire des d’entre- licences e de tra- gistrement de crédits des inves- des impôts des d’entre- affaires prises vailleurs de tisseurs contrats prises propriétés Score Mali Moyenne Afrique sub-saharienne Source : Banque mondiale 2010. 4 Document de travail de la Banque mondiale Tableau 1.2 : Sélection d’indicateurs Doing Business 2010 pour le Mali Indicateurs Score Démarrer une activité (rang) 139 Nombre de procédures 7 Délai (en jours) 15 Obtenir un crédit (rang) 150 Indice de droit des créanciers et emprunteurs 3 (sur 10) Indice de qualité de l’information sur le crédit 1 (sur 6) Payer les impôts (rang) 158 Faire respecter les contrats (rang) 135 Nombre de procédures 36 Délai (en jours) 626 Source : Banque mondiale 2010. Situation sanitaire Grâce aux efforts entrepris par tous les acteurs, la situation sanitaire de la population malienne s’est améliorée depuis 15 ans, amélioration illustrée par des baisses signi�ca- tives d’indicateurs clés : ■ Baisse du taux de mortalité infanto-juvénile, passant de 237 ‰ en 1996 à 191 ‰ en 2006 ; ■ Évolution du taux de mortalité maternelle de 582 pour 100 000 en 2001 à 464 pour 100 000 en 2006. Malgré ces progrès, la situation est toujours préoccupante, avec près d’un enfant sur cinq qui n’a eint pas l’âge de cinq ans et une espérance de vie à la naissance de 49 ans (Indice de développement humain, PNUD). Architecture du système des soins de santé malien Le système des soins de santé du Mali est organisé selon les dispositions de la politique sectorielle de santé et de population. L’organisation de l’offre de soins publique se fait à quatre niveaux de façon pyramidale. ■ Au premier échelon se trouve le district sanitaire. Actuellement, on dénombre 59 districts sanitaires eux-mêmes découpés en aires de santé disposant d’un CS- COM qui offre un nombre minimum d’activités. Chaque aire de santé est gérée par une Association de santé communautaire (ASACO). Le CSCOM est la base de la pyramide, c’est-à-dire le premier contact (à la mi-2009, plus de 900 CSCOM étaient actifs sur un découpage total de 1 030 aires de santé) ; ■ Au deuxième échelon, chaque district dispose d’un centre de santé de référence (CSREF) doté d’un plateau technique plus étoffé et d’un personnel plus quali�é pour assurer la prise en charge des cas référés par les CSCOM, et remplit ainsi la fonction d’hôpital du district sanitaire, c’est-à-dire la première référence. Du côté des prestataires privés on dénombre environ 250 cabinets privés ; ■ Au troisième niveau, on trouve sept établissements publics hospitaliers de deu- xième référence, situés généralement dans les capitales régionales et qui reçoi- Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 5 vent les malades référés par les CSREF. On dénombre également environ 70 cli- niques privées ; ■ Le plus haut niveau est constitué par quatre établissements publics hospitaliers de 3e référence, dont deux sont à vocation générale et deux à vocation spécialisée. La correspondance schématique entre les structures privées et publiques est décrite à grands traits dans la �gure 1.3. Figure 1.3 : Organisation des soins au Mali Public Privé CHU Hôpital Clinique CSREF Cabinet CSCOM Tradi-thérapeute Source : Analyses BCG. 2. Description du système des soins de santé malien et de sa composante privée L e secteur privé de la santé est le fruit des réformes introduites dans la deuxième moitié des années 80. Historique Le système des soins de santé malien a profondément évolué depuis le milieu des an- nées 80 sous l’effet conjugué de : ■ La libéralisation de l’exercice privé des professions sanitaires ; ■ L’initiative de Bamako. 6 Document de travail de la Banque mondiale 1985-1986 : La libéralisation de la médecine privée Depuis 1964, l’orientation poursuivie par les autorités maliennes, d’inspiration en partie socialiste, reposait sur : ■ Le rôle quasi-exclusif de l’État dans la prestation des soins et la distribution des médicaments ■ Une politique de gratuité. Lors de l’application des programmes d’ajustement structurel, la réduction du bud- get de l’État a conduit les autorités maliennes à cesser d’embaucher dans la fonction publique l’ensemble des personnels de santé diplômés. Le Mali a alors autorisé par la loi n°85-41 en date du 22 juin 1985 l’exercice privé des professions sanitaires. 1987-1989 : L'initiative de Bamako La politique de santé du Mali a été fortement inspirée par les trois grands objectifs de l’initiative dite de Bamako : ■ L’accessibilité aux médicaments essentiels ; ■ Le renforcement des services de soins primaires ; ■ Une participation des communautés à la gestion locale des services de santé à travers notamment le principe du recouvrement des coûts. C’est notamment dans ce contexte que les premiers CSCOM ont été constitués, avec la création de la première structure, l’ASACOBA3, en 1989. La politique de santé du Mali L’approche sectorielle du Programme de développement sanitaire et social (PRODESS) Soutenue par la communauté des bailleurs, la politique malienne concernant la santé est encadrée par : ■ Les différents documents de programmation, en particulier le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) 2007-2011 ; ■ Le mécanisme de coordination de l’aide mis en place : le Programme de dévelop- pement sanitaire et social (PRODESS), prolongé jusqu’en 2011, pour coïncider avec le CSCRP. Le PRODESS est devenu le document de référence de coordination, d’orientation de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation de tous les partenaires, et comporte un cadre de budgétisation pluriannuel avec l’ensemble des partenaires techniques et �nanciers (PTF) ainsi que des organes de suivi au niveau national, régional et local. Le PRODESS reprend et décline pour les secteurs sociaux les développements et objectifs : ■ Du Projet pour le développement économique et social (PDES) du Président de la République ; ■ Du Plan décennal pour la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) 2006-2015. Les principaux indicateurs de la politique de santé au Mali sont décrits dans l’enca- dré 2.1. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 7 Encadré 2.1 : Principaux indicateurs de la politique de santé du Mali Principaux indicateurs de la politique de santé du Mali : • Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans présentant une insuf�sance pondérale (ODM 1) • Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (ODM 4) • Taux de couverture vaccinale DTCP3 chez les enfants de moins de 1 an (ODM 4) • Taux de mortalité maternelle (ODM 5) • Taux d’accouchements assistés y compris par les accoucheuses traditionnelles recyclées (ODM 5) • Taux de prévalence du VIH/SIDA parmi les femmes enceintes âgées de 15 à 24 ans (ODM 6) • Pourcentage de la population vivant dans un rayon de 5 km d’un centre de santé fonc- tionnel • Taux de couverture CPN Source : PRODESS, ministère de la Santé malien. Articulés au PRODESS, d’autres documents politiques sont par ailleurs en cours de préparation, parmi lesquels : ■ La Politique de développement des ressources humaines pour la santé (PDRHS) ; ■ Le Plan stratégique national de renforcement du système de santé (PSNRSS) ; ■ Un document politique autour des partenariats public-privé (encore assez préli- minaire, et qui cherche notamment à impliquer davantage le secteur privé com- mercial dans un cadre contractuel de coopération avec l’administration, alors que les ONG (organisations non gouvernementales) et les structures de santé communautaire sont déjà liées par convention avec l’État). Les politiques de décentralisation-déconcentration Depuis le début des années 2000, le Gouvernement malien s’est engagé dans une poli- tique de décentralisation / déconcentration de services clés : éducation, approvisionne- ment en eau et santé. Les responsabilités sont progressivement transférées aux collecti- vités locales, ainsi que les compétences et moyens. Dans le domaine de la santé, les soins de santé primaires ont d’ores et déjà été bascu- lés vers les collectivités territoriales. Ce sont désormais les mairies qui interviennent en premier lieu pour soutenir les ASACO et les CSCOM. Toutefois, le transfert effectif des compétences et des ressources est encore lent. Soins Les services de soins de santé privés au Mali sont fournis par le biais de différents ac- teurs : les CSCOM, les médecins exerçant en milieu rural et les médecins exerçant en milieu urbain (dans des cabinets privés et des cliniques). Soins de santé primaires : les CSCOM Les CSCOM sont des formations sanitaires privées, à but non-lucratif, créées par les communautés regroupées en ASACO (Association de santé communautaire) au niveau de l’aire de santé4. Les CSCOM sont chargés de délivrer un paquet minimum d’activités (PMA5) et sont �nancés par : 8 Document de travail de la Banque mondiale ■ Le recouvrement des coûts (tarifs des soins �xés au sein de la communauté, marge d’environ 15 % sur la vente de médicaments) ; ■ La contribution des communautés ; ■ Les subventions des pouvoirs publics ou des ONG. Les CSCOM constituent une spéci�cité malienne dans l’organisation de la déli- vrance des soins de santé primaires. Ils constituent la base de la pyramide sanitaire et totalisent 56 % des contacts dans les structures de soins conventionnelles (en moyenne 0,23 contact/personne/an). Ce sont les ASACO qui possèdent et sont chargées de la gestion des CSCOM en associant le responsable technique du centre. Depuis la politique de décentralisation, les ASACO signent une convention d’assistance mutuelle avec les mairies, à travers laquelle sont notamment dé�nies les modalités du soutien apporté au centre de santé. L’État apporte par ailleurs son soutien au moment de la création du centre (construction des lo- caux, équipement initial, etc.) et tout au long de leur activité. Les CSCOM réalisent au to- tal un chiffre d’affaires estimé de 30 Mds de F CFA, auxquels s’ajoutent 23 Mds de F CFA de subventions (40 % en subventions �nancières, 60 % en subventions en personnel). Un maillage territorial étendu d’environ 900 CSCOM À la mi-2009, les CSCOM couvraient près de 90 % des aires de santé dé�nies en applica- tion des orientations de la politique sectorielle du Mali. En dehors de Bamako, 87 % de la population se trouve à moins de 15 km d’un CSCOM et 51 % à moins de cinq km. À ce jour, 90 % des aires de santé (1 070 au total) sont équipées d’un CSCOM, dont le rythme de création s’est accéléré depuis la �n des années 90 (voir �gure 2.1). Figure 2.1 : Évolution du taux d’accessibilité aux CSCOM 79% 80% 80 76% 75% 71% 69% 60 58% 58% 50% 51% 46% 47% 40 % 20 0 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Taux d’accessibilité dans un rayon de 5 Km Taux d’accessibilité dans un rayon de 15 Km Sources : Annuaire statistique 2009 ; Carte sanitaire - Fichiers Bilan C 2008 DNS CPS ; entretiens ; analyses BCG. Note : Chiffres hors Bamako. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 9 Ce rythme de progression rapide est la résultante d’une politique volontariste d’amélioration de l’accessibilité géographique aux soins pour les populations rurales (voir �gure 2.2). Il s’agit d’un succès signi�catif de la politique menée par les pouvoirs publics. On notera toutefois que certains CSCOM se sont ouverts malgré l’absence de critères de viabilité dé�nis, en particulier en termes de bassin de population. Figure 2.2 : Pourcentage de la population située à moins de 15 km d’un CSCOM Sources : Fichiers Bilan C ; analyses BCG. Note : Hors Gao. La médecine privée Près de 50 % des médecins exercent leur activité principale dans le secteur privé. Dans la mesure où tous les médecins diplômés ne sont pas embauchés dans la fonc- tion publique, leur nombre augmente mécaniquement chaque année. Les médecins exerçant dans le secteur privé représentaient en 2008 environ 48 % du nombre total de médecins en activité (voir �gure 2.3). 10 Document de travail de la Banque mondiale Figure 2.3 : Répartition des médecins selon leur lieu d’activité principale, 2008 2 500 118 2 546 284 400 2 000 431 1 500 100 200 1 000 350 500 500 0 Cabinet Clinique CSCOM Autres EPH CSREF Centrale DRS Total (ONG, INPS) et assimilé Sources : DRH Min. santé (données 2008) - Analyses BCG. Note : Hypothèses de deux médecins par cabinet et cinq médecins par clinique. Une faible proportion (<10 %) exerce en milieu rural. Regroupés en partie au sein de l’Association des médecins de campagne (AMC) et ap- puyés notamment par les programmes de l’association Santé sud, les médecins exerçant en zone rurale se répartissent entre : ■ Les médecins travaillant en CSCOM : environ 200 selon la DRH du ministère de la Santé ; ■ Les médecins de famille installés à leur compte et médecins exerçant dans des structures confessionnelles/associatives : ~30 (source : AMC). Les médecins de famille exerçant une activité libérale disposent d’un plateau tech- nique dans la majorité des cas inférieur à celui de leurs collègues des zones urbaines. Certains d’entre eux béné�cient d’un échographe, et beaucoup plus rarement d’un petit laboratoire d’analyses médicales. Deux grandes catégories d’établissements en zone urbaine : cabinets et cliniques La catégorisation des établissements de soins privés laisse apparaître deux grandes ca- tégories : les cabinets médicaux (soins ambulatoires) et les cliniques (soins hospitaliers). On distingue par ailleurs les cliniques médicales des cliniques chirurgicales selon la na- ture des soins autorisés. La plupart des cabinets médicaux offrent des soins généralistes. Les plus importants d’entre eux, comme les cliniques, offrent cependant des soins spécialisés recourant dans une majorité de cas aux médecins spécialistes du secteur public venant effectuer des vacations. Ce e double activité est extrêmement répandue chez les médecins du secteur public. Le plateau technique des cliniques les mieux équipées, sans être équivalent à celui des établissements publics hospitaliers de pointe, peut dans certain cas être comparable Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 11 à celui des hôpitaux de deuxième référence, et ainsi compléter à l’échelle d’un territoire le plateau technique disponible. On signalera le cas particulier de la clinique Pasteur dont le niveau d’équipement et le nombre de spécialistes y exerçant en font un centre de référence à Bamako, notamment pour les populations les plus aisées. On estime le nombre de cabinets à 250 et le nombre de cliniques à 70 (voir �gure 2.4). Un cabinet regroupe en moyenne deux médecins à plein temps (les plus petits n’emploient qu’un médecin, les plus importants peuvent regrouper jusqu’à cinq-six per- sonnes), et une clinique regroupe cinq médecins (les plus petites cliniques regroupent trois-quatre personnes, les plus importantes cliniques de Bamako peuvent rassembler 20-25 professionnels de la santé). L’encadré 2.2 illustre la politique tarifaire pratiquée en cabinet. Encadré 2.2 : Prix pratiqués dans la clinique du le Dr Koné à Niono (en F CFA) Prix pratiqués dans la clinique du le Dr Koné à Niono (en F CFA) : • Consultation : 2 000 • Échographie : 8 000 • Analyse : 3 000 • Petite chirurgie : 2 500 • Accouchement : 20 000 • Hospitalisation : 2 000/nuit Source : Entretiens BCG. Les structures privées représentent à l’échelle nationale un taux de contact de 0,1/ personne/an (�gure 2.4). Figure 2.4 : Taux de contact par structures sanitaires Taux contact/personne/an 0,4 0,10 0,3 0,2 0,41 0,23 0,1 0,08 0,0 Ets. publics CSCOMs Ets. privés Total Sources : Annuaire SLIS 2008 ; annuaire statistique des hôpitaux 2007 ; DNS ; CPS ; Fichiers Bilan C ; analyses BCG. 12 Document de travail de la Banque mondiale On dénombre également un certain nombre de cabinets in�rmiers libéraux et des cabinets privés de sages-femmes. Une répartition inégale des établissements de soins privés entre les régions La répartition indicative de ces structures privées sur le territoire (tableau 2.1), en l’ab- sence de recensement officiel, est la suivante : ■ 70 % à Bamako ■ 30 % en régions Tableau 2.1 : Répartition des établissements de soins privés Établissements Bamako Régions Total Cabinets 175 75 250 • Entre 10 et 15 à Kayes, Koulikouro, Ségou et Mopti • Entre 2 et 5 à Gao, Kidal et Tombouctou Cliniques 49 21 70 • Entre 3 et 5 à Kayes, Koulikouro, Ségou et Mopti • Entre 0 et 1 à Gao, Kidal et Tombouctou Source : Analyses BCG. Une telle répartition des structures sanitaires représente : ■ Pour les cabinets : un cabinet pour 7 700 habitants à Bamako, un cabinet pour 156 000 habitants à l’intérieur et un cabinet pour 52 000 habitants sur l’ensemble du Mali ; ■ Pour les cliniques : une clinique pour 27 700 habitants à Bamako, une clinique pour 557 000 habitants à l’intérieur et une clinique pour 186 000 habitants sur l’ensemble du Mali. Marché informel de la fourniture de soins médicaux et paramédicaux Le secteur informel de la fourniture de soins touche les médecins comme les techniciens de la santé (in�rmiers, sages-femmes). Il recouvre trois grands types de situation : ■ Les jeunes médecins ou techniciens (supérieurs) de la santé en recherche d’acti- vités en début de carrière, notamment à Bamako du fait de la concentration des professionnels de la santé ; ■ Les in�rmiers et sages-femmes à la retraite continuant à exercer leurs activités à domicile ou en se rendant à celui du patient ; ■ Les personnes ayant reçu à titres divers une formation en matière de santé (an- ciens élèves des écoles de soins de santé non-diplômés, etc.) et offrant leurs ser- vices sans quali�cation officielle. Dans les deux premières situations, l’activité informelle est essentiellement transitoire. Qualité et équité des services fournis S’agissant des mécanismes de régulation de la qualité des prestations des structures pri- vées, celles-ci sont soumises : ■ Aux contrôles de l’administration ; ■ Au rôle d’autorégulation de la profession de l’ordre des médecins. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 13 En raison de la faiblesse des moyens des organes de contrôle de l’administration et des difficultés de l’ordre à exercer son rôle disciplinaire, certains acteurs regre ent que les manquements aux exigences de qualité dans le secteur privé ne soient pas toujours sanctionnés. On notera à cet égard que le développement de la responsabilité médicale et le sentiment des professionnels de la santé vis-à-vis d’une augmentation des actions en justice intentées aux personnels soignants sont perçus comme une incitation supplé- mentaire à se conformer aux normes de qualité. Par ailleurs, la mise en place concrète de l’assurance maladie obligatoire (AMO) devrait perme re d’exercer une nouvelle incitation à l’amélioration de la qualité pour les établisse- ments qui seront accrédités. De ce point de vue, tout en tenant compte du besoin d’encadrer les tarifs des établissements, l’association des établissements privés à l’AMO prévue par les textes législatifs contribuera à renforcer leurs exigences en termes de qualité. Le prix des prestations du secteur privé commercial est supérieur en moyenne au prix officiel des structures publiques subventionnées (tableau 2.2). Tableau 2.2 : Coût moyen et composition du coût des soins selon le type de prestataire Un membre Un Un Un tradi- Un de votre soigneur Un Un cabinet Une praticien CSCOM famille ambulant CSREF Autres hôpital médical clinique Coût en M de F CFA 3,35 8,31 10,33 14,54 15,12 18,10 25,13 27,21 28,31 % Transport 1,0 % 20,9 % 1,4 % 4,4 % 11,57 % 9,7 % 15,8 % 23,3 % 7,17 % % Médicament 48,1 % 68,7 % 52,0 % 83,2 % 76,87 % 62,9 % 70,0 % 57,3 % 69,53 % % Consultation 50,9 % 9,4 % 46,6 % 12,4 % 10,60 % 27,4 % 14,2 % 19,5 % 23,30 % Source : Enquête d’opinion auprès de 1 050 ménages maliens. L’analyse en composantes principales de la perception des patients quant aux diffé- rents types de prestataires6 (voir tableau 2.3) indique que les cabinets et les cliniques sont jugés de meilleure qualité que les CSREF et les hôpitaux publics en termes de : ■ Qualité des équipements ; ■ Compétence du personnel ; ■ Propreté des locaux ; ■ Éthique du personnel. Tableau 2.3 : Notes attribuées par les patients aux fournisseurs de soins sur les différents critères d’évaluation Tradi- Soigneur Cabinet praticien ambulant médical CSCOM CSREF Clinique Hôpital Ef�cacité de la guérison 3,71 2,57 3,95 4,11 4,36 4,60 4,68 Distance appropriée 3,72 2,97 3,27 4,17 3,49 3,37 3,15 Prix consultation approprié 4,10 3,11 3,07 3,87 3,81 2,84 3,55 Prix ordonnance approprié 4,10 3,15 3,13 3,55 3,61 2,90 3,36 Disponibilité médicaments 3,90 2,97 3,10 3,70 3,91 3,58 4,04 Éthique du personnel 3,43 2,44 3,80 3,96 3,82 4,23 3,90 Qualité de l’équipement 2,77 2,28 3,64 3,25 3,80 4,37 4,43 Propreté des locaux 2,89 2,36 4,03 3,78 3,71 4,61 3,85 Compétence du personnel 3,69 2,48 3,90 3,96 4,24 4,37 4,47 Source : Enquête d’opinion auprès de 1 050 ménages maliens. 14 Document de travail de la Banque mondiale Formation des professionnels de la santé La formation des professionnels de santé s’effectue à la fois dans le public et le privé. Formation des médecins et pharmaciens Les médecins et pharmaciens sont formés à la Faculté de médecine de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS), structure publique relevant du Rectorat de Bamako. La création d’une deuxième faculté de médecine de Ségou est en cours d’étude. Une faculté privée de médecine a été autorisée à démarrer ses activités, à Bamako, en juin 2009. Ses promoteurs, qui recherchent encore des �nancements pour créer un campus de 10-15 hectares (la médecine ne serait que la première discipline enseignée) indiquent souhaiter préparer à l’examen national une cinquantaine d’étudiants par an. Les frais d’inscription pourraient s’élever à deux millions de F CFA/an/élève contre 5 000 F CFA pour la FMPOS7. Il n’est pas prévu que ce e école forme des pharmaciens. La politique de formation des médecins sur la période 2005-2008 a favorisé une très forte augmentation des flux, passant alors de 100-150 par an à 300-400 par an (voir �gure 2.5). L’instauration d’un numerus clausus permet de stabiliser les flux de formation an- nuels autour de 150 diplômés. Figure 2.5 : Flux de formation des médecins par la FMPOS (prévision au-delà de 2010) Nombre de médecins 400 300 200 100 0 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 Sources : Analyses BCG ; CDRH ; FMPOS. Note : Hypothèse de croissance des effectifs formés de 3 % à partir de 2014. Formation des techniciens supérieurs de santé (TSS)8 et des techniciens de santé (TS)9 Les TSS/TS sont formés au sein des structures publiques (Institut national de formation en science de la santé, né de la fusion en 2004 de l’ensemble des écoles publiques de for- mation) et des écoles privées de soins de santé. Ces écoles privées, dont la première a été créée en 1995, ont vu leur nombre passer de six en 2004 à 41 en 2009. Une proportion de 46 % de ces écoles privées se situe à Ba- mako. En 2008, elles représentaient selon la DRH du ministère de la Santé : ■ 53 % des candidats admis à la certi�cation des TSS ; ■ 95 % des candidats admis à la certi�cation des TS. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 15 Il n’existe pas de texte spéci�que sur la création des écoles privées de soins de santé, dont la tutelle relève du ministère chargé de l’enseignement supérieur. Ces écoles doi- vent par conséquent remplir les seules conditions génériques posées par le décret 94- 276/PRM pour tous les établissements privés d’enseignement (encadré 2.3). En outre, aux termes de l’article 11 du même décret, l’autorisation est accordée en l’absence de réponse de l’administration dans un délai de trois mois. Encadré 2.3 : Pièces à fournir pour obtenir l’autorisation d’enseigner (article 4 du décret 94-276/PRM) Pièces à fournir pour obtenir l’autorisation d’enseigner (article 4 du décret 94-276/PRM) : A. Dossier de l’établissement : 1. Une note de présentation de l’établissement (but éducatif professionnel et social de l’éta- blissement et son utilité dans le cadre de l’intérêt général du pays) ; 2. Un plan détaillé des locaux et des installations sanitaires, le tout agréé par le service de l’habitat ; 3. La nature de l’enseignement ou de la formation à dispenser dans l’établissement. B. Dossier du déclarant : 1. Une copie d’acte de naissance ou toute autre pièce en tenant lieu ; 2. Un certi�cat de nationalité malienne ou étrangère ; 3. Un extrait du casier judiciaire datant de moins de trois mois ; 4. Une note biographique succincte indiquant les antécédents des cinq dernières années, les domiciles et professions successifs du déclarant ; 5. Pour les personnes morales, une copie certi�ée conforme des statuts, de la déclaration de constitution et de l’autorisation légale d’installation au Mali de l’association, société, cen- trale syndicale, groupement ou congrégation que représente le déclarant ; 6. Cette pièce doit être accompagnée du procès-verbal de délibération du Conseil de direc- tion ou d’administration de l’organisation mandatant le déclarant ; 7. S’il y a lieu, la preuve que le déclarant ou la personne morale qu’il représente a satisfait aux conditions d’établissement des étrangers au Mali. Source: Les auteurs. Médicament Les secteurs privé et public jouent un rôle dans la distribution du médicament. Répartition des rôles entre les �lières publique et privée de distribution Le système de distribution du médicament et des produits médicaux au Mali repose sur la coopération des deux �lières : ■ La �lière privée : Environ 30 grossistes-répartiteurs et 363 officines pharmaceutiques. ■ La �lière publique : Un importateur/grossiste/répartiteur public : la PPM et des dé- pôts pharmaceutiques des structures publiques et communautaires (hôpitaux, CSREF, CSCOM). Il convient également de signaler la présence de dépôts de pharmacie privés, points de vente au détail tenus par des non pharmaciens dans des zones où les officines ne sont pas installées. La complémentarité entre les deux �lières est assurée par la possibilité pour les gros- sistes privés de servir les structures publiques en cas de rupture de stock de la PPM et pour approvisionner les structures hospitalières en spécialités. On estime que 50 % des de- mandes des structures publiques sont couvertes par les grossistes privés (voir �gure 2.6). 16 Document de travail de la Banque mondiale Figure 2.6 : Aperçu de la �lière de la distribution du médicament Point de Producteur Répartiteur Importateur Grossiste Distributeur vente Laborex 95% 5% Copharma 95% Pharma Filière 5% 30% privée de distribution Africalabet Camed 10% 90% La filière privée Autres grossistes privés supplée la filière 100% publique en cas de besoin (rupture stocks, spécialités hosp.) Hôpitaux = ~50% du marché PPM et CSREF Filière 10% publique de 100% distribution CSCOM Flux principal Spécialités Flux secondaire Génériques Source : Entretiens ; analyses BCG. Répartition géographique des officines pharmaceutiques Les officines sont concentrées dans les chefs-lieux de région et de cercles. Et 50 % d’entre elles se trouvent à Bamako (190 sur 363). Au-delà de ce constat de concentration sur Bamako, c’est l’ensemble des grandes villes du Mali (chefs-lieux de région) qui sont au- jourd’hui saturées par rapport aux règles de zonage, c’est-à-dire du nombre minimal d’habitants nécessaire pour pouvoir obtenir une licence et s’installer (encadré 2.4). En témoigne l’existence d’une liste d’a ente dans l’ensemble des régions (voir �gure 2.7). Figure 2.7 : Liste d’attente pour obtenir une licence d’ouverture d’of�cine par région 250 220 200 150 100 90 Nombre de pharmaciens en attente 50 23 25 15 10 3 1 0 Bamako Koulikouro Gao et Kidal Kayes Ségou Sikasso Mopti Tombouctou Sources : CNOP ; INSTAT ; analyse BCG. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 17 Encadré 2.4 : Les règles de zonage régissant l’ouverture de pharmacies L’Arrêté 98-0908 MSPAS SG, en son article 1er �xe le nombre d’habitants requis pour l’ouver- ture d’une of�cine ou d’un dépôt Le nombre d’habitants requis pour l’ouverture d’une of�cine de pharmacie ou d’un dépôt de produits pharmaceutiques est �xé comme suit : • un établissement pour 7 500 habitants dans les agglomérations de 100 000 à 500 000 habitants ; • un établissement pour 6 500 habitants dans les agglomérations de 10 000 à 99 999 ha- bitants ; • un établissement pour 5 500 habitants dans les agglomérations de moins de 10 000 ha- bitants. Taille du marché des médicaments Le chiffre d’affaires des grossistes publics et privés représente 45 milliards de F CFA au prix de cession. Les acteurs privés, dominés par Laborex et Copharma, essentielle- ment présents pour le médicament de spécialité, représentent 80 % du marché. Les deux autres principaux grossistes, Africalab et Camed, se concentrent sur les médicaments génériques (voir �gure 2.8). Figure 2.8 : Répartition du CA au prix des cessions des grossistes privés et publics (en Mds F CFA) 0,9 0,1 Génériques 1,1 0,5 Spécialités 20,4 9,0 4,0 9,0 La b or ex Copharma Autres PP M grossistes Africalab et Camed Source :Ou ara et al. 2004 ; entretiens avec les acteurs de la distribution ; analyses et modélisation BCG. Note : Hypothèses : Estimation des CA au prix de cession des principaux acteurs - Coefficient multipli- cateur de 1.20 appliqué par tous les grossistes à partir du CA prix de revient (spécialités et génériques confondus) ; chiffres 2008. La structure du prix du médicament est en principe libre, mais résulte d’une concer- tation entre les acteurs suite à la dévaluation du F CFA en 1994. 18 Document de travail de la Banque mondiale Vente illicite de médicaments Le médicament par terre se développe depuis les années 90. Le médicament par terre était estimé en 2008 à environ 15 % de la consommation de médicaments modernes, soit environ dix milliards de F CFA. Ce marché privé illicite est présent sur l’ensemble du territoire et concerne toutes les catégories de médicaments : les spécialités et génériques ; les médicaments avec ou sans autorisation de mise sur le marché et les médicaments authentiques ou contrefaits (PRSAO 2008 ; entretiens). Ce marché prospère car il facilite l’accès aux médicaments à des prix moins élevés. Ce marché illicite contribue à l’accessibilité �nancière des médicaments. Le médicament par terre béné�cie de complicités. Commerçants, fonctionnaires, professionnels de la santé et personnalités influentes jouent un rôle plus ou moins actif dans ce e activité. Les acteurs de la �lière pharmaceutique, publique comme privée, participent parfois à ce marché illicite : officine s’approvisionnant auprès du médica- ment par terre ou écoulant leurs stocks et grossistes sans activité officielle connue (plus de la moitié des ~30 grossistes actuels) suspectés de participer à l’approvisionnement du médicament par terre. En effet, les conditions actuelles d’obtention de licence de grossiste ne sont pas res- pectées (stocks suffisants pour couvrir la consommation mensuelle des officines qu’ils desservent ; stocks représentant les 2/3 des produits ayant reçu une AMM ; pouvoir livrer les officines de leur clientèle en 72 h). Production de médicaments En dehors des herboristeries, il n’existe pas de capacité de production nationale. L’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP) a en effet vu ses capacités fortement réduites et n’est plus considérée comme fonctionnelle en dehors d’une faible activité de produits médicaux (sérum). Couverture maladie Les objectifs �xés dans le Plan national d’extension de la protection sociale 2005-2009 en matière de sécurité sociale (AMO) et d’aide sociale (RAMED) sont de : ■ Couvrir environ 13 % de la population par les régimes de sécurité sociale ; ■ Couvrir environ 5 % de la population par le Fonds d’assistance médicale (per- sonnes démunies). La création de ces deux régimes est intervenue en 2009 et les décrets d’application sont en cours de préparation : ■ L’assurance maladie obligatoire (AMO) couvrira 16 % de la population, essen- tiellement les salariés du secteur formel et les fonctionnaires ; ■ Le régime d’assistance médicale (RAMED) est destiné aux indigents et devrait couvrir 5 % de la population. Les �nancements mobilisés pour ces trois modalités de protection sociale (assu- rance, aide sociale, mutuelles) sont inégaux, le choix ayant été fait de développer dans un premier lieu l’AMO (voir �gure 2.9). Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 19 Figure 2.9 : Financements 2005-2009 pour les différents programmes d’activités du Plan d’extension Mds F CFA 20 000 15 000 13,3 10 000 12 % des 19,7 financements 5 000 4 2,3 0 Mutualité Aide et action sociales Sécurité sociale Total Source : Ministère du développement social 2009. État des lieux des mutuelles existantes Le Mali a mis en place un cadre juridique favorisant le développement des mutuelles : ■ Loi n° 96-022 régissant les mutuelles ; ■ Décrets 96-136 et 137 �xant les conditions de placement et de dépôt des fonds des mutuelles et établissant leurs statuts types. Par ailleurs, le cadre institutionnel du mouvement mutualiste a été consolidé par la création en 1998 de l’UTM, structure faîtière assurant à la fois un rôle de représentation et de plaidoyer et un rôle de gestion centralisée pour le compte de certaines mutuelles qui lui sont affiliées. Les objectifs �xés dans le Plan national d’extension de la protection sociale 2005- 2009 s’agissant du mouvement mutualiste consistent à couvrir environ 3 % de la popula- tion par les régimes de la mutualité. Aujourd’hui, le taux de couverture avoisine les 2 %, soit pour 2008 selon le ministère du Développement social : ■ 76 667 adhérents ; ■ 244 028 béné�ciaires, dont ~70 % à Bamako. En 2008, on recensait 121 mutuelles agréées (santé et prestations retraite/décès confondues, voir �gure 2.10). En dehors des mutuelles de Bamako, où le nombre moyen de béné�ciaires par mutuelle a eint environ 45 000, ces organismes de mutualisation des risques ont une base moyenne de béné�ciaires comprise entre 800 et 1 800. 20 Document de travail de la Banque mondiale Figure 2.10 : Évolution du nombre de mutuelles et mutualistes Evolution du nombre de Nombre de bénéficiaires des Nombre de bénéficiaires moyen mutuelles agréées1 mutuelles santé par région par mutuelle par région 121 164 609 4 703 Bamako La taille moyenne représente 67.5% des mutuelles est 99 des bénéficiaires inférieure au seuil de viabilité de 3000 28 117 bénéficiaires 77 60 19 787 2 160 1 849 44 1 041 989 9 040 7 851 7 397 904 981 807 788 5 652 1 575 o Sé o Ka u s ao To liko i bo o u o o u s ao ik i bo o u u pt t 2004 2005 2006 2007 2008 ye ak ss go m ur to ye Ko op ak ss go m ur to Ko Mo G G uc uc ka o m ka Ka m M Sé Ba Ba Si Si ul To Sources : DNPSES, 2008 ; analyses BCG. Note : Mutuelles agrées : santé et autres prestations confondues (retraite/décès), seuil communément estimé par l’UTM. Parcours de soins À partir d’une enquête d’opinion menée auprès de 1 050 ménages maliens, et en prenant comme niveau-cible de fréquentation des structures de soins un taux de consultation de 120 %10, on constate (voir �gure 2.11) : Figure 2.11 : Comportement des patients en cas de problème de santé Taux en % 150 Acheté des herbes Cherché des herbes 120 63 Médicaments dans une pharmacie par terre 100 Médicaments dans une pharmacie 15 3 50 5 42 3 4 0 Taux de morbidité Non traitement Auto-médication Taux de consultation Source : Enquête réalisée auprès de 1 050 ménages maliens - 2009 ; analyses BCG. Note : Le taux de consultation intègre les CPN - contribution évaluée à 8 %. Hypothèses : Niveau cible = une consultation par épisode morbide, soit un taux de consultation de 120 % - L’écart devrait être encore plus important dans l’hypothèse où un cas de morbidité génère plus d’une consultation. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 21 ■ Que le taux de renoncement aux soins est de 63 % (ce qui recouvre les situations dans lesquelles le patient estime que son état ne justi�e pas de se soigner et les situations dans lesquelles il n’est pas en mesure de se soigner, pour des raisons �nancières ou autres) ; ■ Que le taux d’automédication est de 15 % (8 % pour le recours aux herbes, 7 % pour le recours aux médicaments modernes) ; ■ Que le taux de recours à des conseils est de 42 % (41 % pour le recours aux struc- tures conventionnelles, hypothèse de 1 % pour le recours aux tradi-praticiens)11. La même enquête permet de retracer l’itinéraire thérapeutique des patients cher- chant des conseils pour se soigner (voir �gure 2.12) : ■ Les tradi-praticiens représentent une part faible des recours (3 % des 1er recours et 13 % des 2e recours) et semblent sous-déclarés par les populations ; ■ Le CSCOM est la structure la plus souvent fréquentée au moment du 1er recours avec 58 % (81 % en zone rurale contre 40 % en zone urbaine) ; ■ Le recours aux structures privées commerciales augmente entre le 1er et le 2e re- cours : de 3 % à 5 % pour un cabinet médical et de 7 % à 17 % pour une clinique. Figure 2.12 : Répartition des prestataires par type de recours 3% % 3% 1% 3% 2% 100 6% 13% 17% 80 5% Un membre de votre famille 17% Un tradi-practicien 60 58% 33% Un soigneur ambulant 19% Un cabinet médical 40 Un CSCOM 17% Un CSREF 8% Une clinique 20 7% 44% Un hôpital 23% 17% Autres 0 1% 3% 0 500 1 000 1 500 2 000 Nombre d'occurrences 1er recours 2ème recours 3ème recours Sources : Enquête réalisée auprès de 1 050 ménages maliens 2009 ; analyses BCG. En décomposant les parcours de soins selon les revenus des ménages, on constate que le recours aux CSCOM et aux cliniques est lié aux capacités �nancières des patients : ■ Taux de recours aux CSCOM de 63 % pour les ménages ayant un revenu annuel inférieur à 500 000 F CFA contre 30 % pour les ménages ayant des revenus an- nuels de plus de trois millions de F CFA ; ■ Taux de recours aux cliniques de 5 % pour les ménages ayant un revenu annuel inférieur à 500 000 F CFA contre 35 % pour les ménages ayant des revenus an- nuels de plus de trois millions de F CFA. 22 Document de travail de la Banque mondiale On constate que l’ensemble de la population, y compris les plus pauvres, a recours à des acteurs du secteur privé dans ses différentes composantes [CSCOM pour les popu- lations pauvres, cliniques pour les populations riches] (voir �gure 2.13). Figure 2.13 : Choix des prestataires selon les revenus du ménage % 100 3 3 2 4 5 0 0 3 4 1 Un membre de votre famille 1 5 2 1 1 1 5 3 0 4 Un tradipraticien Un soigneur ambulant 80 Un cabinet médical 32 30 Un CSCOM 43 Un CSREF 60 63 56 Une clinique 9 Un hôpital 17 Autres 9 40 12 19 35 10 7 20 5 5 26 23 13 16 12 2 5 0 0 2 1 Moins de 500.000 De 500.000 à De 1.000.000 à De 2.000.000 à Plus de 3.000.000 Revenus FCFA par an 1.000.000 FCFA 2.000.000 FCFA 3.000.000 FCFA FCFA par an par an par an par an Source : Enquête réalisée auprès de 1050 ménages maliens ; analyses BCG. Synthèse : Éléments de dimensionnement du secteur de la santé L’ensemble des dépenses de santé au niveau du pays connaît une augmentation sensible depuis près de 15 ans (voir �gure 2.14). Figure 2.14 : Évolution des dépenses de santé au Mali Md FCFA 250 239 222 207 200 194 7,5 % 165 175 122 Dépenses 115 publiques 153 150 141 140 108 97 119 86 68 81 109 56 98 64 100 94 95 39 33 40 37 44 108 117 Dépenses 50 90 98 99 privées 77 80 78 84 86 84 50 55 61 0 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Année Sources : Rapport OMS, Comptes nationaux de la Santé, Mali - h p://www.who.int/nha/country/mli/en/ ; Projections BCG sur 2008 et 2009. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 23 Sur l’ensemble des dépenses de santé de l’ensemble du système (incluant l’ensemble des fonctions de support), près de 50 % des dépenses sont effectuées par les particuliers (environ 108 milliards de F CFA en 2008). Le tableau 2.4 détaille ces dépenses par type. Tableau 2.4 : Ventilation des dépenses de santé au Mali, 2008 Entité/type de Montant 2008 en dépense Mds de F CFA Commentaires Médicaments 70 Sur la base de l’analyse de la chaîne de valeur de la pharmacie, en prenant en compte le médicament par terre : 45 Mds de F CFA en prix de cession des grossistes avec une marge brute détaillant privé/public de 30 % en moyenne et des dépenses liées au médicament par terre de l’ordre de 15 % du total. CSCOM (hors 15 Sur un chiffre d’affaires estimé de ~30 Mds de F CFA en incluant les médicaments) médicaments, avec des subventions (y compris personnels mis à disposition) estimées à 23 Mds de F CFA. CSREF 0,4 Sur les 59 CSREF, 400 000 consultations annuelles en 2008 tarifées en moyenne 1 000 F CFA. Hôpitaux 4 Environ 675 000 consultations annuelles tarifées en moyenne 6 000 F CFA. Cabinets 7 Sur les 250 cabinets enregistrés, une estimation d’environ 900 000 consultations tarifées ~7 800 F CFA en moyenne. Cliniques 8 Environ 500 000 consultations annuelles pour 70 établissements avec un prix moyen de l’ordre de 16 000 F CFA. Non expliqué 4 Source : Études primaires BCG ; entretiens ; consolidation de sources (SLIS, annuaire des hôpitaux, �- chiers Bilan C). Rapportées à la population, elles correspondent à des dépenses moyennes an- nuelles de l’ordre de 8 000 F CFA par personne, dont près de 65 % sont consacrés aux médicaments. Note : Les dépenses liées à l’achat de produits traditionnels ou les consultations rela- tives ne sont pas intégrées dans les chiffres présentés plus haut. Leur caractère informel et potentiellement non monétaire (i.e. avec compensation en nature) rend en effet leur estimation difficile. Le secteur privé représente 50 % ou plus de l’offre des différentes �lières : ■ Pour la �lière de délivrance de soins : 80 % des consultations curatives dans le privé et 50 % des médecins dans le secteur privé ; ■ Pour la �lière pharmaceutique : 80 % du CA au prix de cession est réalisé par des acteurs dans le privé et 50 % des besoins des structures publiques sont couvert par les grossistes privés ; ■ Pour la �lière formation : environ 50 % des admis aux examens TSS sont formés par des écoles privées et environ 90 % des admis aux examens TS sont formés dans le privé ; ■ Pour la �lière assurance santé : toutes les mutuelles sont des structures privées. 24 Document de travail de la Banque mondiale 3. Gouvernance, régulation et environnement des affaires L a présente section concerne le rôle du secteur privé dans la gouvernance du système de santé, la réglementation du secteur privé et l’environnement des affaires. Association du secteur privé à la gouvernance du système de santé En dépit du rôle de plus en plus important qu’il y joue, le secteur privé, dans des pro- portions variables selon ses composantes (secteur privé communautaire et associatif vs. secteur privé commercial et traditionnel) est mal intégré aux enceintes de pilotage du système des soins de santé. Perception de la légitimité du secteur privé Comme indiqué dans la partie 2.1 consacrée à l’historique, le secteur privé est le fruit d’un choix sous contrainte et d’un renoncement de l’État à rester l’opérateur unique de la santé au Mali. Les circonstances de sa création pèsent encore aujourd’hui dans les re- présentations collectives sur la légitimité du secteur privé. À cela s’ajoute le fait que dans un secteur social comme celui de la santé, le secteur privé commercial est souvent perçu comme motivé par le pro�t au détriment de la santé des populations et des considéra- tions d’intérêt général. Le secteur public serait au contraire plus sensible aux considéra- tions d’équité et d’accès des plus démunis aux soins. En�n, dans un secteur symboliquement dominé par la profession médicale et, comme dans de très nombreux pays, par une forme de «mandarinat », le prestige et l’autorité intellectuelle des professeurs de médecine du secteur public, enseignants de la FMPOS et chefs de service des hôpitaux de 3e référence, alimentent un complexe de supériorité au sein du secteur public. Ce phénomène est d’autant plus sensible que pour une partie des médecins du secteur privé, le renoncement à la fonction publique est le fruit d’un échec aux concours administratifs. Intégration du secteur privé aux organes nationaux de suivi du PRODESS Ainsi que précédemment, les organes de suivi du PRODESS constituent le cadre privilé- gié de conception et de programmation stratégique de la politique de santé. Le secteur privé commercial, contrairement au secteur privé associatif (GPSP) et à la société civile (UTM), n’est pas représenté dans les organes nationaux de suivi, le comité de suivi et le comité technique. En revanche, « un représentant des structures sanitaires privées et confessionnelles » �gure aux côtés « des représentants des ONG des secteurs de la santé et de l’action so- ciale » et du représentant de la Fédération régionale/locale de santé communautaire au sein des organes régionaux et locaux de suivi du PRODESS : ■ Comité régional d’orientation, de coordination et d’évaluation du PRODESS (CROCEP) ; ■ Conseil de gestion. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 25 Encadré 3.1 : Décret n° 01-115/PM-RM du 27 février 2001 portant création des organes d’orientation, de coordination et d’évaluation du Programme de développement sanitaire et social (extraits) Décret n° 01-115/PM-RM du 27 février 2001 portant création des organes d’orientation, de coordination et d’évaluation du Programme de développement sanitaire et social (extraits) : Article 3 : Le Comité de suivi est composé comme suit : Présidents : Les ministres chargés de la santé et du développement social ; • 1er Vice-président : Un représentant des partenaires de développement ; • 2e Vice-président : Un représentant de la société civile ; Membre • le représentant du ministre chargé des �nances ; • le représentant du ministre chargé des affaires étrangères ; • le représentant du ministre chargé de l’éducation ; • le représentant du ministre chargé de la promotion de la femme, de l’enfant et de la fa- mille ; • le représentant du ministre chargé de l’administration territoriale ; • le représentant du ministre chargé de l’environnement ; • le représentant du ministre chargé de l’énergie ; • le représentant du ministre chargé de la jeunesse ; • le représentant du ministre chargé de la communication ; • les Directeurs des services centraux des ministères chargés de la santé et du dévelop- pement social ; • le Directeur général de l’Usine malienne de produits pharmaceutiques ; • le Directeur général de la Pharmacie populaire du Mali ; • les représentants des partenaires de développement ; • un représentant du Groupe «Pivot santé population » ; • un représentant de la Fédération malienne des associations de personnes handicapées ; • un représentant du Conseil national des personnes âgées ; • un représentant par ordre professionnel de la santé ; • un représentant par syndicat ; • le coordinateur national de réadaptation à base communautaire ; • le représentant de l’Union technique des mutualités. Article 4 : Le Comité peut faire appel à toute personne en raison de ses compétences parti- culières. Institutionnalisation du dialogue entre l’administration et le secteur privé Les occasions de dialogue entre le secteur privé et le secteur public sont essentiellement informelles : ■ Colloques, séminaires, formations ; ■ Échanges au sein des ordres, qui regroupent la profession dans son ensemble. 26 Document de travail de la Banque mondiale Sans qu’il s’agisse explicitement d’un référent unique pour le secteur privé, il convient également de souligner que la division de la DNS en charge de la contractua- lisation et des partenariats public/privé (DESR) est progressivement renforcée depuis 2006. Structuration du secteur privé Le secteur privé est organisé autour des ordres professionnels, des syndicats, des unions de syndicat et des associations. » L Les trois ordres professionnels regroupent les professions de santé dans leur ensemble et ont été créés par la loi en 1986 pour servir de cadre à l’autorégulation de professions sanitaires soustraites en partie, du fait de la libéralisation, à l’autorité hiérarchique du ministère de la Santé : ■ Ordre des médecins ; ■ Ordre des pharmaciens ; ■ Ordre des sages-femmes12. Les structures ordinales n’ont aucun rôle de représentation et de défense des inté- rêts du secteur privé, même lorsque leurs membres opèrent en majorité en dehors de la fonction publique (pharmaciens). G ’ : , Pour exercer ce rôle de plaidoyer, une partie du secteur privé est organisé autour d’une association faîtière ou d’une fédération : ■ Le secteur privé communautaire est regroupé au sein de la FENASCOM ; ■ Le secteur privé associatif est regroupé au sein du Groupe pivot Santé popula- tion ; ■ Le secteur privé traditionnel est regroupé au sein de la FEMATH ; ■ Les mutuelles sont, pour la majorité, représentées par l’UTM. Le secteur privé commercial est quant à lui représenté par une variété d’organisa- tions catégorielles, parmi lesquelles : ■ Pour les médecins : • Association des médecins libéraux du Mali ; • Association des médecins de campagne. ■ Pour les pharmaciens : • Syndicat national des pharmaciens d’officine ; • Collectif des jeunes pharmaciens ; • Association des laboratoires d’analyses médicales. ■ Pour les paramédicaux (représentation de la profession davantage que des acteurs du secteur privé) : • Association des in�rmiers ; • Association des sages-femmes. ■ Pour les écoles de soins de santé : • Association des écoles privées de formation en soins de santé. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 27 La représentativité de ces associations est plus ou moins établie. En l’absence de per- sonnels permanents et en raison du caractère limité de leurs moyens matériels de fonc- tionnement, leur capacité à diffuser l’information auprès de leurs membres est mal as- surée, et leur capacité d’influence auprès des pouvoirs publics reste faible. Ces constats sont également valables, dans une moindre mesure, pour les ordres professionnels. C’est en réponse à ce e situation et suite aux engagements pris lors du séminaire d’août 2009, qu’un collectif des différentes associations du secteur privé lucratif et non lucratif est en cours de création. Régulation du secteur privé : documents stratégiques et cadre normatif S’il n’existe pas de document stratégique en tant que tel autour du secteur privé pris dans son ensemble, un certain nombre de textes régulent ce secteur. Documents stratégiques Il n’existe pas de document stratégique en tant que tel autour du secteur privé pris dans son ensemble. Celui-ci n’est mentionné que ponctuellement et sans perspective d’en- semble dans le PRODESS II. Cependant, plusieurs documents politiques sont en cours de préparation sur les voies et moyens d’une meilleure contribution du secteur privé aux objectifs de santé publique : ■ Des travaux sont en cours depuis 2003, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Banque mondiale, relatifs à un guide de contractuali- sation entre secteurs public et privé ; ■ Ces travaux ont abouti à l’élaboration en 2007 d’un document de politique de contractualisation dans le secteur socio-sanitaire. Encadrement normatif NB : Les textes mentionnés ci-dessous ne constituent pas un inventaire exhaustif des normes en vigueur. S Les principaux textes libéralisant les professions sanitaires ont été adoptés en 1985 et ses textes d’application entre 1989 et 199213 : ■ Loi n° 85 41/AN-RM portant autorisation de l’exercice privé des professions sa- nitaires ; ■ Arrêté n° 89-2728/MSP.AS/CAB �xant les délais de délivrance des autorisations de l’exercice à titre privé des professions socio-sanitaires ; ■ Décret n° 91-106/P-RM portant organisation de l’exercice privé des professions sanitaires modi�é par le décret n° 92-106/P-RM ; ■ Arrêté n° 91-4319/MSP.AS.PF/CAB �xant les modalités d’organisation de l’exer- cice privé des professions médicales et paramédicales. C’est la loi hospitalière qui organise la coopération entre les structures sanitaires privées et publiques et leur participation aux missions de service public : ■ Loi n° 02-050 ANRM portant loi hospitalière. 28 Document de travail de la Banque mondiale T 14 : Les deux principaux documents encadrant le secteur pharmaceutique n’ont pas force obligatoire : ■ Schéma directeur d’approvisionnement et de distribution des médicaments es- sentiels (SDAME) ; ■ Politique pharmaceutique nationale du Mali. Les règles de zonage sont dé�nies par l’arrêté 98-0908 MSPAS SG (nombre d’habi- tants requis pour une officine ou un dépôt). Les prix sont libres dans le secteur privé15, à l’exception d’une liste de 107 médica- ments essentiels, pour lesquels un plafond est �xé : ■ Décret 07-087 : Réglementation prix médicaments essentiels dans le privé ; ■ Décret 03-218 : Réglementation prix médicaments essentiels dans le public. S 16 Les textes encadrant la santé communautaire ont été adoptés en 1994 et 1995 et il n’existe pas de loi portant sur la santé communautaire. ■ Arrêté interministériel n° 94-5092/MSSPA.MATS.MF �xant les conditions de création des CSCOM et les modalités de gestion des services socio-sanitaires de cercle, de commune, des CSCOM, modi�é par l’arrêté interministériel n° 95- 1262/MSSPA.MATS.MFC. Environnement des affaires L’accès au crédit, les impôts et l’obtention de permis de licences sont considérés comme des freins au développement du secteur privé dans la santé. Accès au crédit L’accès au crédit pose problème tant au niveau de l’offre que de la demande. O Les banques estiment avoir, en raison du contexte macroéconomique, trop peu de res- sources longues et les taux d’intérêt sont élevés (~12 % à 15 %). En outre, en raison de l’aversion au risque des établissements de crédit, les �nancements bancaires sont essen- tiellement des crédits à court terme et peu risqués (lignes de trésorerie pour les commer- çants, etc.). De plus, les garanties exigées sont difficiles à réunir pour de jeunes médecins en cours d’installation (titres fonciers). En�n, il convient de mentionner que la qualité des dossiers présentés par les pro- fessionnels de la santé en l’absence de formation en gestion est globalement jugée insuf- �sante par les établissements �nanciers. Les établissements bancaires ne prêtent donc aux professionnels de la santé que de façon sporadique, et encore plus rarement pour couvrir les besoins d’installation. Lorsqu’ils acceptent d’accorder des prêts aux profes- sionnels de la santé, les établissements de crédit indiquent toutefois que ces contrepar- ties sont de bonne qualité. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 29 D La culture du crédit n’est pas très développée et la demande de �nancements intermé- diaires de la part des professionnels de la santé assez faible. Les jeunes professionnels de la santé en cours d’installation recourent par conséquent régulièrement, seuls ou en association pour les investissements les plus signi�catifs (cliniques, écoles), à des particuliers : ■ Famille ; ■ Investisseurs privés (professionnels de la santé ou non). Paiement des impôts S’agissant des impôts, le grief essentiel des professionnels de la santé tient à l’opaci- té des modalités de calcul. Les professionnels de la santé ignorent assez largement les avantages pour lesquels ils sont éligibles. Contestant les modalités de recouvrement des impôts, les professionnels du secteur privé commercial sont mé�ants vis-à-vis de tout système de remontée d’information qu’ils soupçonnent d’alimenter les services du �sc. Cela explique en partie leur réticence à participer au système d’information sanitaire. Plus spéci�quement, les pharmaciens regre ent que leur taux d’imposition soit aligné sur celui des commerçants. Agrément et licence Les délais moyens17 peuvent être estimés à trois mois en moyenne pour l’obtention de l’agrément, puis pour l’obtention de la licence (voir �gure 3.1). Figure 3.1 : Délai moyen d’obtention de l’agrément et de la licence Délai obtention agrément Délai obtention licence Max : 6 mois Max : 12 mois Moyenne : 3 mois Moyenne : 3 mois Min : 1 mois Min : 3 mois Source : Analyse BCG. Le recours au guichet unique de l’Agence de promotion des investissements (API), qui simpli�erait la procédure en perme ant un enregistrement simultané au Greffe du Tribunal de commerce et aux Impôts, reste rare (trois dossiers de cabinets médicaux depuis mai 2008) : 30 Document de travail de la Banque mondiale ■ L’existence de l’API est mal connue du secteur de la santé, et notamment du secteur privé ; ■ Le rôle du guichet unique est mal compris des professionnels de la santé et des ordres professionnels qui craignent que ce e procédure n’aboutisse à leur retirer la responsabilité de l’instruction des dossiers (contrôle de la satisfaction des cri- tères techniques posés). Les conditions posées à l’obtention d’une licence sont exigeantes pour les jeunes médecins. Toutefois, selon les indications des professionnels interrogés, l’agrément fait, de facto et en dépit des textes, office de licence temporaire aux yeux de l’administration. Parmi les conditions posées pour passer la visite technique, le contrat de travail type (CDI) devant être conclu avec les collaborateurs est perçu comme trop rigide et comme une contrainte par les employeurs. 4. Analyse du système des soins de santé I l est essentiel d’aborder l’analyse du système des soins de santé d’un point de vue systémique. En effet, les différentes face es du système des soins de santé malien sont fortement interconnectées, le développement d’une de ses composantes entraînant celui des autres. À titre d’illustration, le développement d’une couverture santé plus importante per- met de découpler le paiement des soins de l’utilisation des services, ce qui entraîne mé- caniquement une hausse de la fréquentation des établissements sanitaires, la barrière du paiement à l’acte précis étant levée. Ce e hausse de fréquentation permet à son tour de générer un chiffre d’affaires plus élevé et donc d’investir dans des ressources de qualité (emploi de médecins, achat de matériel). Ce e hausse de la qualité perçue incite alors les populations à adhérer davantage aux mécanismes de couverture santé. Ce e boucle simple se retrouve de manière similaire entre l’ensemble des composantes du système comme l’illustre la �gure 4.1. Figure 4.1 : Représentation systémique du système de santé B Amélioration C Soutien à des CSCOM pérennes Développement de la formation D de la et de la répartition Développement couverture géographique A d'une médecine santé des personnels privée de qualité Amélioration de la E distribution des médicaments Evolution du F parcours de soin Domaines prioritaires G Renforcement de la gouvernance public / privé Source : Analyse BCG. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 31 Au terme de l’analyse systémique, le renforcement de la santé communautaire et rurale et le développement des mutuelles apparaissent comme les dimensions les plus critiques pour améliorer l’état de santé des populations. Médecine privée La médecine privée est caractérisée par : ■ Sa répartition inégale sur le territoire, qui aboutit à limiter la capacité d’absorp- tion du marché et conduit certains acteurs en recherche d’activités à offrir des soins de moindre qualité ; ■ Sa faible articulation avec le secteur public, qui freine son association aux mis- sions de service public de formation et de vaccination et ne permet pas d’exploi- ter la complémentarité de structures sanitaires privées et publiques ; ■ La remise en cause par certains acteurs privés des règles de catégorisation des établissements sanitaires qui pénaliseraient la contribution du secteur privé aux objectifs de santé publique ; ■ L’absence d’accompagnement, à l’installation, de ses besoins en �nancement et en formation. Une répartition géographique inégale avec des capacités d’absorption proches de la saturation à Bamako Comme indiqué précédemment, on estime à 70 % la proportion de médecins privés instal- lés à Bamako. Même en limitant le marché potentiel des structures privées commerciales à la population urbaine, ce e répartition est déséquilibrée puisque Bamako ne représente que 40 % de la population urbaine. Ce phénomène présente deux types d’inconvénients : ■ Pour les zones en surcapacité (Bamako) : les jeunes professionnels en recherche d’ac- tivités exercent, la plupart du temps pour une période transitoire, de façon rela- tivement informelle (consultations à domicile, etc.) alors que les professionnels déjà installés voient leur nombre d’activités diminuer ; ■ Pour les zones en sous-capacité (villes régionales) : les structures publiques sont en- gorgées alors qu’une partie des patients pourrait se diriger vers les structures privées, et l’absence ou la rareté des structures privées ne permet pas de créer une incitation à renforcer la qualité des structures publiques et privées exis- tantes. En outre, les officines pharmaceutiques ne béné�cient pas des prescrip- tions en spécialités des médecins privés pour se développer. De plus, la mauvaise répartition de la médecine privée limite la capacité d’absorp- tion du marché. En retenant un niveau d’activité moyen minimum pour couvrir les coûts des cabinets (12 millions de F CFA/an) et cliniques (120 millions de F CFA/an) et en cal- culant la taille du marché pour chaque région (à partir de la population urbaine et d’une dépense annuelle moyenne par individu urbain), le nombre maximum de cabinets et cliniques pouvant a eindre le point mort a été évalué (voir �gure 4.2). Il apparaît ainsi que Bamako est proche de la saturation et que le développement des structures privées passe par une meilleure répartition géographique. 32 Document de travail de la Banque mondiale Figure 4.2 : Capacité d’absorption du marché pour les nouveaux cabinets et cliniques Les capacités d'absorption sont plus … qu'à Bamako où le marché approche a importantes à l'Intérieur1 … de la saturation Intérieur Bamako 250 250 Nombre actuel Nombre actuel 212 Capacité d’absorption Capacité d’absorption 200 200 194 175 150 150 100 100 75 49 49 50 50 50 21 0 0 Cabinets Cliniques Cabinets Cliniques Sources : Partie A : analyse BCG, données 2009 ; Partie B : DRH Min. Santé (données 2008) et analyses BCG. Note : Hypothèses : capacité d’absorption calculée à travers le ratio entre le CA potentiel des cabinets et cliniques par région (dépense moyenne par habitant urbain affectée d’un coefficient selon la zone de pauvreté - 0.6/0.8/1.3 x population urbaine de la région) et le point mort des cabinets (12 M F CFA de CA par an) et cliniques (80 M F CFA de CA par an). Un manque d’articulation avec le secteur public Les structures privées sont mal associées au secteur public, ce qui freine leur contribu- tion à la réalisation des objectifs de santé publique. ■ Soins : En l’absence de textes d’application de la loi hospitalière (n. 02-050 du 22 juillet 2002), il n’existe pas de cadre de participation du privé au service public hospitalier. On constate un manque de fluidité dans le référencement des ma- lades entre le public et le privé, et l’absence d’un fonctionnement des structures de soins en réseau pour optimiser les compétences et le fonctionnement dispo- nibles à l’échelle d’un territoire ; ■ Formation : En dépit de l’autorisation donnée aux médecins privés d’enseigner en tant que vacataires, le sentiment dominant au sein du secteur privé est celui de l’opacité des critères de sélection des enseignants. Les médecins privés ne sont pas autorisés à diriger des thèses ni à accueillir dans les structures privées des stagiaires de la faculté de médecine ; ■ Prévention : Bien que plusieurs structures privées se disent volontaires, les CS- REF sont réticents à associer les médecins privés aux activités de routine et aux campagnes exceptionnelles de vaccination. Les structures publiques craignent en effet que les conditions nécessaires ne soient pas remplies (chaîne du froid, formation des vaccinateurs, volume minimum d’activités, etc.) et que le principe de gratuité ne soit pas observé. U Les textes déterminant les catégories d’établissements privés médicaux et paramédicaux n’ont pas été révisés depuis 1991. Certaines de leurs dispositions pourraient par consé- Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 33 quent être imparfaitement adaptées au contexte actuel (développement du secteur privé, progrès des équipements et de la pratique médicale), en particulier s’agissant des actes autorisés et des infrastructures nécessaires dans les différentes catégories d’établisse- ments privés. Les cabinets médicaux privés regre ent notamment que la typologie actuelle qui distingue les établissements habilités à procéder à des actes ambulatoires/hospitaliers ne leur perme e pas, sans justi�er de capacités hôtelières : ■ De procéder à des accouchements (situation d’autant plus mal comprise que l’amélioration de la santé maternelle et infantile est un objectif prioritaire et que de tels actes sont autorisés dans les CSCOM où la quali�cation du personnel est souvent moindre) ; ■ De disposer de certains lits pour garder les patients en observation. Des besoins de �nancement à l’installation non couverts Les médecins privés ne disposent pas de mécanisme d’accompagnement pour �nancer leur installation (besoins estimés en moyenne à huit millions de F CFA pour les cabi- nets et 20 millions de F CFA pour les cliniques) et recourent rarement aux banques, par ailleurs très prudentes pour �nancer des structures en création. À défaut, ils recourent essentiellement à des �nancements sur fonds propres ou à l’emprunt auprès de leur famille ou de particuliers. Ce e faible bancarisation présente plusieurs inconvénients : ■ Les taux pratiqués par les particuliers sont parfois usuraires ; ■ Les relations avec ces investisseurs offrent peu de sécurité juridique ; ■ Le non recours aux banques lors de l’installation ne permet pas de nouer de relations de con�ance pour les besoins de �nancement futurs ; ■ Ces investisseurs n’exigent pas les critères de solidité �nancière (business plan) et de qualité demandés par les banques. Les structures privées, après la phase d’installation, ne font qu’exceptionnellement part de difficultés à répondre à leurs besoins en �nancement. La rentabilité de la plupart d’entre elles leur permet de �nancer sur fonds propres leur développement. D ’ Les médecins privés ont besoin au moment de l’installation dans des structures commer- ciales, c’est-à-dire dans les deux premières années, d’un certain nombre de compétences que l’enseignement de la FMPOS ne leur a pas permis d’acquérir : ■ Création d’entreprise ; ■ Recherche de �nancement ; ■ Comptabilité ; ■ Fiscalité ; ■ Gestion des ressources humaines ; ■ Système d’information. De la même façon, la FMPOS ne prépare pas suffisamment les médecins privés dé- sireux d’exercer en milieu rural à ses spéci�cités (pratique clinique avec plateau limité, habitudes de la population, etc.) : santé publique, gestion (comptabilité, �scalité, gestion des ressources humaines). 34 Document de travail de la Banque mondiale Formation La �lière formation est caractérisée par la faiblesse des instruments de régulation des quantités de professionnels de la santé en formation initiale, l’inadéquation du mode de �xation de ces quantités et la qualité dégradée de la formation et son inadéquation avec les besoins des professionnels de la santé en installation dans le secteur privé ou en milieu rural. Besoin de renforcement des outils de régulation des quantités de professionnels de la santé en formation initiale Pour les médecins et les pharmaciens, c’est le numerus clausus instauré en �n de 1e année qui permet de réguler le nombre de diplômés. Toutefois, la création d’une école de mé- decine privée pourrait affaiblir l’efficacité de ce système de régulation si ses promoteurs décidaient d’augmenter la quantité d’étudiants formés (le numérus clausus, à ce stade, s’impose à la seule FMPOS). Pour les TSS/TS : ■ Il n’existe pas de contingentement de la quantité de personnes certi�ées car l’IN- FSS organise un examen, pas un concours ; ■ L’article 17 de la loi 94-032 permet aux écoles privées de délivrer leur propre diplôme (la plupart d’entre elles, pour l’heure, s’y refusent) ; ■ Il n’existe pas de mécanisme de régulation du nombre de personnes préparant les examens, et ce nombre augmente au fur et à mesure de l’ouverture des écoles privées de formation et de la diminution du niveau général des élèves (seul l’IN- FSS organise, pour une partie de ses effectifs, un examen d’entrée). Or, la dispro- portion entre le nombre d’élèves ayant reçu une formation et le nombre d’élèves reçus à l’examen alimente un marché parallèle de personnels non diplômés en recherche d’activités. Réforme nécessaire du mode de détermination des quantités de professionnels de la santé en formation initiale L’efficacité des mécanismes de régulation du nombre de professionnels de la santé for- més est indispensable car, au-delà du constat souvent dressé du manque de ressources humaines en santé, le marché ne peut absorber qu’une quantité limitée de nouveaux entrants. En effet, seul un volet de la population a les moyens �nanciers de recourir au secteur privé commercial (essentiellement la population urbaine), et ce marché potentiel ne peut perme re qu’à un nombre limité d’acteurs de générer suffisamment de revenus pour couvrir leurs coûts. On constate ainsi qu’avec une demande de soins privés commerciaux constante, qui n’augmenterait qu’au rythme de la démographie, il deviendra difficile pour le marché d’absorber les cabinets et cliniques que souhaiteront créer les très nombreux médecins formés entre 2000 et 2010 (voir �gure 4.3). Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 35 Figure 4.3 : Solde entre la capacité d’absorption totale des cabinets/cliniques et le nombre de cabinets/cliniques que peuvent ouvrir les jeunes médecins en installation Taux de capacité d’absorption 150 120 99 100 87 76 65 Cabinets 53 Cliniques 50 41 28 14 15 6 1 0 0 -5 -10 -14 -16 -22 -28 -35 - 50 -41 -48 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Source : DRH Min. Santé ; AMLM ; UTM ; analyses BCG. Note : Capacité d’absorption = ratio entre le CA potentiel des cabinets et cliniques (dépense moyenne par habitant urbain x population urbaine) et le point mort des cabinets (12 M F CFA de CA par an) et cli- niques (80 M F CFA de CA par an). Le nombre de jeunes médecins en installation est calculé à partir de la projection des flux de diplômés en médecine (+3 % à partir de 2013) rejoignant le secteur privé (50 em- bauches fonction publique/an) et s’installant dans des établissements privés (80 %) avec deux médecins/ cabinet et cinq médecins/clinique. À ce stade, les modes de détermination des quantités formées ne tiennent pas compte des capacités d’absorption du marché : ■ Les capacités de formation de la FMPOS (numerus clausus) sont déterminées en fonction des seules capacités d’encadrement (locaux, personnel enseignant) ; ■ Les capacités de formation des TSS/TS sont mal régulées en raison de l’absence de concours/numerus clausus. Amélioration de la qualité et de l’adéquation de la formation aux besoins des profes- sionnels de la santé La qualité générale de la formation initiale souffre : ■ Pour les médecins et pharmaciens, de la saturation des capacités de formation de la FMPOS : environ 1 900 étudiants en 1e année de médecine/pharmacie pour une capacité de 800 ; environ 4 200 étudiants en médecine pour 1 000 lits hospitaliers à Bamako ; ■ Pour les TSS/TS, du développement incontrôlé des écoles de formation privées de faible qualité en raison d’un cadre réglementaire laxiste (absence de critères perme ant de véri�er la réalité des capacités d’encadrement et du sérieux de la formation apportée). 36 Document de travail de la Banque mondiale L’adéquation du contenu de la formation aux nouvelles conditions d’exercice des professionnels de la santé doit être renforcée pour mieux prendre en compte l’exercice dans le secteur privé (compétences de gestion, etc.) et dans les zones rurales (santé pu- blique, etc.). Secteur privé communautaire Une analyse des soins de santé communautaire aboutit à dresser les constats suivants : ■ Le CSCOM moyen souffre non seulement de sa dépendance aux subventions pour couvrir ses coûts en raison de la faible productivité de ses personnels et de sa faible fréquentation mais aussi des faibles capacités de gestion de l’ASACO ; ■ Les CSCOM sont placés dans des situations spéci�ques selon leur bassin de po- pulation et leur taux de contact qu’il convient de prendre en compte ; ■ Le succès des stratégies de médicalisation dépend de l’accompagnement des mé- decins s’installant en CSCOM ; ■ L’écosystème des CSCOM est fragile et les grandes décisions concernant la santé publique doivent tenir compte du principe de recouvrement des coûts sur lequel elles reposent. Portrait moyen d’un CSCOM À partir d’une base de données regroupant les données transmises par chaque CSREF à l’échelon central, le portrait robot d’un CSCOM moyen a été dressé : ■ Personnel : Trois agents à l’ouverture ; ■ Productivité du personnel/an : 500 consultations ; ■ Coûts salariaux unitaires : 800 000 F CFA/an ; ■ Coûts �xes : 1 400 000 F CFA/an ; ■ Coûts variables : 150 F CFA/patient ; ■ Rece es par patient : 1 000 F CFA (hors médicaments) ; ■ Rece es par patient pour la pharmacie : 1 200 F CFA (15 % de marge sur les médi- caments) ; ■ Subventions : un million de F CFA de subventions de fonctionnement – 1,6 mil- lion de F CFA sous forme de deux agents mis à disposition ; ■ Taux de contact : 0,23/personne/an. Ce CSCOM moyen est en dé�cit d’exploitation en raison du poids des coûts sala- riaux (faible productivité des agents) et ce sont les subventions qui lui perme ent d’at- teindre le point mort (voir �gure 4.4). Ce e �gure décrit : ■ À travers les histogrammes, la répartition des CSCOM selon le nombre de consultations curatives effectuées (en lisant l’axe des ordonnées à droite) ; Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 37 Figure 4.4 : Équilibre �nancier d’un CSCOM moyen FCFA Nombre de CSCOM 12 000 000 80 10 000 000 60 8 000 000 montant de la subvention 6 000 000 40 4 000 000 20 2 000 000 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 20 40 60 80 00 20 40 60 80 00 20 40 60 80 00 20 40 60 80 00 20 40 60 80 00 1 1 1 1 1 2 2 2 2 2 3 3 3 3 3 4 4 4 4 4 5 Nombre de consultations curatives/an Coûts assumés par l'ASACO avec subventions Coûts réels sans subvention Revenus Fréquence des CSCOM Source : Fichiers Bilan C 2008 DNS CPS ; entretiens ; analyses BCG. ■ L’évolution des rece es (exprimées en F CFA en lisant l’axe des ordonnées de gauche – courbe hachurée) est fonction du volume d’activités, c’est-à-dire du nombre de patients se rendant au CSCOM, et de la rece e moyenne par patient ; ■ L’évolution des coûts réels (courbe en escalier) est stable dans un premier temps (coûts �xes) mais augmente chaque fois que le volume d’activité entraîne le ra- jout d’un personnel supplémentaire ; les coûts réels (c’est-à-dire sans subven- tions) augmentent plus vite que les revenus en raison de la faible productivité des personnels (une consultation supplémentaire coûte plus cher au CSCOM en salaires qu’elle ne lui rapporte et le point mort n’est jamais a eint) ; ■ L’évolution des coûts assumés par le CSCOM (courbe avec billes), c’est-à-dire les coûts restant à sa charge après subventions ; les personnels étant en partie pris en charge par des subventions dans le modèle, ce e courbe est beaucoup plus plate car il s’agit de coûts �xes et du coût des consommables. Ce e dépendance aux subventions affaiblit les principes sur lesquels repose la santé communautaire. L’apport de subventions est justi�é dans certaines proportions, com- pense les missions de service public qu’assume le CSCOM et fait partie du modèle éco- nomique des CSCOM (arrêté du 21 avril 1994 – art.25-2). Toutefois, lorsque l’équilibre 38 Document de travail de la Banque mondiale �nancier du CSCOM en dépend trop largement, ces subventions soulèvent de nombreux effets négatifs et dénaturent la santé communautaire. Ainsi, le principe de recouvrement des coûts sur lequel repose la santé communautaire est fragilisé par un �nancement pro- venant en majorité de fonds publics. De plus, certains �nancements publics ne sont pas durables à long terme (fonds PPTE). En effet, les subventions sous forme de personnels entravent l’autorité de gestion des ASACO et ont un effet démobilisant pour le personnel et dissuasif vis-à-vis des patients lorsque l’apport de ces personnels n’est pas justi�é par le niveau d’activités. Un doublement de la productivité annuelle des personnels des CSCOM est néces- saire (1 000 consultations/agent) pour stabiliser le montant total de subventions et éviter qu’elles n’augmentent avec le volume d’activités. Des capacités de gestion des ASACO à renforcer Les capacités de gestion des ASACO sont clés dans la mobilisation des différents leviers de restauration de l’équilibre �nancier : ■ Baisse des coûts (grâce à une meilleure productivité du personnel) : motivation et co- hésion accrue du personnel, organisation du travail plus efficace, mutualisation des coûts �xes et de personnel ; ■ Hausse des revenus (grâce à une hausse de la fréquentation) : diffusion d’une culture qualité, passage d’un modèle �xe à une offre de services ambulants, évolution de l’offre de soins et de la tari�cation, rehaussement du plateau technique. Ces capacités de gestion sont structurellement faibles : ■ Les membres des ASACO sont bénévoles et pas nécessairement quali�és ; ■ Les programmes de formation continue/professionnalisation sont peu développés ; ■ Les moyens consacrés par les services déconcentrés de l’État à l’appui/conseil sont limités, et ce e fonction est très axée sur le concept de viabilité à la création et non de pérennité dans l’exploitation ; ■ En l’absence de mécanisme de faillite ou de mise sous tutelle, il n’existe pas de sanction à la mauvaise gestion. Les capacités de gestion des ASACO sont affaiblies de surcroît par la politique de l’offre poursuivie par l’État et les collectivités territoriales (alors même que les CSCOM souffrent d’un dé�cit de demande), consistant à me re du personnel à disposition : ■ Plus d’un personnel sur deux des CSCOM n’est pas embauché par l’ASACO ; ■ L’autorité de gestion des ASACO et du chef de centre est entravée par la multi- plication de ces personnels relevant de différents statuts et de plusieurs lignes hiérarchiques. Situations spéci�ques Cinq catégories de CSCOM peuvent être distinguées pour tenir compte des conditions intrinsèques très variées auxquelles les centres sont soumis (voir �gure 4.5) : Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 39 Figure 4.5 : Typologie des CSCOM selon leur bassin de population et taux de contact Courbe d'équilibre financier sans subvention, Taux de contact productivité 1 500, seuil incompressible 1,0 0,8 1% 16% CSCOMs ruraux excédentaires CSCOM urbains 0,6 excédentaires CSCOM sous-critiques 0,4 36% CSCOM ruraux déficitaires CSCOM urbains 0,2 déficitaires 16% 31% 0,0 0 10 000 5 000 Bassin de population Source : Fichiers Bilan C DNS CPS ; entretiens ; analyses BCG. ■ En fonction de leur pérennité �nancière (parviennent-ils à a eindre le point mort, c’est-à-dire le volume d’activité minimum pour couvrir leurs coûts sans subven- tions et avec une productivité de 1 500 contacts/agent/an ?) ; ■ En fonction de leur bassin de population (seuil de viabilité à 5 000 habitants ; seuil distinguant les zones urbaines et rurales à 10 000 habitants). Chacune de ces catégories de CSCOM fait face à des problématiques spéci�ques, ap- pelant des réponses adaptées, notamment en termes de pro�l des subventions apportées : ■ CSCOM dont la population est trop faible (16 % du total) : la population de l’aire est structurellement insuffisante pour générer les revenus nécessaires. Créés sans réunir les critères de viabilité, ces CSCOM doivent adapter leur modèle écono- mique à la faible densité de l’aire et au facteur bloquant de la distance. Sous-cri- tiqués, ils ont vocation à rester sous subventions importantes ; ■ CSCOM ruraux dé�citaires sans subventions (36 % du total) : réunissant les critères de viabilité, faiblement concurrencés par des structures modernes, ces CSCOM qui constituent la majeure partie des effectifs peuvent réduire de manière signi�- cative leur dépendance aux subventions. À conditions comparables, des CSCOM similaires mais plus performants sont parvenus à consolider leurs résultats. Les subventions versées à ces CSCOM ont vocation à diminuer au fur et à mesure et doivent être allouées à des mesures d’amélioration de la qualité des soins ; 40 Document de travail de la Banque mondiale ■ CSCOM urbains dé�citaires sans subventions (31 % du total) : placés dans des si- tuations qui pourraient leur perme re d’être autonomes �nancièrement, ces CSCOM ne parviennent pas à capter une part de marché suffisante. Fortement concurrencés, ces CSCOM doivent adapter leur offre à la concurrence et aux habitudes de consommation. Les subventions accordées à ces CSCOM doivent perme re d’investir pour rehausser le plateau technique ; ■ CSCOM urbains à l’équilibre sans subventions (16 % du total) : ayant un niveau d’activité et une productivité qui leur perme ent d’être proches de la rentabilité, voire autonomes �nancièrement, ils doivent continuer de s’adapter à la concur- rence et devenir des centres d’excellence pour les autres CSCOM. Des subven- tions d’investissement peuvent se justi�er par le maintien du niveau d’équipe- ment ; ■ CSCOM ruraux à l’équilibre sans subventions (1 % du total) : ils doivent maintenir leur situation mais n’ont pas les moyens d’appuyer signi�cativement les autres CSCOM. Des subventions à l’entretien de l’équipement perme ent de conserver la qualité des prestations. Médicalisation des CSCOM La médicalisation des CSCOM permet de renforcer les capacités de gestion de l’ASACO/ CSCOM et d’augmenter le taux de contact et les rece es. À prix unitaire constant : ■ Le rapport coût/qualité des soins s’améliore avec la médicalisation ; ■ Un médecin peut réaliser des prestations génératrices de revenus (petite chirur- gie, etc.) ; ■ La présence d’un médecin contribue à rehausser le plateau technique et permet d’offrir des prestations plus complètes ; ■ La médicalisation peut renforcer la notoriété d’un CSCOM au-delà de son aire de santé. L’absence de relation statistique univoque constatée entre la présence d’un médecin et la fréquentation tient au fait que plusieurs conditions doivent être réunies pour que l’insertion du médecin au sein de l’ASACO/CSCOM se déroule correctement : ■ Préparation des médecins à l’exercice en milieu rural ; ■ Conditions �nancières et perspectives professionnelles a ractives ; ■ Qualité des relations avec l’ASACO ; ■ Accompagnement et « socialisation » du médecin de campagne. Conciliation du principe de recouvrement des coûts avec les programmes de santé publique L’écosystème d’un CSCOM est fragile et plusieurs conditions doivent être respectées pour ne pas porter indirectement a einte à sa pérennité �nancière : ■ S’assurer de la compensation du manque à gagner lié à l’octroi de la gratuité pour certains soins et produits ; ■ Concilier la centralité du CSCOM dans le réseau de soins et les programmes verticaux de lu e contre les maladies/pandémies ; Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 41 ■ Préserver la compatibilité des activités (payantes) du CSCOM et des structures associatives/confessionnelles au sein de l’aire de soins. Couverture maladie Au rythme actuel de progression de la couverture mutualiste, environ 5 % de la popula- tion seraient couverts en 2015 (voir �gure 4.6). Avec une progression linéaire aussi lente, un passage à l’échelle est donc nécessaire : ■ Les obstacles à ce passage à l’échelle sont bien identi�és ; ■ Il doit passer par une phase préalable d’expérimentation dans une ou deux ré- gions pilotes ; ■ Une des options de passage à l’échelle consiste à créer 100 mutuelles par an pour répondre aux besoins de la population rurale à un coût abordable (300 F CFA/ mois) ; ■ L’impact d’un tel déploiement des mutuelles serait très signi�catif pour le sys- tème des soins de santé (hausse du taux de contact et du volume d’activités des CSCOM) ; ■ Financièrement, un développement rapide de la couverture mutualiste entraîne aux différentes phases du déploiement des besoins d’ajustement que des me- sures modestes perme ent de contenir. Figure 4.6 : Au rythme actuel, le taux de couverture maladie n’atteindra pas 5 % en 2015 % de couverture Nombre de bénéficiaires en milliers 5 800 4,47% TCAM 3,96% 4 13% 3,50% 600 3,10% 3 2,74% 2,43% 400 2,15% 1,90% 701 2 1,70% 602 1,30% 1,30% 517 445 382 200 1 328 282 210 242 151 156 0 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 Bénéficiaires Taux de couverture Source : DNSI ; Ministère du Développement social, « La politique de protection sociale en matière de couverture maladie : état de mise en œuvre », 2009. Note : Hypothèses – TCAM nombre de béné�ciaires de 13 % calculé à partir du TCAM constaté entre 2005 et 2008 pour les mutuelles existantes – TCAM de la population de 3 %. 42 Document de travail de la Banque mondiale Des obstacles au développement de la couverture maladie bien identi�és On dénombre cinq grands obstacles au développement de la couverture maladie : ■ Mobilisation sociale : difficultés à convaincre les populations de la pertinence d’une démarche de prévoyance ; ■ Capacité contributive et base des cotisants : base d’adhérents souhaitable pour at- teindre l’équilibre estimée à ~3 000 béné�ciaires, cotisations à mobiliser en pra- tique en zone rurale d’environ 3 000 F CFA par béné�ciaire et périodes de sou- dure pour les populations rurales dont les revenus sont saisonniers ; ■ Modèle commercial : existence d’une période d’essai de trois mois pendant laquelle le paiement des primes n’ouvre pas droit aux prestations et absence d’incitations commerciales à adhérer au système ; ■ Qualité et comportement des fournisseurs de soins : faiblesse de certains CSCOM, surfacturations pratiquées sur les mutualistes ; ■ Fonctionnement et gestion : frais de gestion au-delà de l’équilibre technique et mo- tivation et formation des agents des mutuelles. Le passage à l’échelle requiert au préalable une phase d’expérimentation Un passage à l’échelle immédiat, sans phase d’expérimentation, se heurte à deux grands obstacles : 1) Le mouvement mutualiste malien est trop faible aujourd’hui pour consti- tuer une base de départ suffisante : expérience insuffisante des autorités administratives et de l’UTM pour gérer un système beaucoup plus étendu, faible préparation des four- nisseurs de soins et sensibilisation incomplète de la population ; et 2) Les modalités d’un passage à l’échelle immédiat dans le contexte malien ne sont pas suffisamment dé�nies et le corpus de bonnes pratiques encore trop peu étayé pour soutenir un changement d’échelle immédiat : Les modèles du Ghana et du Rwanda ne sont pas transposables en tant que tels, même s’ils offrent une démonstration des impacts positifs d’un passage à l’échelle18. Les paramètres d’un modèle de déploiement reposent sur la création de nombreuses mutuelles adaptées à la population rurale. Pour mieux apprécier les conditions de succès d’un passage à l’échelle, un modèle de mutuelle a été construit : ■ Une cotisation par béné�ciaire comparable à celle des mutuelles rurales exis- tantes : 300 F CFA ; ■ Des taux de prise en charge a ractifs : 99 % pour les CSCOM, 75 % pour les CS- REF, l’hospitalisation et la pharmacie. Un schéma de déploiement de ce modèle de mutuelle sur l’ensemble du terri- toire a ensuite été élaboré pour passer d’une analyse micro-économique à une analyse macro-économique : ■ Sept ans pour créer une mutuelle dans chaque commune du Mali : le choix de ce e échelle de mobilisation sociale répond à la nécessité de s’appuyer sur un espace de solidarité naturelle des populations aussi large que possible ; ■ Un taux de pénétration important grâce à un schéma d’adhésion obligatoire qui ne perme ra pas d’obtenir un taux de pénétration proche de 100 %, mais un meilleur taux que dans un modèle à adhésion volontaire (voir �gure 4.7). Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 43 Figure 4.7 : Croissance du taux de couverture à l’échelle nationale Taux de couverture (%) 100 En ajoutant les populations prises en charge par AMO et RAMED, 58% de la population dispose d'une couverture Mutuelles 80 AMO RAMED 60 58% 63% 65% 67% 67% 67% 67% 67% 60% 55% 46% 40 37% 28% 20% 13% 7% 20 2% 16% 5% 0 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 Source : Analyses BCG. Note : Hypothèses : Scénario obligatoire - taux de couverture AMO et RAMED constant. Un impact potentiel très important sur le système des soins de santé L’impact systémique du déploiement des mutuelles a été mesuré en me ant l’accent sur les béné�ces a endus pour les CSCOM (voir �gure 4.8) : Figure 4.8 : Impact du taux de contact sur le chiffre d’affaires CSCOM scénario volontaire vs. scénario obligatoire vs. scénario constant Mds F FCA 40 CA dans le scénario constant CA dans le scénario volontaire CA dans le scénario obligatoire 30 30 28 29 27 28 26 26 24 25 23 22 21 21 20 18 17 14 14 12 11 10 8 9 7 7 5 6 6 5 5 5 6 6 6 44 4 5 4 4 4 4 5 3 33 3 4 4 3 0 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 Source : Analyses BCG. Note : Hypothèses : Calcul pour les deux scénarios de la hausse du taux de contact moyen par rapport au taux de contact moyen dans un scénario constant (TCAM du taux de contact dans les CSCOM de 2 %) - rece e moyenne par patient dans un CSCOM = 1 000 F CFA (hors médicament). 44 Document de travail de la Banque mondiale ■ 37 % de la population couverte en 2015 (à ajouter aux 25 % couverts par RAMED et AMO) ; ■ Un taux de contact moyen doublé par rapport à un scénario constant (0,29 → 0,57/ personne/an) avec pour les béné�ciaires un taux de contact supérieur à 1 ; ■ Une hausse du CA des CSCOM de 80 % à 110 % en 2015. Un impact �nancier qui peut être contrôlé par des mesures simples d’ajustement La pérennité �nancière des mutuelles a été mesurée aux différentes phases de leur développement : ■ Un équilibre technique (= cotisations – remboursements) maintenu pendant en- viron dix ans sans ajustement du schéma initial ; ■ Les coûts de gestion grèvent l’équilibre �nancier total dès le démarrage mais des ajustements mineurs (hausse annuelle de la cotisation mensuelle de 20 F CFA) perme ent de rendre le système excédentaire (voir �gure 4.9). Figure 4.9 : Résultat global pour un modèle obligatoire à cotisation constante vs. un modèle obligatoire à cotisation croissante (hausse annuelle de 20 F CFA de cotisation mensuelle) Mds F CFA 8 8 8 6 4 5 5 4 4 4 4 2 1 0 -1 -1 -1 -1 -0 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -4 -7 -12 -20 -20 résultat global avec cotisation croissantec -29 résultat global en conservant cotisation fixe -37 -40 -44 -49 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 Source : Analyses BCG. Note : Équilibre global = revenus totaux - coûts totaux (englobe l’équilibre technique et les coûts de ges- tion) ; Hypothèses clés : hausse de la cotisation mensuelle de 20 F CFA chaque année pour le modèle à cotisation croissante, cotisation constante de 300 F CFA/mois sinon. Médicament La �lière du médicament se caractérise par : ■ Une répartition inégale des officines sur le territoire qui limite la capacité d’ab- sorption du marché ; ■ Des besoins en �nancement couverts en partie par les partenaires des officines ; ■ Des besoins en formation à l’installation auxquels répond insuffisamment la for- mation initiale. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 45 Une répartition géographique et des capacités d’absorption inégales La répartition actuelle des officines et l’application des règles de zonage a abouti à la constitution de listes d’a ente dans l’ensemble des régions du Mali. Ce e situation est amenée à perdurer à moyen terme. En projetant le nombre de pharmaciens diplômés (hypothèse d’un taux de croissance annuelle moyen de 3 % du nombre de personnes diplômées entre 2013 et 2020), on constate que les listes d’a ente ne commenceront à se résorber qu’à partir de 2014 (voir �gure 4.10). Figure 4.10 : Projection du nombre d’of�cines pouvant ouvrir en vertu du zonage et du flux des pharmaciens demandant une licence 2 000 1 620 1 527 1 573 1 440 1 483 1 500 1 357 1 398 1 279 1 317 1 206 1 242 1 171 1 000 757 780 803 693 714 735 634 653 673 580 598 616 Résorption des listes d'attente 500 610 627 645 649 656 668 649 634 615 596 574 547 0 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Nombre potentiel de licences d’officines en zones rurales Nombre potentiel de licences d’officines en zones urbaine Nombre d’officines pouvant ouvrir (1.33 pharmacien par officine) Source : CDRH ; FMPOS ; CNOP ; analyses BCG. Note : Hypothèses : croissance annuelle du nombre de pharmaciens diplômés de 3 % à partir de 2013 ; 90 % des pharmaciens du secteur privé sont pharmaciens d’officine ; TCAM du nombre de pharmaciens de la fonction publique 1 %. À court terme, c’est donc l’expansion des officines dans les petites villes qui est le relais de croissance de la �lière : ■ Pour les jeunes pharmaciens d’officine, l’installation en dehors des grandes villes constitue le meilleur remède au manque de débouchés actuel. Les autres pistes envisageables (développement de la �lière des laboratoires d’analyse, etc.) ne peuvent suffire à résorber les listes d’a ente actuelles ; ■ L’instauration d’un statut des pharmaciens assistants est nécessaire (projet de texte en cours de préparation) mais ne peut suffire à résoudre à long terme la question de l’emploi pour la plupart des jeunes pharmaciens ; ■ Pour les grossistes, l’augmentation des volumes passe à court terme par l’expan- sion du réseau de détaillants. Or, ce e expansion du maillage des officines a un impact sur la rentabilité moyenne des officines s’installant dans les zones moins peuplées : ■ En termes de revenus : le pouvoir d’achat dans les petites villes étant moindre, la part des génériques dans leur chiffre d’affaires est supérieure à la moyenne 46 Document de travail de la Banque mondiale (50 % contre 30 % en moyenne nationale) et, pour préserver le flux de revenus, il importe à la fois de compenser par le volume l’effet prix négatif du mélange gé- nériques/spécialités et d’assurer qu’il existe des médecins privés a�n de garantir un certain volume de spécialités (prescripteur) ; ■ En termes de coûts : les coûts salariaux des vendeurs sont moindres. Les taxes sont en général inférieures en raison des faibles valeurs locatives. Le coût des loyers est moindre mais se trouve compensé par les frais de mise aux normes des locaux ; ■ Le coût d’approvisionnement est plus élevé. Des besoins de �nancement à l’installation partiellement couverts Les pharmaciens disposent de deux types de mécanismes d’accompagnement pour �- nancer leur installation (besoins estimés en moyenne à cinq millions de F CFA). Les deux principaux grossistes, Laborex et Copharma, �nancent dans le cadre d’un accord com- mercial l’installation de certains pharmaciens d’officine en leur apportant notamment un stock initial de médicament. Les pharmaciens ont négocié un partenariat spéci�que avec la banque Atlantique pour accéder à des crédits moins coûteux. Les officines, après la phase d’installation, expriment parfois des difficultés de �nancement liées à la détérioration de leur stock de médicaments et à des besoins de fonds de roulement. Les établissements bancaires et les institutions de micro�nance couvrent en partie ces besoins. Des besoins de formation au moment de l’installation mal couverts Les pharmaciens d’officine au moment de l’installation dans des structures commer- ciales, c’est-à-dire dans les deux premières années, ont besoin d’un certain nombre de compétences que l’enseignement de la FMPOS ne leur a pas permis d’acquérir : création d’entreprise, recherche de �nancement, comptabilité, �scalité, gestion des ressources hu- maines, système d’information, etc. Parcours de soins L’enquête d’opinion effectuée tempère le constat généralement effectué sur le rôle des tradi-praticiens dans le parcours de soins des Maliens. Celui-ci apparaît en effet (même si un effet de sous-déclaration des personnes interrogées a pu jouer) faible : 3 % au mo- ment du 1er recours, 13 % pour le 2e recours. Ces chiffres peuvent surprendre et vont à l’encontre de l’idée selon laquelle les tradi-praticiens sont consultés très fréquemment au début du parcours de soins, avant de recourir à la médecine conventionnelle. Le recours aux tradi-praticiens est relativement inélastique aux revenus jusqu’à deux millions de F CFA/an mais diminue très fortement au-delà. S’agissant du recours aux CSCOM, son poids au moment du 1er recours (58 % en moyenne, 81 % en zone rurale) con�rme son rôle de pilier de la pyramide sanitaire et l’importance essentielle qu’il revêt pour les populations rurales à défaut d’alternative dans le champ de la médecine conventionnelle. Concernant les autres fournisseurs de soins : ■ Le CSREF représente en moyenne 8 % des structures consultées en 1er recours (3 % en zone rurale), 19 % en 2e recours ; ■ L’hôpital représente en moyenne 17 % des structures consultées en 1er recours (4 % en zone rurale), 23 % en 2e recours, 44 % en 3e recours ; Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 47 ■ Le cabinet de soins représente en moyenne 3 % des structures consultées en 1er recours (0,5 % en zone rurale), 5 % en 2e recours, 17 % en 3e recours ; ■ La clinique représente en moyenne 7 % des structures consultées en 1er recours (5 % en zone rurale), 17 % en 2e recours, 33 % en 3e recours. L’analyse de la perception des patients concernant les différents prestataires19 met en évidence : ■ Que le tradi-praticien et le CSCOM se caractérisent aux yeux des patients par une distance et un prix appropriés ; ■ Que la clinique et le cabinet médical et, dans une moindre mesure, l’hôpital, sont perçus comme offrant la meilleure qualité de service (propreté, équipement, compétences et éthique du personnel) ; ■ Que le CSREF se situe à mi-chemin de ces deux grands pôles de perception. Gouvernance La gouvernance actuelle du système des soins de santé reflète la nature des relations entre l’administration et le secteur privé : ■ Faible association du secteur privé à la dé�nition des politiques de santé dans la mesure où celles-ci reposent essentiellement sur la contribution des activités des structures publiques (et, dans une moindre mesure, des structures de santé communautaire) ; ■ Faible association du secteur privé à la dé�nition de l’environnement réglemen- taire dans lequel il évolue dans la mesure où l’État intervient essentiellement vis-à-vis des opérateurs privés dans son rôle de puissance publique (édiction de la réglementation et contrôle de son application, perception des prélèvements obligatoires, etc.). Ce mode de gouvernance ne permet pas de lever les incompréhensions qui existent entre les secteurs privé et public, accumulées depuis la libéralisation en 1985, et alimente de ce fait les griefs et la mé�ance. Ce climat est un obstacle majeur au développement de relations partenariales entre le secteur privé et le secteur public. Il conduit aujourd’hui à craindre certains comporte- ments de défection, dont les premiers signes apparaissent comme la réponse de certains acteurs privés aux difficultés qu’ils éprouvent à se faire entendre : ■ Glissement vers le secteur informel de certains professionnels de la santé ; ■ Réflexions en cours au sein des écoles privées autour de la délivrance de leurs propres diplômes ; ■ Départ à l’étranger de certains médecins. Au-delà de l’amélioration du climat de con�ance qui en résultera, un changement des modes de gouvernance est indispensable pour que : ■ Le secteur privé comprenne davantage les objectifs et moyens de la politique de santé publique et y contribue davantage ; ■ L’État complète son rôle d’opérateur historique de la fourniture de soins/médi- caments par un rôle d’accompagnement et de pilotage du secteur privé. 48 Document de travail de la Banque mondiale 5. Pistes envisagées pour améliorer la contribution du secteur privé aux objectifs de santé publique, moyens mobilisés et résultats escomptés P armi les pistes d’amélioration identi�ées, le renforcement de la santé communau- taire et rurale et le développement des mutuelles apparaissent comme les domaines où une évolution de la politique actuelle est la plus souhaitable. Les enjeux systémiques sont en effet considérables, et le degré de priorité aujourd’hui accordé à ces dimensions du système des soins de santé, tant par les pouvoirs publics que par les partenaires tech- niques et �nanciers, est probablement insuffisant. Les modèles construits par le Boston Consulting Group démontrent que l’absence de demande solvable constitue le principal obstacle au développement de la base de la pyramide sanitaire, les CSCOM, et que ce e demande peut être rendue solvable grâce au développement de mécanismes de mutualisation des risques. Même si de telles poli- tiques, très ambitieuses, exigent un effort important et durable de la part des autorités et des bailleurs, le système de soins primaires ne peut être renforcé sans porter une a en- tion accrue, et un regard nouveau, sur les mutuelles et sur les acteurs de la santé rurale et communautaire. Le Mali a déjà fait dans ce domaine preuve d’innovation, mais ces expériences doivent être soutenues et portées à l’échelle. En effet, les politiques actuelles se concentrent essentiellement sur le renforcement de l’offre, qui est sans contestation possible nécessaire, mais insuffisant dans un contexte de très grande pauvreté. Ce e politique aboutit de surcroît, dans le cas des CSCOM, à affaiblir les capacités de gestion de ces organismes privés à but non lucratif, au risque d’entraver leurs efforts pour adapter l’offre de soins au contexte local, motiver les per- sonnels et mobiliser les populations. De la même façon, les autres composantes de la santé rurale ne reçoivent pas un soutien suffisant malgré l’existence d’initiatives nova- trices de la société civile. Note sur les leviers proposés Les pistes esquissées dans ce e question sont le fruit : ■ Des analyses primaires réalisées par BCG (modélisation, enquêtes d’opinion, etc.) ; ■ Des entretiens conduits avec les différentes parties prenantes ; ■ Des discussions qui se sont déroulées lors des deux premiers séminaires. Certains de ces leviers, comme indiqué à la section 4.4 ci-dessus, doivent encore être approfondis et ne font pas l’objet d’un consensus suffisant pour être mis en œuvre à ce stade. Les autres leviers présentés ont été validés par le ministre de la Santé lors du séminaire du 15 mars 2010. Renforcement du partenariat et du dialogue entre les secteurs public et privé A�n de restaurer la con�ance entre les secteurs public et privé et d’ouvrir la voie à une approche partenariale entre les acteurs, il est nécessaire : ■ De créer une enceinte de dialogue et d’échange entre les secteurs privé et public ; Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 49 ■ D’associer le secteur privé à la dé�nition des grandes orientations de la poli- tique en matière de santé et aux programmes d’a einte des objectifs de santé publique ; ■ De faire participer le secteur privé à la conception et l’actualisation des textes normatifs encadrant son activité ; ■ D’inciter le secteur privé à se structurer. Pour ce faire, les leviers d’amélioration suivants ont été identi�és : ■ Création d’un comité de dialogue et de concertation public/privé ; ■ Création d’une structure transitoire pré�gurant le comité de dialogue ; ■ Meilleure intégration dans le PRODESS du secteur privé commercial ; ■ Création d’une structure représentant l’ensemble du secteur privé ; Dé�nition d’une politique nationale de renforcement du partenariat public/privé et mise en place de partenariats public/privé : ■ Renforcement de la DESR (DNS) et création d’une section dédiée au PPP ; ■ Création de conventions modèles ; ■ Partage des équipements et spécialités sur un territoire donné ; ■ Participation aux activités de formation ; ■ Participation aux examens/activités de laboratoire ; ■ Participation aux activités de vaccination. Note : la seule intégration des composantes commerciales du secteur privé dans le PRODESS, pour nécessaire qu’elle soit, n’est pas suffisante. En effet, même si ce e évolution permet d’associer de manière plus active le secteur privé à la dé�nition des grandes orientations de la politique de santé et d’inciter le secteur privé à se structurer a�n de s’intégrer aux organes en place, le PRODESS ne permet pas d’aborder toutes les problématiques structurant le dialogue entre les secteurs privé et public : ■ Les organes de suivi du PRODESS n’ont pas de compétence universelle et ne peuvent traiter que les questions relevant du PRODESS. Certaines questions, en particulier sur la révision des textes normatifs encadrant les différentes �lières (soins, médicaments et formation), et l’application quotidienne de la réglementa- tion en vigueur, n’entrent pas dans le champ du PRODESS ; ■ Une structure complémentaire est donc nécessaire pour réaliser tous les objectifs poursuivis. Ce e structure pourra instruire des dossiers de manière autonome et sera articulée de manière étroite avec les organes du PRODESS. Création d’un comité de dialogue et de concertation public/privé et d’une structure transitoire Le comité de dialogue et de concertation entre les secteurs public et privé a pour voca- tion d’offrir une enceinte de dialogue aux secteurs privé et public dans un cadre institu- tionnel qui perme e à ces échanges de se dérouler de façon continue et de s’inscrire dans la durée. Son rôle, qui doit encore être arrêté de façon précise, pourrait être le suivant : ■ Donner un avis (facultatif ou obligatoire selon la matière abordée) sur les textes normatifs affectant le secteur privé de la santé ; 50 Document de travail de la Banque mondiale ■ Contribuer à l’enrichissement des textes et documents stratégiques relatifs à la santé publique ; ■ Être force de proposition et de recommandation ; ■ Piloter l’application et faire évoluer le plan d’action commun public/privé éla- boré suite à l’étude sur le secteur privé de la santé au Mali. À ce e �n, le comité pourrait décider la création de commissions spéci�ques a�n d’analyser de manière approfondie certains sujets et de formuler des recommandations. Pour en garantir le bon fonctionnement, ce e instance de concertation doit répondre à deux contraintes que les propositions suivantes visent à dépasser : ■ Composition : le comité pourrait être composé de 12 à 14 membres, à parité entre des représentants du secteur privé (reflétant toutes les composantes du secteur privé : commerciale, communautaire, traditionnelle, associative et confession- nelle) et du secteur public (ministères de la Santé, du Développement social, de l’Enseignement supérieur, des Finances, etc.) ; ■ Présidence : a�n d’en assurer l’équilibre et de créer un climat de con�ance, la présidence de ce e institution pourrait être partagée entre les secteurs privé et public. Deux facteurs clés de succès ont été identi�és : ■ La mise en place d’une structuration forte des différentes composantes du sec- teur privé, effort dont les premières étapes ont été franchies ; ■ Le bon interfaçage du comité avec les autres structures de concertation et de pi- lotage du ministère de la Santé, en particulier les organes de suivi du PRODESS. A�n de ne pas différer la constitution du comité en a endant que le secteur privé poursuivre les efforts de structuration engagés depuis le début de 2010, il a été décidé de créer une structure transitoire pré�gurant le comité de dialogue. Meilleure intégration dans le PRODESS du secteur privé, en particulier lucratif Les organes de suivi du PRODESS au niveau national (comité de suivi et comité tech- nique) doivent ouvrir leurs rangs à des représentants du secteur privé pour mieux as- socier ces derniers à la détermination et au suivi de la politique de santé. Alors que le secteur privé associatif y est déjà associé à travers le GP/SP, et le secteur privé commu- nautaire à travers la FENASCOM, ce e association doit s’étendre aux autres compo- santes du secteur privé : ■ Commercial : (à déterminer, une possibilité consisterait à offrir un siège aux re- présentants des trois �lières – soins, médicament, formation) ; ■ Traditionnel : FEMATH. La relecture en cours du décret n° 01-115/PM-RM du 27 février 2001 portant création des organes d’orientation, de coordination et d’évaluation du Programme de développe- ment sanitaire et social offre l’occasion d’amender les dispositions déterminant la com- position du comité de suivi et du comité technique. Renforcement de la structuration du secteur privé La création du comité de dialogue et de concertation public/privé perme ra au secteur privé de faire émerger ses représentants (en particulier pour le secteur commercial). Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 51 Dans le cadre de l’effort de regroupement qui a été engagé, la création d’une structure transitoire constituera une incitation supplémentaire pour le secteur privé à désigner des représentants intérimaires et à rationaliser sa structuration actuelle. Au-delà du nombre et de la représentativité des porte-parole du secteur privé, il est également indispensable de renforcer la capacité de ces associations / fédérations à jouer efficacement leur rôle : ■ De relais des préoccupations exprimées par leurs membres ; ■ De diffusion de l’information auprès de ces derniers. Renforcement des moyens matériels et de communication Au delà du nombre et de la présence en leur sein de porte-paroles du secteur privé, les capacités de ces associations/fédérations doivent être renforcées de sorte qu’ils agissent comme les courroies de transmission des préoccupations de leurs membres et comme les agents de diffusion de l’information à leurs membres. Ce renforcement passe notam- ment par une amélioration des moyens de communication (le re de diffusion électro- nique, journal interne, etc.). Le même constat s’applique aux ordres professionnels. Alors que le recouvrement des cotisations est difficile, il est recommandé d’apporter des sub- ventions aux organismes qui seront désignés pour représenter le secteur privé au sein des organes du PRODESS et du comité de dialogue et de concertation pour les appuyer dans l’accomplissement de leur rôle de structuration. Mise en place de partenariats public/privé autour de la participation du secteur privé aux missions de service public (soins, prévention, formation) La dé�nition d’une politique nationale de renforcement du partenariat public/privé est recommandée a�n d’offrir un cadre cohérent aux différentes actions engagées en vue de mieux associer les différentes composantes étatiques et non étatiques du système des soins de santé. La dé�nition d’une telle politique appelle naturellement à une association étroite de l’État et du secteur privé, par le biais du comité de dialogue et de concertation. La création d’un cadre facilitant le développement des mécanismes de PPP passe également par un renforcement de l’unité de la direction nationale de la santé chargée de ces questions, la DESR. Ce e structure est la mieux à même de proposer, en association avec le secteur privé, des modèles de convention PPP. En tout état de cause, le développement de PPP complexes sur un nombre croissant d’activités de santé passera par un renforcement à plus long terme des capacités des structures publiques à piloter des contrats complexes, ce qui semble à plus court terme difficilement envisageable sans un soutien étroit et au-delà de quelques projets pilotes bien dé�nis. Une option pragmatique pour le développement des PPP consisterait à introduire dans les subventions apportées aux CSCOM (qui peuvent être analysés comme des en- tités privées chargées dans le cadre d’un PPP de délivrer le PMA sur une aire de soins donnée) une dimension de rémunération basée sur la performance, à condition bien entendu de tenir compte au préalable de l’environnement dans lequel évolue ce CSCOM et d’avoir renforcé, ou à tout le moins de ne pas avoir affaibli, les capacités de gestion du cocontractant, c’est-à-dire de l’ASACO. Les établissements privés souhaitant participer à des missions de service public, notamment au service public hospitalier, doivent y être autorisés par convention avec 52 Document de travail de la Banque mondiale les structures publiques a�n de �xer les modalités de ce e contribution et d’assurer le respect des critères de qualité. Quatre domaines de partenariat public/privé ont été identi�és : ■ Autoriser par convention les cliniques privées à accueillir des stagiaires de la FMPOS pour perme re d’augmenter les capacités de formation pratique au- jourd’hui insuffisantes ; ■ Autoriser les médecins privés à diriger des thèses (dans les mêmes conditions �nancières que les médecins publics) ; ■ Créer au niveau local (aire de santé ou région) un schéma de partage des équi- pements et spécialités disponibles pour éviter de référer les malades à l’échelon supérieur de la pyramide sanitaire lorsque le plateau technique est disponible à proximité ; ■ Associer par convention les établissements privés respectant les critères posés (chaîne du froid, formation du personnel) aux activités de routine et aux cam- pagnes nationales de vaccination. Les établissements privés ne présentant pas un volume d’activités suffisant pour participer pourront, sous un tel régime contractuel, se regrouper. La relecture en cours de la loi hospitalière offre un véhicule législatif pour encadrer de telles conventions de participation à une mission de service public. Création/révision des textes normatifs Il convient de tenir compte dans toutes les modi�cations des textes, des directives de l’UEMOA, de l’OOAS, de la CEDEAO et de l’OMS. S’agissant des textes en vigueur, il faut distinguer ceux qui gagneraient à être actua- lisés, assouplis ou durcis, et ceux dont les dispositions sont adaptées mais qui souffrent d’une application incomplète. Il est également nécessaire, sans s’arrêter à l’analyse de la stricte adaptation théorique du dispositif de ces textes à la situation, de tenir compte de la façon dont ils sont perçus par les acteurs, perception qui peut être entachée de par- tialité ou faussée par une connaissance insuffisamment précise des textes mais qui n’en demeure pas moins essentielle dans la mesure où elle détermine la con�ance des acteurs dans le système, et ipso facto leurs comportements. Il est proposé de modi�er les éléments de la réglementation qui ne perme ent pas de réguler efficacement les différentes �lières (soins, médicament, formation) : ■ Conditions d’octroi des autorisations d’ouverture des écoles privées de soins de santé qui ne perme ent pas de s’assurer de la réalité des capacités d’encadre- ment et de la qualité de l’enseignement ; ■ Conditions d’octroi des licences des grossistes qui, à l’heure actuelle, perme ent à plus de la moitié d’entre eux d’opérer sans aucune activité connue des services de l’État ; ■ Distribution de diplômes dans le domaine de la santé qui n’est pas un monopole de l’État, au risque de créer plusieurs marchés des professionnels de la santé ; ■ Absence de règle de zonage pour les médecins, dont 70 % se concentrent à Ba- mako (réflexion à engager). Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 53 Encadré 5.1 : Conditions posées à l’obtention d’une licence de grossiste (Arrêté n° 91-4318/Mspas-Pf-cab) Conditions posées à l’obtention d’une licence de grossiste (Arrêté n° 91-4318/Mspas-Pf-cab) : Article 18 : Le stock de médicaments disponibles dans les établissements d’importation ou de vente en gros de produits pharmaceutiques et de leur(s) succursale(s) doit être suf�sant pour assurer l’approvisionnement de la consommation mensuelle des of�cines du secteur qu’ils desservent. En outre, le stock des médicaments doit correspondre, en nature, à une gamme de produits comportant - au moins les deux tiers du nombre de présentations — des produits ayant obtenu le visa ou l’autorisation de mise sur le marché au Mali. Article 19 : Tous les établissements d’importation ou de vente en gros de produits phar- maceutiques ou leur(s) succursale(s) doivent être en mesure d’assurer la livraison de toute spécialité faisant partie de cette gamme à toute of�cine entrant dans leur clientèle habituelle dans les 72 heures suivant la réception de la commande. Il est aussi recommandé d’engager une réflexion sur certains aspects perçus comme trop restrictifs et freinant le développement du secteur privé et sa contribution à la santé publique. Sur tous ces chantiers, il est important de prévoir une procédure et un calen- drier qui perme ent de crédibiliser la démarche et d’obtenir des résultats rapides. Réflexion sur l’assouplissement de la catégorisation des établissements sanitaires privés Une réflexion sur la réglementation entourant la catégorisation des établissements sani- taires privés doit être engagée pour étudier l’opportunité d’assouplir la typologie entre établissements de soins/hospitaliers et d’autoriser les cabinets à pratiquer des accou- chements ou à placer leurs patients en observation. Une option consisterait à créer une catégorie intermédiaire pour autoriser ces actes sans exiger la constitution de capacités hôtelières complètes. Durcissement des conditions d’octroi de licences pour les grossistes Des critères doivent être établis pour véri�er la réalité de l’activité des grossistes deman- dant une licence. Les critères actuels étant mal adaptés, y compris pour les grossistes actuels ayant une activité réelle, il est proposé de �xer un seuil minimum de chiffre d’af- faires pour conserver le béné�ce de la licence après la phase d’installation. Durcissement des conditions d’octroi de licences pour les écoles de formation La tutelle des établissements de formation en soins de santé doit être transférée ou par- tagée avec le ministère de la Santé. Des conditions doivent être posées à l’ouverture d’une école de soins de santé (qui ne doit pas relever d’un régime d’autorisation tacite à expiration d’un délai �xe) pour s’assurer du sérieux pédagogique des promoteurs et des capacités d’encadrement : ■ Présence d’un professionnel de la santé parmi les promoteurs ; ■ Obtention de la part d’une structure de santé d’un accord pour y former des stagiaires ; ■ Obtention de la participation de spécialistes pour certaines formations, etc. 54 Document de travail de la Banque mondiale Les écoles actuelles doivent béné�cier d’un délai de mise en conformité avant retrait de leur licence et fermeture administrative. La question de la carte scolaire et du zonage des établissements d’enseignement �gure par ailleurs parmi les points devant faire l’ob- jet d’une réflexion approfondie. Affirmation du monopole de l’État sur la distribution des diplômes dans le domaine de la santé A�n de préserver la possibilité pour l’État de réguler la �lière de formation, il convient de revenir sur l’article 17 de la loi 94-032 et d’affirmer le monopole de l’État dans la distri- bution des diplômes dans le domaine de la santé. L’article stipule que les établissements d’enseignement privé délivrent des diplômes reconnus ou non par l’État. Règles de zonage pour les médecins A�n de limiter l’engorgement des médecins privés à Bamako, et en complément des me- sures d’accompagnement et d’incitation à l’installation à l’intérieur, une réflexion doit s’engager sur l’établissement de règles de zonage pour les médecins, inspirées de celles encadrant l’installation des officines. Procédure et calendrier de révision des textes Il est proposé, pour crédibiliser la procédure de modi�cation des textes et pour aboutir à des résultats rapides, de faire désigner par le comité de dialogue et de concertation une commission de révision des textes encadrant le secteur privé : ■ Composition mixte secteurs public/privé ; ■ Secrétariat de la commission assuré par le SGG pour garantir la cohérence juri- dique des travaux ; ■ Rôle de préparation des projets de texte réglementaires et législatifs nécessaires. Il apparaît également important : ■ D’établir en fonction du calendrier parlementaire un échéancier des textes légis- latifs à réviser ; ■ D’instaurer une date limite pour les modi�cations des textes réglementaires pouvant être apportées sans réforme législative préalable (trois ou six mois selon la complexité de la matière) ; ■ D’instaurer pour les textes réglementaires d’application une date limite à comp- ter de la modi�cation de la loi par le Parlement. Renforcement des mécanismes d’application des textes Il est proposé, pour veiller à ce que la réglementation soit mieux respectée, tout en tenant compte de la réticence générale à sanctionner, de s’appuyer : ■ Sur l’autorégulation en renforçant les ordres professionnels ; ■ Sur le recours amiable en créant un poste de médiateur du secteur privé (propo- sition qui doit encore être approfondie par les parties prenantes). Renforcement des capacités d’autorégulation des ordres professionnels Les ordres professionnels jouent un rôle essentiel dans l’autorégulation des professions sanitaires en complément du rôle d’inspection et de contrôle de la réglementation incom- Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 55 bant à l’État. A�n de le renforcer, les moyens matériels des ordres doivent être consoli- dés. Une option consisterait soit à me re à disposition un agent de l’État pour assurer un rôle de secrétaire permanent, soit à subventionner le budget de fonctionnement des structures ordinales pour leur perme re de procéder au recrutement d’un tel agent. Il est également nécessaire d’engager une réflexion sur les moyens pour les ordres de jouer leur rôle disciplinaire avec davantage de détermination, dans un contexte cultu- rel défavorable à l’imposition de sanctions. Parmi les pistes de réforme �gurent : ■ La modi�cation de l’article 41 de la loi 86-35/86-AN-RM portant institution de l’ordre des médecins qui soustrait les fonctionnaires au pouvoir disciplinaire des ordres (et fait donc peser un soupçon de partialité sur les décisions de la commission disciplinaire) ; ■ La simpli�cation, dans le respect des droits de la défense, de la procédure disci- plinaire actuelle. Création du rôle de médiateur du secteur privé Ce point ne recueille pas au stade actuel un niveau de consensus lui perme ant d’être mis en œuvre et doit encore être expertisé et déba u. Les développements �gurant ci- dessous sont des propositions. R Le rôle d’un médiateur du secteur privé (inspiré du médiateur de la République créé au Mali en 1997 mais avec un champ de compétence beaucoup plus réduit) est de faciliter une bonne application des textes en vigueur. En effet, dans un contexte culturel très réticent à l’imposition de sanctions, l’introduction d’un mécanisme de recours amiable apparaît comme un moyen de renforcer les garanties apportées au secteur privé dans la bonne application de la réglementation. L’objectif est donc d’améliorer les relations entre les professionnels du secteur privé et l’administration en examinant les cas de mauvaise administration, c’est-à-dire : ■ Les comportements excessifs ; ■ L’inadaptation des textes/procédures. P Rechercher un accord amiable entre l’administration et l’auteur de la saisine et proposer une amélioration des textes et procédures. Le médiateur n’est pas une autorité juridic- tionnelle ou un corps d’inspection même s’il peut les saisir. M Une équipe restreinte examinant la recevabilité des saisines et relevant d’un budget au- tonome. La création de délégués en régions serait coûteuse. G ’ Ra aché au ministre qui le nomme sur proposition du comité de dialogue et de concerta- tion pour une durée irrévocable. Le pro�l recherché est celui d’un professionnel respecté des secteurs privé et public. 56 Document de travail de la Banque mondiale Renforcement des mécanismes d’accréditation/contrôle Dans le cadre de la mise en place de l’assurance maladie obligatoire (AMO), il importe de s’appuyer sur les mécanismes d’accréditation qualité pour inciter les acteurs, tant pri- vés que publics, à rehausser la �abilité et l’efficacité de leurs prestations. L’introduction d’un payeur est en effet a estée comme un puissant incitant à une amélioration de la qualité des prestataires de soins. Par ailleurs, il convient de souligner l’importance qui s’a ache, dans les domaines ressortissant d’une compétence interministérielle, à une coordination renforcée des contrôles exercés par différents départements ministériels sur la qualité des prestations/ produits. La tutelle des établissements d’enseignement constitue un point d’application particulièrement pertinent de ce principe général. Renforcement de la politique de formation La �lière formation est marquée par le développement mal contrôlé d’acteurs privés ne présentant pas toutes les garanties de sérieux et par les difficultés de l’État à garantir l’adéquation entre les quantités et la qualité de la formation et les besoins réels du sys- tème des soins de santé. La nomination au début de 2010 en Conseil des ministres d’un directeur des ressources humaines du ministère de la Santé permet de rendre fonction- nelle ce e direction et d’améliorer les capacités de pilotage de l’administration dans ce domaine. Le renforcement de la politique de formation passe par une amélioration : ■ De ses capacités de régulation de la �lière en complétant les outils dont il dispose ; • Détermination des quantités de personnels formés par les écoles publiques et privées ; • Prévention du développement d’un marché informel d’agents non quali�és ; • Transparence accrue des relations entre la puissance publique et les acteurs privés ; • Qualité des formations et médecins/pharmaciens et des TSS/TS ; ■ De l’adéquation de formation aux conditions d’exercice des professionnels de la santé (secteur privé ou milieu rural). Ces évolutions doivent s’intégrer dans le cadre des efforts d’harmonisation des po- litiques de formation. Renforcement des outils de régulation de la �lière de formation Le renforcement de la politique de formation doit passer par des outils de contingen- tement des effectifs formés, un contrôle du développement d’un marché parallèle de personnels non diplômés et l’association du secteur privé à la régulation du secteur. O Pour maîtriser le nombre de médecins et de pharmaciens formés, le numerus clausus de la FMPOS ne suffit pas si se poursuit l’expérience de la première école privée de méde- cine, et il convient donc de négocier avec elle, et avec toutes celles qui pourraient éven- tuellement ouvrir par la suite, par convention juridiquement contraignante, la capacité maximum de formation de ces établissements. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 57 Pour les TSS/TS, il convient : ■ De transformer l’examen actuel en concours, a�n de perme re de dé�nir par avance le nombre de paramédicaux formés chaque année « spécialité » par « spécialité » ; ■ D’établir le monopole de l’État dans la délivrance des diplômes de santé (voir ci-dessus). S’agissant par ailleurs de la répartition sur le territoire des établissements d’ensei- gnement, une réflexion sur la carte scolaire et les mécanismes de zonage pourrait utile- ment être engagée. P ’ A�n de limiter la disproportion entre les préparationnaires aux examens/concours et le nombre d’admis/reçus, qui aboutit aux prémisses d’un marché parallèle des profession- nels de la santé, et a�n de rehausser le niveau des élèves des écoles de soins de santé, il convient : ■ De créer un examen d’entrée conditionnant l’inscription à une école privée ou publique ; ■ De durcir les conditions d’ouverture des écoles privées de soins de santé (voir ci-avant). A A�n de véri�er que les quantités de professionnels formés coïncident avec les capacités d’absorption du marché, le secteur privé doit être associé à la �xation : ■ Du numerus clausus pour les médecins et pharmaciens ; ■ Des postes ouverts au concours pour les TSS/TS. Les écoles privées, dans la mesure où elles sont placées en concurrence avec l’INFSS, doivent être associées : ■ À la �xation de la politique de formation ; ■ À la détermination des modalités de l’examen d’entrée aux écoles de soins de santé ; ■ À la �xation du nombre de postes ouverts aux concours TSS/TS. Amélioration de la qualité de la formation La formation des médecins, des pharmaciens et des techniciens de santé doit être améliorée. F Les capacités d’encadrement et d’accueil de la FMPOS doivent être augmentées par le biais de : ■ L’association du secteur privé à l’effort de formation [stages en CSCOM médi- calisés et dans les cliniques, direction de thèses par des médecins privés (voir ci-dessus)] ; ■ L’encouragement des projets d’ouverture d’antennes de la FMPOS à l’intérieur20. 58 Document de travail de la Banque mondiale F TSS/TS Au-delà de l’assainissement du secteur par le durcissement des conditions d’ouverture des écoles privées, celles qui satisfont aux critères de qualité doivent pouvoir être ac- compagnées en béné�ciant d’un mécanisme de �nancement préférentiel (voir ci-après). Adéquation de la formation et des nouvelles conditions d’exercice des professionnels de la santé Un renforcement des modules de formation initiale préparant les professionnels de la santé à l’exercice dans le secteur privé et en milieu rural est souhaitable : ■ Réintroduction des stages ruraux dans le cursus de la FMPOS ; ■ Développement des modules de santé publique (par exemple sous la forme du projet d’école de soins de santé publique) ; ■ Développement des modules de formation à la gestion. De plus, les ordres doivent organiser la formation continue de leurs membres se dirigeant vers le secteur privé en leur offrant des modules de formation à la gestion selon des modalités compatibles avec un exercice libéral et dans la première année de leur installation : ■ Modules de formation : création d’entreprise, recherche de �nancement, comptabi- lité, �scalité, gestion des ressources humaines, système d’information ; ■ Co-�nanceurs potentiels : �nancements publics (FMPOS, ministère de la Santé), budget de l’ordre, participation des professionnels, bailleurs ; ■ Opérateurs potentiels : opérateurs publics (ANPE, etc.) et privés sélectionnés sur appel d’offres. Pour les médecins de campagne, qu’ils s’installent en CSCOM ou en tant que méde- cin de famille, un effort de formation au moment de l’installation est également néces- saire pour favoriser le succès des programmes de médicalisation, et pourrait s’inspirer des expériences menées depuis quelques années au Mali21 : ■ Modules de formation : médecine rurale (pratique clinique avec plateau limité, habitudes de la population, etc.), santé publique, gestion (comptabilité, �scalité, gestion des ressources humaines) ; ■ Opérateurs potentiels : ONG et opérateurs privés sélectionnés sur appel d’offres ; ■ Accompagnement complémentaire : mentorat, kit d’équipement, etc. Lutte contre le médicament par terre La résorption du médicament par terre est essentiellement liée à une décision politique : ■ La discussion doit se poursuivre sur l’obtention d’un engagement pris au plus haut niveau de l’État pour dépasser les résistances suscitées par les mesures de répression et assurer une action coordonnée et déterminée de l’ensemble des services de l’État ; ■ Axer les mesures de répression autour de la lu e contre la contrefaçon et les médicaments dangereux et la présenter ainsi à l’opinion publique ; Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 59 ■ Intensi�er les campagnes de sensibilisation autour de la dangerosité de la contre- façon et y associer l’ensemble des acteurs publics et privés du système des soins de santé. Cet effort de répression d’un phénomène qui jouit d’une certaine popularité serait plus acceptable si la �lière réalisait un effort concerté sur les prix. Le montant des marges des grossistes et des détaillants peut être revu en contrepartie de l’augmentation des volumes à laquelle conduirait la résorption du médicament par terre. La réflexion doit se poursuivre sur ce point. Une autre voie consisterait à «intégrer » en partie les circuits du médicament par terre à l’économie officielle. Leur avantage concurrentiel en termes de prix de détail est en effet partiellement lié à l’accès, illicite, à des marchandises de contrebande, contre- faites ou périmées. Tolérer leur activité commerciale en contrepartie d’une répression sé- vère de la vente de médicaments contrefaits ou périmés ouvrirait ainsi une nouvelle voie dans la réponse à apporter au phénomène. Le refus fermement exprimé par les acteurs de la pharmacie à toute forme de reconnaissance du médicament par terre a conduit à écarter ce e recommandation à court terme. Mise en place de mécanismes d’incitation pour une meilleure répartition des acteurs sur le territoire et une qualité renforcée Les �lières du médicament et des soins, et dans une moindre mesure de la formation, sont marquées pour les acteurs du secteur privé lucratif par une concentration impor- tante à Bamako. Cela freine leur contribution aux objectifs de santé publique et a des conséquences négatives pour l’ensemble du système (activités informelles de faible qua- lité des jeunes professionnels ayant des difficultés à s’installer, limitation de la capacité d’absorption du marché). En complément des pistes tendant à engager une réflexion sur un mécanisme de zo- nage pour les médecins ou privilégiant le développement des programmes de formation continue des professionnels en cours d’installation, il est recommandé de mobiliser des outils économiques d’incitation à un rééquilibrage de la répartition géographique du secteur privé commercial : ■ Créer au sein des ordres professionnels un guichet spéci�que pour mieux faire connaître les avantages en vigueur et le régime �scal ; ■ Créer un mécanisme pour donner aux professionnels de la santé en cours d’ins- tallation un accès à des �nancements bancaires moins coûteux grâce à une prise de garantie partielle22 ; ■ Introduire des exonérations �scales ciblées pour offrir un cadre incitatif à l’instal- lation en régions, dans le cadre ou en complément du code de l’investissement. Création d’un guichet spéci�que pour mieux informer les professionnels de la santé des avantages en vigueur et de leur régime �scal Le principal mécanisme existant pour alléger la pression �scale est le code de l’investis- sement. Le guichet unique de l’Agence de promotion des investissements (API) permet en effet de faire béné�cier les professionnels de la santé éligibles23 des avantages du code de l’investissement (un investissement inférieur à 150 millions de F CFA ouvre droit à cinq années d’exonération d’impôts sur les béné�ces et à trois années d’exonération 60 Document de travail de la Banque mondiale sur les droits de douane). Ce mécanisme est toutefois mal connu et il serait souhaitable de con�er aux ordres le soin de mieux informer leurs membres en créant un guichet d’information. Ce même guichet d’information pourrait également tenir à la disposition des membres des ordres des informations sur le régime �scal qui leur est applicable et sur la procédure de recouvrement, ainsi que leurs droits en tant que contribuables. Les relations entre les professionnels de la santé et le �sc sont en effet marquées par une grande opacité. Introduction d’un mécanisme d’accès privilégié aux �nancements bancaires À la lumière des inconvénients que présente le faible recours aux �nancements bancaires par les professionnels de la santé, et a�n d’accompagner l’installation de ces derniers à l’intérieur, il est proposé de créer un mécanisme d’accès privilégié à des �nancements bancaires peu coûteux : ■ Montant de la garantie : prise en garantie partielle (50 %) d’un portefeuille d’encours [un milliard de F CFA représente environ 50 % des besoins de �nancement à l’ins- tallation des cabinets, cliniques et officines sur 2010-2012 (voir �gures 5.1 et 5.2) ; ■ Nature des prêts garantis : prêt de plus d’un an aux structures en cours d’installa- tion (trois premières années) ; ■ Béné�ciaires : cabinets, cliniques et officines s’installant en régions (une fois la �lière assainie, les écoles de formation pourraient également être éligibles), en retenant des quotas par types d’acteurs évitant de se concentrer sur les meilleurs risques ; ■ Délai maximum pour remplir la garantie : trois ans pour inciter les banques à aller au-devant des professionnels de la santé ; Figure 5.1 : Estimation des besoins annuels de �nancement liés à l’installation des cabinets et cliniques M. F CFA 1 500 Cabinets 1 254 Cliniques Total 1 000 801 568 568 592 523 545 480 501 500 453 440 460 0 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Source : Entretiens ; analyses BCG. Note : Hypothèses : Nombre de cliniques et cabinets calculés sans préjudice de la capacité d’absorption à partir de la projection des flux de diplômés en médecine (+3 % à partir de 2013) rejoignant le secteur privé (50 embauches fonction publique/an) et s’installant dans des établissements privés (80 %) ; 2 médecins/ cabinet et 5 médecins/clinique – besoins de �nancement par cabinet de 8 M F CFA et de 20 M F CFA par clinique. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 61 Figure 5.2 : Estimation des besoins annuels de �nancement liés à l’installation des of�cines pharmaceutiques M. F CFA 150 114 117 107 110 101 104 100 95 98 90 92 85 87 50 0 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Source : Entretiens ; analyses BCG. Note : Hypothèses : Augmentation annuelle du numerus clausus des officines pour les zones urbaines (nombre potentiel d’officines pouvant ouvrir) x besoins de �nancement moyen par officine de 5 M F CFA. ■ Opérateur : proposer un partenariat aux banques de la Place (pour des prêts d’un plus faible montant, les IMF pourraient également être intéressées). Une solution alternative pour diminuer le coût du crédit, qui peut se cumuler avec une prise de garantie, consiste à boni�er le prêt par un apport de subvention. D’autres outils d’in- génierie �nancière pourraient également être mobilisés, comme des prises de participation. Introduction d’exonérations �scales ciblées autour de l’installation en régions A�n d’inciter les professionnels de la santé à s’installer à l’intérieur, il est proposé : ■ De pro�ter de la relecture du code de l’investissement pour introduire des avan- tages supplémentaires pour les investissements réalisés par les professionnels de la santé dans des zones moins denses via l’allongement de la durée d’exemp- tion �scale et l’arrêt de critères d’éligibilité géographique avec l’ensemble de la profession pour rééquilibrer la démographie ; ■ Soit de s’assurer de l’éligibilité des pharmaciens d’officine au code de l’investis- sement, soit de créer à travers un autre véhicule législatif un dispositif d’incita- tion �scale à l’installation dans des zones moins densément peuplées. Renforcement de la santé rurale communautaire en consolidant les capacités de gestion des ASACO et la pérennité �nancière des CSCOM La fragilité �nancière des CSCOM tenant souvent à la faiblesse des capacités de gestion des ASACO, et aggravée par une politique de mise à disposition de personnels répon- dant mal au problème de sous-fréquentation des centres, il est proposé : ■ D’apporter une aide extérieure pour appuyer les CSCOM dans leur rôle de gestion ; ■ De réorienter les subventions apportées vers les besoins réels des CSCOM, selon leur situation spéci�que ; ■ D’accompagner les programmes de médicalisation des CSCOM. 62 Document de travail de la Banque mondiale Apport, en complément de la formation continue, d’une aide extérieure pour renforcer les capacités de gestion des ASACO La condition préalable au renforcement des capacités de gestion des ASACO est de ne pas affaiblir leur autorité de gestion tout en veillant à ce que l’expression même de leurs besoins auprès des partenaires soit le facteur qui détermine le soutien qu’ils reçoivent. Une sensibilisation des services de l’État, des collectivités territoriales et des ONG est à cet égard nécessaire. Les politiques de formation continue doivent être déclinées selon les spéci�cités des membres des ASACO et intensi�ées en recourant par convention aux services d’opéra- teurs extérieurs (ONG, etc.). Il est proposé en outre d’apporter une aide extérieure aux ASACO ressentant le be- soin de renforcer leurs capacités de gestion : ■ Ces gestionnaires seraient sélectionnés après appel à candidature par un groupe d’ASACO ; ■ Ils assumeraient pour le compte de l’ASACO, et pour une durée et selon des modalités à déterminer par voie contractuelle, la gestion déléguée du CSCOM dans le respect des a ributions du chef de centre et joueraient un rôle de conseil sur les décisions stratégiques à adopter ; ■ Leur rémunération pourrait être en partie indexée sur les résultats obtenus ; ■ Ces gestionnaires peuvent être des particuliers, des entreprises, des ONG, voire des techniciens de développement communautaires ; ■ Les co-�nanceurs potentiels sont : les ASACO, la FENASCOM, l’État, les ONG, les PTF. Réorientation de la politique de subventions apportées aux CSCOM Alors que les CSCOM souffrent d’un problème de demande (faible fréquentation), la politique poursuivie jusqu’à présent se concentre sur le renforcement de l’offre. Pour réorienter ce e politique, il est recommandé à l’État et aux collectivités territoriales : ■ De retirer progressivement tous les personnels mis à disposition des CSCOM dont la présence n’est pas justi�ée par le niveau d’activités du centre ; ■ De réorienter l’appui/conseil apporté aux CSCOM sur l’audit de leur pérennité �nancière et sur la justi�cation des subventions a ribuées ; ■ De moduler les soutiens apportés aux CSCOM selon leurs situations spéci�ques (CSCOM sous-critiques, CSCOM urbains) en privilégiant les subventions d’in- vestissement et en tendant vers une diminution générale du montant des sub- ventions apportées pour réorienter une partie de ces sommes vers le développe- ment des mutuelles (voir �gure 5.3). Accompagnement de la médicalisation des CSCOM Établir par convention tripartite entre l’État, la FENASCOM et tout partenaire intéressé (sélectionné après appel d’offres), un programme d’accompagnement à la médicalisa- tion pour accélérer l’installation des médecins dans les CSCOM : ■ À titre indicatif, un programme d’accompagnement représente un coût par mé- decin installé de l’ordre de sept millions de F CFA (voir �gure 5.4) ; ■ Les co-�nanceurs potentiels sont : les ASACO, la FENASCOM, l’État, les ONG, les PTF. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 63 Figure 5.3 : Pro�l idéal de croissance de l’activité et des subventions apportées aux différentes catégories de CSCOM CSCOM sous-critiques CSCOM moyens CSCOM urbains Profil de croissance Profil de croissance Profil de croissance Nb de consultations Nb de consultations Nb de consultations Temps Temps Temps Profil de subventions Profil de subventions Profil de subventions FCFA FCFA FCFA Investissements Développement potentiels Investissements potentiels Fonctionnement Fonctionnement Temps Temps Temps Source : Analyses BCG. Figure 5.4 : Estimation des besoins annuels de �nancement liés à l’installation des médecins de campagne M. F CFA 400 Coût accompagnement Hypothèses : Nombre de médecins de campagne à installer • Coût unitaire accompagnement : ~7 M 310 FCFA/médecins 300 • Accompagnement de chacun des 15% des médecins privés formés devenant médecins de campagne 198 200 140 141 146 129 135 119 124 112 109 114 100 43 27 20 19 15 15 16 16 17 18 19 19 0 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Sources : Codija, Jabot, et Dubois, 2009 ; entretiens ; analyses BCG. Note : Accompagnement comporte : l’étude de faisabilité de l’installation, la formation à la gestion du CSCOM pour le médecin et les membres du comité de gestion, l’équipement du médecin y compris le panneau solaire, le stage auprès d’un médecin référent et la négociation contractuelle. Projection des flux de diplômés en médecine (+3 % à partir de 2013) rejoignant le secteur privé (50 embauches fonction publique/an) et devenant médecin de campagne (15 %). 64 Document de travail de la Banque mondiale Les programmes de médicalisation des zones rurales, visant notamment à installer des médecins de campagne exerçant en cabinet libéral, doivent également être encoura- gés en gardant à l’esprit la nécessité d’assurer la cohérence des réseaux de soins au ni- veau local, notamment entre les acteurs lucratifs et les établissements communautaires. Expansion volontariste des mutuelles Pour accompagner l’expérimentation d’un programme volontariste de déploiement ra- pide des mutuelles préparant la voie à un passage à l’échelle, il est recommandé d’ap- puyer avec le soutien des PTF : ■ Les activités de l’UTM à laquelle seraient déléguées une grande partie des acti- vités de gestion des mutuelles ; ■ La création rapide de nouvelles mutuelles à travers une campagne intensive de mobilisation sociale ; ■ Les activités des mutuelles au-delà de leur phase d’installation (coûts de gestion, etc.). Expérimenter dans une ou deux régions un déploiement rapide des mutuelles Les analyses effectuées sur le modèle de déploiement des mutuelles démontrent l’am- pleur de l’impact de la couverture mutualiste sur le système de santé. L’une des options envisageables, qui a fait l’objet d’une expertise approfondie, consiste à conduire dans une ou deux régions (Ségou et Sikasso par exemple, où la base des mutuelles existantes est signi�cative) une expérimentation ambitieuse s’inspirant de la stratégie décrite dans le modèle. Après deux ans d’expérimentation, les enseigne- ments tirés perme raient de dé�nir les modalités d’un passage à l’échelle adaptées au contexte malien. Cela passe par un appui : ■ À l’UTM ; ■ Aux efforts de mobilisation sociale et de création des mutuelles ; ■ Aux opérations des mutuelles après la création. Soutien initial au passage à l’échelle de l’UTM pour accompagner l’expansion de la couverture L’UTM est la mieux à même de piloter un programme de déploiement des mutuelles en raison de son expertise et de son expérience (voir �gure 5.5). Ses moyens actuels sont toutefois insuffisants pour accompagner une augmentation signi�cative du nombre de mutuelles et de béné�ciaires. Il est donc recommandé de subventionner le renforcement de ses moyens (personnel, SI). Après ce e phase d’impulsion, l’UTM pourra couvrir ses coûts grâce aux cotisations versées par les mutuelles récemment créées. Soutien aux activités de mobilisation sociale et subventionnement de la création ra- pide de mutuelles La mobilisation sociale est le premier goulot d’étranglement du développement des mu- tuelles. Ce e activité exige : ■ Un effort de coordination entre le mouvement mutualiste, les structures de soins, les services de l’État, les collectivités territoriales et les ASACO ; ■ La mobilisation d’équipes spécialement formées et capables de se déployer rapi- dement auprès des populations. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 65 Figure 5.5 : Modèle opérationnel des mutuelles s’appuyant sur une mutualisation des tâches auprès de l’UTM Elaboration Relations Sensibilisati Recouvrem Prestation Pilotage de Gestion des avec les on et ent des de soins la structure technique produits prestataires adhésion cotisations Mutuelles UTM Prestataires de soins La sous-traitance totale des fonctions techniques à l'UTM permet de Les mutuelles se concentrent La prestation professionnaliser la gestion et réduire les coûts sur l'adhésion/rétention des de soins bénéficiaires, le recouvrement reste assurée des cotisations et les relations par les avec le prestataire locale de prestataires Niveau de soins conventionnés responsabilité Source : Analyses BCG. Seul un opérateur extérieur (ONG) sélectionné par appel d’offres par l’UTM et l’État est susceptible de compléter rapidement les effectifs insuffisants de l’UTM et des ser- vices du développement social. Il est recommandé pour les bailleurs d’appuyer cet effort initial de mobilisation. Si l’on ajoute le coût de la formation des gestionnaires de la mutuelle, la création d’une mutuelle représente un coût de 14 millions de F CFA la première année (voir �gure 5.6). Figure 5.6 : Ventilation des postes de coûts d’une mutuelle en pourcentage des coûts totaux (modèle obligatoire) En % des coûts totaux 100 Hausse des prestations en 80 raison hausse taux de fréquentation 60 Coût démarrage : 14 M F CFA par Coûts prestations mutuelle créée Coûts gestion/création 40 Coûts réserves Coûts cotisation fédérative 20 0 12 13 14 15 16 17 20 21 22 23 24 25 10 18 19 11 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 Source : Analyses BCG. Note : C’est le modèle obligatoire qui a été utilisé ici, mais le pro�l du modèle volontaire est similaire. 66 Document de travail de la Banque mondiale Soutien aux mutuelles après la phase de création Une fois les mutuelles créées, il est également possible pour les pouvoirs publics et pour les PTF de soutenir les activités de celles-ci en faisant face aux différents besoins d’ajuste- ment. Une analyse des mutuelles existantes perme ra de dégager des bonnes pratiques déjà éprouvées sur ce e problématique. Deux grands types de subvention sont possibles : ■ Subventionner l’équilibre technique : • Subvention d’exploitation ; • Complément de cotisation/béné�ciaire ; • Prise en charge d’une partie des risques/populations. ■ Subventionner les coûts de gestion : • Au niveau fédéral ; • Au niveau de chaque mutuelle ; • Coûts de réassurance/réserve. Il convient, par rapport à ces différentes possibilités, d’éviter de créer des charges insoutenables pour les �nances publiques et de préserver l’autonomie et la pérennité des mutuelles. Tableau 5.1 : Ajustements nécessaires des mutuelles au cours de leur cycle de vie Étapes du développement Besoins d’ajustement à ISO-modèle Leviers de compensation mobilisables Phase de démarrage 1,4 Md de F CFA/an • Subventionner la création de mutuelles Phase de croissance 4-18 Mds de F CFA/an • Diminuer les coûts de gestion • Subventionner certains coûts de gestion • Couvrir les frais de réassurance • Augmenter les cotisations • Augmenter le niveau de co-paiement • Renégocier les tarifs des prestataires Phase de maturité 3-30 Mds de F CFA/an • Diminuer les coûts de gestion • Subventionner certains coûts de gestion • Couvrir les frais de réassurance • Augmenter les cotisations • Augmenter le niveau de co-paiement • Renégocier les tarifs des prestataires Source : Analyses BCG. Parcours de soins Les leviers mobilisables s’agissant du parcours de soins relèvent pour la plupart de me- sures de moyen/long-terme de sensibilisation et de modi�cation progressive des habi- tudes culturelles : ■ Sensibilisation des populations au référencement entre médecine traditionnelle et conventionnelle (en utilisant la radio, les communicateurs traditionnels, etc.) ; ■ Meilleur respect de l’interdiction pour les tradi-praticiens de faire de la publicité. Il est également proposé d’agir sur l’articulation des secteurs traditionnel et conventionnel : ■ Formation des tradi-thérapeutes au recours aux structures de santé convention- nelle ; Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 67 ■ Formation des médecins conventionnels au référencement avec les tradi-prati- ciens. En�n, il est important d’appuyer la structuration des tradi-praticiens, notamment en intégrant un référent au sein de la DNS, en complément du rôle que joue l’INRSP sur la dimension recherche. 6. Proposition opérationnelle de gouvernance L es éléments décrits ci-dessous sont l’ébauche d’une structure de gouvernance reflé- tant les recommandations partagées par les participants des séminaires : ■ Comité de dialogue et de concertation public/privé ; ■ Cellule partenariats public/privé ; ■ Conseiller technique en charge du secteur privé. Contrairement au principe de la création d’un comité de dialogue et de concertation, les propositions n’ont pas été validées en tant que telles et �gurent à titre indicatif. Comité de dialogue et de concertation public/privé Le comité de dialogue et de concertation public/privé est co-présidé par un représentant de l’État et un représentant du secteur privé. Il rassemble 15 représentants des secteurs privé et public répartis comme suit : ■ Ministère de la Santé : 5 (DNS, DPM, DAF, Inspection, CPS) ; ■ Ministère de l’Enseignement supérieur : 1 ; ■ Ministère du Développement social : 1 ; ■ Secrétariat général du gouvernement : 1 ; ■ Secteur privé : 7 (l’objectif est de représenter le privé lucratif et non lucratif et l’ensemble des �lières : formation, soins, assurance santé, médicaments). Les représentants sont désignés pour quatre ans. Le secrétariat du comité sera assu- ré par un conseiller technique auprès du ministre de la Santé (par exemple le conseiller chargé du secteur privé). Le comité de dialogue et de concertation public/privé rédige un rapport annuel sur ses activités, transmis au Ministre et à l’ensemble de son cabinet sous couvert du conseiller technique chargé du secteur privé (ra aché au secrétaire général). Le comité de dialogue et de concertation public/privé se réunit tous les deux mois. Il peut exceptionnellement être convoqué à la demande d’un tiers de ses membres et doit se réunir dans un délai de dix jours. Le rôle du comité est : ■ D’assurer un suivi de la mise en œuvre du plan d’action résultant de l’étude sur le secteur privé et de faire évoluer ce document ; ■ D’examiner tout autre sujet ayant trait aux relations entre le secteur public et le secteur privé, qu’un de ses membres souhaiterait inscrire à l’ordre du jour (par l’entremise du secrétariat). 68 Document de travail de la Banque mondiale Le comité peut créer des commissions thématiques à composition ad-hoc et assurera le suivi de leurs travaux. Les commissions thématiques doivent reme re leurs conclu- sions dans un délai de six mois, ce a�n d’assurer un cycle d’instruction court. À titre d’illustration, les commissions ci-après ont d’ores et déjà été proposées, qui devront per- me re d’instruire des problématiques clés pour le renforcement du partenariat public/ privé (voir �gure 6.1) : ■ Commission accompagnement du secteur privé regroupant (outre les membres du comité plénier) les PTF, les ordres, l’API, le ministère des Finances, le ministère de l’Économie, des représentants des établissements bancaires de micro�nance. Elle traitera des questions d’accès au �nancement et de régime �scal. ■ Commission de formation des personnels de santé regroupant (outre les membres du comité plénier) des représentants du ministère de l’Enseignement supérieur, du ministère de la Santé, des structures sanitaires privées et publiques et des écoles de formation. Elle traitera des questions suivantes : association de l’école privée de médecine au numerus clausus de la FMPOS, création d’un concours pour les TSS/TS, création d’un examen d’entrée en amont de l’inscription dans les écoles de formation, modalités de l’association du secteur privé à l’organisation des concours et examens et à la �xation du numerus clausus et des postes ouverts au concours pour les TSS/TS. ■ Commission de catégorisation des établissements sanitaires regroupant (outre les membres du comité plénier) l’ensemble des ordres, a�n de proposer une évolu- tion des textes sur les catégories d’établissements sanitaires. Figure 6.1 : Organisation proposée du comité de dialogue et de concertation public/privé Ministre Autres de la santé Rapport ministères d'activité 1 fois Secrétaire Conseiller par an général technique Enseignement supérieur Service Service personnalisésa rattachés au SGb Développement Comité de concertation et de social dialogue public / privé Direction Direction de la Direction Inspection Nationale pharmacie et administrative de la santé de la santé du médicament et financière Représentants du secteur public Cellule (4 Min. santé +1 7 partenariats Représentants publics / Enseignement du secteur privés Supérieur + 1 privé Dev Social) 1 secrétaire général du gouvernement Commissions ad-hoc Source : Recommandations des participants au séminaire, analyses BCG. Note : Représentation simpli�ée ; Intégration de la DRH conditionnée à sa fonctionnalisation, Les services personnalisés comprennent EPA, EPHs, EPICS, EPST et Sociétés d’Etat. Les services ra achés au SG regroupent CPS, CEPRIS, CNIECS, PNLP et CADD-MS. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 69 Cellule partenariats publics/privés Ce e cellule, qui pourrait être abritée au sein de la Division des équipements sanitaires et de la réglementation (DESR) de la DNS a en charge l’appui à la mise en place de parte- nariats entre entités publiques et privées. Elle apporte son expertise a�n de : ■ Proposer des contrats types aux différentes parties en fonction des objectifs re- cherchés ; ■ Dé�nir les moyens nécessaires de suivi de ces contrats pour la puissance pu- blique. Elle jouera un rôle clé dans le cadre de la contractualisation public/privé proposée dans les domaines : ■ Du partage des équipements et spécialités à l’échelle de l’aire de santé ; ■ De la participation du secteur privé aux activités de vaccination ; ■ De la participation du secteur privé aux activités de formation ; ■ De l’accompagnement de la médicalisation des CSCOM (convention État/FE- NASCOM/ONG) ; ■ De l’intensi�cation des programmes de mobilisation sociale autour des mu- tuelles. Recours à un conseiller technique pour les questions relatives au secteur privé Il est essentiel d’ancrer les questions relatives au secteur privé et à la mise en œuvre du plan d’action proposé au plus près : ■ De l’échelon de décision et d’impulsion politique ; ■ De l’échelon de coordination et d’opérationnalisation du secrétaire général. Il est par conséquent proposé de con�er à l’un des conseillers techniques auprès du ministre/secrétaire général le soin de suivre ces problématiques. Ce même conseiller, choisi par le ministre/secrétaire général, assurerait le secrétariat du comité de dialogue et de concertation public/privé. Il est important que l’ensemble des parties prenantes, et notamment les acteurs du secteur privé, peu familiers avec la répartition des rôles au sein de l’organigramme du ministère de la Santé, puissent identi�er aisément ce conseiller technique comme leur point de contact au sein du cabinet. 7. Plan d’action conjoint secteur public/secteur privé L e plan d’action conjoint secteur public/secteur privé a été validé par le ministère de la Santé et les participants au séminaire du 15 mars 2010 à Bamako, en présence de son Excellence M. Oumar Ibrahima Touré, ministre de la Santé du Mali. Ce plan d’action (voir tableau 7.1) couvre les enjeux clés du système de santé privé au Mali et répond aux objectifs suivants : ■ Renforcement du partenariat et du dialogue entre les secteurs public et privé ■ Création/révision des textes normatifs et renforcement des mécanismes d’appli- cation 70 Document de travail de la Banque mondiale ■ Renforcement de la politique de formation ■ Lu e contre le médicament par terre ■ Incitations à une meilleure qualité/distribution du secteur privé ■ Consolidation de la santé rurale et communautaire ■ Expansion volontaire des mutuelles. Les activités évoquées dans le plan d’action présentent différents niveaux de matu- rité technique et politique. Ces différences (« engager la mise en œuvre » vs. « discussion à poursuivre ») sont décrites dans le plan d’action. Parmi les orientations dé�nies lors du séminaire, les éléments suivants méritent d’être soulignés : ■ Création d’un comité de dialogue et de concertation public/privé et création d’une structure représentant l’ensemble du secteur privé ■ Révision des conditions d’autorisation des écoles de formation, ainsi que des grossistes en médicaments ■ Affirmation du monopole de l’État sur la distribution des diplômes de santé ■ Encouragement à la mise en commun des moyens des écoles privées et publiques ■ Augmentation des capacités de formation pour les médecins et pharmaciens en associant le secteur privé ■ Création au sein des associations et syndicats d’un guichet spéci�que pour mieux faire connaître les avantages en vigueur et le régime �scal ■ Meilleur accès aux �nancements pour les professionnels en installation, au tra- vers de prise de garantie partielle des �nancements bancaires et d’autres outils d’ingénierie �nancière ■ Introduction d’incitations �scales ciblées sur installation en régions, dans le cadre ou en complément du code de l’investissement ■ Renforcement de la capacité de gestion des ASACO/CSCOM grâce à un appui aux programmes de formation continue et aux efforts de gouvernance et l’apport d’une aide extérieure ■ Soutien initial au passage à l’échelle de l’UTM pour accompagner l’expansion de la couverture dans le contexte des initiatives sur l’extension de la couverture maladie ■ Soutien aux activités de mobilisation sociale et subventionnement de la création rapide de mutuelles. Perspectives d’approfondissement Un certain nombre de leviers ont été identi�és comme devant faire l’objet de discussions complémentaires : ■ Création d’un médiateur du secteur privé a�n d’améliorer l’application des textes existants et d’offrir un mécanisme de recours non juridictionnel au secteur privé pour les situations de mauvaise administration ; Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 71 ■ Ouverture d’une réflexion sur les règles de zonage pour les médecins du secteur privé commercial ; ■ Obtention d’un engagement politique au plus haut niveau sur la lu e contre le médicament par terre en contrepartie d’un accord concerté sur l’accessibilité aux médicaments et aux soins ; ■ Réorientation des subventions apportées vers les besoins réels des CSCOM et selon leur situation spéci�que. Par ailleurs, à plus court terme, la poursuite de l’effort de structuration engagé par le secteur privé constitue, avec la mise en place corollaire d’une structure transitoire pré�- gurant le comité de dialogue et de concertation public/privé, un chantier d’approfondis- sement prioritaire. Ce levier, validé par tous les acteurs, facilitera, voire conditionnera, la mise en œuvre de nombreux autres axes d’amélioration. En�n, d’un point de vue statistique, les données disponibles offrent de nombreux enseignements mais apparaissent insuffisamment exploitées. De ce point de vue, il semble particulièrement opportun pour les autorités maliennes : ■ De consolider les données démographiques disponibles en réconciliant les �- chiers des membres des ordres professionnels (stock des médecins et pharma- ciens en activité) et les éléments de la FMPOS sur le flux de diplômés depuis la création de la Faculté de médecine. Ces éléments rapprochés perme ent en effet de préciser le nombre de professionnels de la santé au Mali, aujourd’hui estimé presque exclusivement à partir des données de la fonction publique ; ■ De suivre plus précisément l’évolution des CSCOM qui est jusqu’à présent essen- tiellement appréhendée à travers leur volume d’activité et leur plateau technique (sur la base des critères de viabilité initiaux). Or, les �chiers bilans C émanant des CSREF sont manifestement sous-exploités par le ministère de la Santé et la FENASCOM. Moyennant un travail de ne oyage important et une évolution partielle de leur architecture, ces �chiers constituent une bonne base d’analyse et de pilotage d’une politique différenciée de soutien aux CSCOM, perme ant notamment de les segmenter selon leurs caractéristiques de départ (bassin de population, etc.) et leur santé �nancière. On notera en�n qu’il existe certains angles morts statistiques. D’une façon générale, peu de données existent sur le secteur privé, en raison notamment de la répugnance des acteurs privés à remonter des informations vers les autorités. Le secteur de la formation est particulièrement mal renseigné. L’opérationnalisation de la DRH devrait être de na- ture à combler ce e lacune. 72 Document de travail de la Banque mondiale Tableau 7.1 : Plan d’action Item Activités Actions Pilote Validation Echéances Renforcement du partenariat et du dialogue entre les secteurs public et privé 1 Création d’un comité Texte de création du comité de dialogue et CPS et Engager Septembre de dialogue et de de concertation public/privé secteur la mise en 2010 concertation public/privé privé œuvre Nomination des représentants de l’administration et du secteur privé 2 Création d’une structure Dé�nition conjointe du modus operandi du CPS et Engager Mars à transitoire pré�gurant le comité de dialogue secteur la mise en septembre comité de dialogue Désignation par le secteur privé et privé œuvre 2010 l’administration de leurs représentants temporaires 3 Meilleure intégration Révision du décret n° 01 – 115 �xant SG Engager 2e semestre dans le PRODESS du la composition des organes de suivi du ministère la mise en 2010 secteur privé commercial PRODESS de la œuvre Santé 4 Création d’une structure Finalisation des discussions au sein du Secteur Engager Juin 2010 représentant l’ensemble secteur privé sur sa structuration ef�cace privé la mise en du secteur privé et adoption des statuts de la structure œuvre reconnue Estimation des moyens nécessaires (humains et �nanciers), notamment à la communication entre ses composantes à Bamako et en région Recherche de �nancements 5 Dé�nition d’une Engagement au sein du comité de dialogue SG Engager 1er trimestre politique nationale et de sa structure de pré�guration des ministère la mise en 2011 de renforcement du discussions autour d’un projet de document de la œuvre partenariat public / privé politique Santé Source : Séminaire BCG du 15 mars 2010. Note : Ces plans d’action ont été validés par le ministère de la Santé et les participants du séminaire du 15 mars 2010. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 73 Tableau 7.1 : Plan d’action (suite) Item Activités Actions Pilote Validation Echéances Renforcement du partenariat et du dialogue entre les secteurs public et privé (suite) 6 Mise en place de Réorganisation de la DESR de façon à la DESR Engager Juillet 2010 partenariats public / rapprocher du secteur privé (DNS) la mise en privé : renforcement de la œuvre DESR (DNS) et création d’une section dédiée au PPP 7 Mise en place de Préparation des contrats-types DESR Engager Mars à partenariats public/privé : (DNS) la mise en décembre Adoption des textes réglementaires création de conventions éventuellement nécessaires œuvre 2010 PPP modèles • Partage des équipements et spécialités sur un territoire donné • Participation aux activités de formation • Participation aux examens/labo • Participation aux activités de vaccination Création/révision des textes normatifs et renforcement des mécanismes d’application 8 Révision des conditions Modi�cation des textes avec introduction Ministères Engager 1er trimestre d’autorisation des écoles d’une période de mise en conformité de la Santé la mise en 2011 de formation et de œuvre Renforcement des mécanismes de coordination entre les ministères de la l’Éducation Santé et de l’Éducation 9 Révision des conditions Modi�cation des textes avec introduction DPM et IS Engager Mars à d’autorisation d’une période de mise en conformité la mise en septembre des grossistes en œuvre 2010 médicaments 10 Réflexion sur le Établissement conjoint des critères de DNPSS, Engager Mars 2010 renforcement qualité à respecter pour les établissements DNS la mise en à juin 2011 des mécanismes publics/privés conventionnés AMO œuvre d’accréditation/qualité AMO 11 Renforcement Révision des textes encadrant les pouvoirs Ordres Engager Septembre des capacités de sanction des ordres et les règlements la mise en 2010 d’autorégulation des intérieurs œuvre ordres professionnels Identi�cation des moyens nécessaires au renforcement des moyens administratifs et de communication des ordres Recherche de �nancements 12 Création d’un médiateur Réflexion à poursuivre dans le cadre du SG Discussion 1er trimestre du secteur privé comité du dialogue ministère à 2011 de la Santé poursuivre 74 Document de travail de la Banque mondiale Tableau 7.1 : Plan d’action (suite) Item Activités Actions Pilote Validation Echéances Renforcement de la politique de formation 13 Renforcement des outils Préparation d’une convention associant Ministères Discussions 6 à 12 mois de contingentement l’école privée de médecine au numerus de la à poursuivre des effectifs formés et clausus et engagement des négociations Santé, de sur les réflexion sur le zonage l’Éducation besoins et Engagement d’une réflexion sur la création et INFSS ressources d’un concours pour les TSS/TS d’État Engagement d’une réflexion sur la création d’un examen d’entrée en amont de l’inscription dans les écoles de formation 14 Af�rmation du monopole Modi�cation de l’article 17 de la loi n°94- DRH du Engager 6 à 12 mois de l’État sur la 032 portant statut de l’enseignement privé ministère la mise en distribution des diplômes de la Santé œuvre de santé et ministère de l’Éducation 15 Encouragement à la mise Dé�nition des besoins et des ressources Association Engager 6 à 12 mois en commun des moyens disponibles des écoles la mise en des écoles privées et Préparation d’une convention type de privées œuvre publiques partage 16 Augmentation des Dé�nition de la contribution que pourrait Ministères Engager 6 à 12 mois capacités de formation apporter le secteur privé de la Santé la mise en pour les médecins Préparation d’une convention type et de œuvre et pharmaciens en l’Éducation associant le secteur privé 17 Adéquation de la Recensement des besoins précis des DRH du Engager 6 à 12 mois formation et des professionnels de la santé ministère la mise en nouvelles conditions de la Santé œuvre Évolution des maquettes pédagogiques de d’exercice des la FMPOS professionnels de la santé Dé�nition des objectifs et identi�cation des besoins de support des ordres pour organiser la formation continue Identi�cation et recherche des �nancements nécessaires Lutte contre le médicament par terre 18 Obtention d’un Évocation de la problématique au niveau SG Discussion 12 à 24 mois engagement politique de la Primature et de la Présidence de la ministère à poursuivre au plus haut niveau République de la Santé en contrepartie d’un accord concerté sur l’accessibilité aux médicaments et aux soins 19 Intensi�cation des Évaluation de l’ef�cacité des campagnes CNIECS Engager 6 à 12 mois campagnes de précédentes la mise en sensibilisation autour Association de l’ensemble de la profession œuvre de la dangerosité de la à la dé�nition d’une nouvelle campagne contrefaçon et y associer l’ensemble des acteurs publics et privés du système des soins de santé Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 75 Tableau 7.1 : Plan d’action (suite) Item Activités Actions Pilote Validation Echéances Incitations à une meilleure qualité/distribution du secteur privé 20 Création au sein des Identi�cation d’une personne ressource Association/ Engager 6 à 12 mois associations et syndicats au sein de chaque ordre/association- syndicat ou la mise en d’un guichet spéci�que syndicat ordres (à œuvre pour mieux faire déterminer) Préparation de documents d’information connaître les avantages en vigueur et le régime �scal 21 Meilleur accès aux Analyse détaillée des besoins et des Association Engager 6 à 12 mois �nancements pour modalités des mécanismes envisagés et syndicat la mise en les professionnels en Engagement des discussions avec les professionnel œuvre installation établissements bancaires Prise de garantie partielle Mise en place des �nancements bancaires Autres outils d’ingénierie �nancière (prises de participation, etc.) Incitations à une meilleure qualité/distribution du secteur privé (suite) 22 Introduction d’incitations Analyse des mécanismes existants et de DNS et API Engager 6 à 12 mois �scales ciblées sur l’éligibilité des différentes �lières la mise en installation en régions, œuvre Préparation des textes amendant le code dans le cadre ou en de l’investissement ou des textes ad hoc complément du code de pour les �lières non-éligibles l’investissement 23 Ouverture d’une réflexion Poursuite des analyses sur les tendances Association Discussion 6 à 12 mois sur les règles de zonage démographiques et la capacité à pour les médecins privés d’absorption poursuivre Engagement de la réflexion sur les mécanismes éventuels de zonage Consolidation de la santé rurale et communautaire 24 Renforcement de la Dé�nition des objectifs et identi�cation FENASCOM Engager 6 à 12 mois capacité de gestion des des besoins de support pour les ASACO la mise en ASACO/CSCOM œuvre Identi�cation et recherche des Appui aux programmes �nancements nécessaires de formation continue Préparation et lancement de l’appel et aux efforts de d’offres gouvernance Plani�cation et déploiement Apport d’une aide extérieure 76 Document de travail de la Banque mondiale Tableau 7.1 : Plan d’action (suite) Consolidation de la santé rurale et communautaire (suite) Item Activités Actions Pilote Validation Echéances 25 Réorientation des Préparation d’un état des lieux des Ministère de la Discussion 12 mois subventions apportées subventions allouées dans chaque Santé et MATCL à vers les besoins réels aire de santé poursuivre des CSCOM et selon leur Préparation de bonnes pratiques/ situation spéci�que orientations pour l’État, les Retirer progressivement collectivités territoriales et les ONG les personnels mis Redéploiement des personnels mis à à disposition dont la disposition présence n’est pas justi�ée par le niveau d’activités du CSCOM Réorienter l’appui/conseil de l’État sur l’audit de leur pérennité �nancière Moduler les soutiens apportés aux CSCOM selon leurs situations spéci�ques 26 Développement de l’offre Dé�nition des objectifs et identi�cation AMC/Santé Sud Engager 6 à 12 mois médicale en milieu rural des besoins de support et FENASCOM la mise en Estimation impact/ œuvre Identi�cation et recherche des durabilité des �nancements nécessaires programmes Préparation et lancement de l’appel d’accompagnement des d’offres réseaux de soins ruraux et de médicalisation des Plani�cation et déploiement CSCOM Expansion volontaire des mutuelles 27 Soutien initial au passage Dé�nition des objectifs et identi�cation SG ministère du Engager 12 à 24 à l’échelle de l’UTM pour des besoins de support Développement la mise en mois accompagner l’expansion social œuvre Identi�cation et recherche des de la couverture dans le �nancements nécessaires contexte des initiatives sur l’extension de la couverture maladie 28 Soutien aux activités Dé�nition des objectifs et identi�cation SG ministère du Engager 12 à 24 de mobilisation sociale des besoins de support Développement la mise en mois et subventionnement social œuvre Identi�cation et recherche des de la création rapide de �nancements nécessaires mutuelles Préparation et lancement de l’appel d’offres Formation des équipes de mobilisation sociale Plani�cation et déploiement 29 Examen sur la base des Analyse des leçons à tirer des SG ministère du Engager 3 à 6 mois mutuelles existantes des mutuelles existantes Développement la mise en meilleurs moyens de social œuvre Dé�nition des objectifs et identi�cation soutenir les mutuelles des besoins de support (équilibre après la phase de technique, gestion, etc.) création Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 77 Notes 1. Dans le cadre de l’initiative « Santé en Afrique ». 2. Source : carte sanitaire, DNS, CPS, analyses BCG. 3. Association de santé communautaire de Banconi, quartier de Bamako, dans la Commune II. 4. Division administrative regroupant en principe de 5 000 à 10 000 habitants dans un rayon de 15 km. 5. Activités de soins curatifs, préventives, et promotionnelles et sociales que doit fournir le CSCOM. 6. Analyse en composantes principales réalisée à partir de l’enquête sur le comportement de soins des populations et basée sur les moyennes obtenues par chaque prestataire pour chaque critère (en excluant le soigneur ambulant de l’étude, les projections ont été faites sur les composantes 1 et 3). 7. 300 000 F CFA pour les élèves étrangers (source : décanat FMPOS). 8. Sages-femmes d’État, in�rmières d’État, techniciens labo pharmacie, techniciens d’assainisse- ment. 9. In�rmière obstétricienne, technicien de santé publique, technicien de laboratoire et de pharmacie. 10. Soit une consultation par épisode morbide avec une hypothèse de taux de morbidité de 120 %. 11. Ce taux est probablement sous-déclaré dans les résultats de l’enquête d’opinion. 12. La création d’un Ordre des in�rmiers et d’un Ordre des chirurgiens dentistes est à l’étude. 13. Sans souci d’exhaustivité. 14. Sans souci d’exhaustivité. 15. Il est à noter que malgré ce régime de prix libres, le montant des marges des grossistes et des détaillants est �xé par consensus des acteurs de la �lière. 16. Sans souci d’exhaustivité. 17. Estimations faites sur la base d’une collecte de données réalisées auprès d’un groupe de profes- sionnels de la santé des secteurs public et privé. 18. Taux de fréquentation des mutualistes quatre fois supérieur à la moyenne au Ghana en 2006 ; au Rwanda, les béné�ciaires des mutuelles ont un accès aux services conventionnels de santé deux fois plus élevé que les non-béné�ciaires en 2005. 19. Analyse en composantes principales sur les dimensions d’évaluation des différents prestataires. 20. Qui aura pour béné�ce indirect de contribuer à �xer les personnels dans les régions. 21. ONG Santé Sud en partenariat avec l’Association des médecins de campagne. 22. Des premières discussions ont eu lieu avec la Bank of Africa à ce sujet, qui a fait part de son intérêt de principe à participer à un mécanisme de ce type. 23. L’éligibilité des pharmaciens est suje e à caution car ils pourraient être assimilés à des com- merçants. Annexes A. Approche méthodologique B. Approche projet C. Termes de référencé du Comité de suivi de l’étude D. Questionnaire de l’enquête réalisée auprès des ménages maliens sur leur comportement en matière de santé E. Méthode d’échantillonnage de l’enquête réalisée auprès des ménages maliens sur leur comportement en matière de santé F. Partage des éléments de ce rapport avec les parties prenantes 79 Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 81 A. Approche méthodologique Données primaires et modélisation Les données primaires préexistantes rassemblées au cours du projet sont de quatre types : ■ Données démographiques : nombre d’élèves diplômés de la Faculté de médecine depuis sa création, annuaires des ordres professionnels, chiffres du ministère de la Santé sur la répartition de ses effectifs par corps ; ■ Données relatives aux CSCOM : �chiers dits « Bilan C » consolidés par la CPS Santé et renseignés par les CSREF (Centre de santé de référence) sur la base d’une enquête auprès des ASACO ; ■ Données relatives aux mutuelles : chiffres clés sur le mouvement mutualiste établis par le ministère du Développement social et données de l’UTM sur le paquet de béné�ces proposé dans le cadre de son produit « Assurance maladie volontaire » (AMV) ; ■ Études macroéconomiques : enquêtes démographies santé et comptes nationaux de la santé. La qualité de ces données est variable, et chacune de ces bases a fait l’objet d’un travail de mise à jour et de consolidation : ■ Données démographiques : il n’existe que peu de données sur le nombre total de mé- decins (et autres professions touchant la santé) en exercice au Mali, et les lacunes sont particulièrement importantes s’agissant du secteur privé. Les annuaires des ordres sont incomplets et ne donnent pas une vision claire de leur répartition sur le territoire. La méthode retenue a consisté à reconstituer le nombre de médecins et de pharmaciens privés en activité à partir du flux de formation de la Faculté de médecine, et à projeter leur répartition sur le territoire à partir d’hypothèses dérivées de la répartition des structures publiques (voir détails à l’annexe B). Ces données perme ent dans un second temps d’approcher le nombre de struc- tures sanitaires privées dans les différentes régions en partant d’hypothèses sur le nombre moyen de professionnels travaillant dans les cabinets et cliniques. La �abilité de ces éléments a ensuite été testée à partir d’observations sur le terrain et d’entretiens avec les professionnels ; ■ Données relatives aux CSCOM : la méthodologie adoptée repose largement sur la modélisation �nancière d’un CSCOM moyen et sur la simulation des effets macroéconomiques des politiques de soutien à ces structures, en particulier sur le taux de contact. Les données tirées des �chiers Bilan C ont été mises à jour (suppression des �chiers trop incomplets présentant des erreurs manifestes de saisie ou des incohérences) puis compilées dans une base rassemblant les élé- ments directement utiles à la construction d’un modèle. Un pro�l type de CS- COM a été déduit de ce e base de données (montant de subventions reçues, personnel en activité, taux de contact, etc.) ainsi qu’une typologie des différents types de CSCOM. Ces éléments, notamment �nanciers, ont été confrontés aux comptes d’exploitation réels d’un échantillon de CSCOM (pour déterminer no- tamment les rece es et les coûts moyens d’un CSCOM) et affinés lors des visites effectuées sur le terrain. Des calculs de corrélation ont également pu être faits sur ce e base pour déterminer le lien entre les résultats �nanciers et sanitaires enre- 82 Document de travail de la Banque mondiale gistrés et les différents types de soutien apportés (impact de la médicalisation, impact de l’apport de personnels non-quali�és, etc.) ; ■ Données relatives aux mutuelles : les données ayant trait au mouvement mutualiste dans son ensemble sont relativement solides (source : ministère du Développe- ment social) et n’ont pas fait l’objet d’un travail spéci�que de retraitement. La construction du modèle de développement des mutuelles rurales s’est faite en utilisant pour base microéconomique le produit AMV proposé par l’UTM (en revoyant légèrement le paquet de béné�ces et le coût de l’assurance à la baisse pour répondre aux a entes des populations rurales). Un travail d’estimation du coût de démarrage et de l’exploitation d’une mutuelle rurale avait déjà été effec- tué par l’UTM et a permis de schématiser l’équilibre �nancier d’un tel produit au fur et à mesure de son expansion. De la même façon, des données existaient sur l’impact de l’adhésion à une mutuelle sur les comportements de soins des béné�ciaires (taux de contact) ; ■ Études macroéconomiques : les études disponibles reposant sur des méthodologies différentes, un travail de réconciliation a été effectué a�n d’approcher les grandes masses du �nancement de la santé au Mali. Ces données ont été triangulées avec une estimation du chiffre d’affaires des structures sanitaires privées et publiques réalisée à partir des taux de contact par structure (données disponibles pour une partie des structures publiques et reconstituées à partir d’un nombre moyen de consultations par jour pour les structures privées) et du prix moyen des diffé- rentes prestations. S’agissant du cas particulier des dépenses de médicaments, le chiffre d’affaires total de la �lière a été calculé à partir des données fournies par les principaux grossistes et des marges appliquées tout au long de la chaîne de valeur. L’écart entre le chiffre d’affaires des pharmacies et l’estimation des dépenses en médicaments a permis d’estimer le volume du commerce illégal des médicaments. Enquête d’opinion sur les comportements des Maliens vis-à-vis du système Des soins de santé A�n de combler certaines lacunes dans la documentation disponible, une étude d’opi- nion a été mandatée par le BCG et réalisée par le bureau d’études RESADE. Ce e en- quête a été réalisée auprès de 1 050 ménages. Elle a porté sur un échantillon composé de trois capitales régionales et le district de Bamako, huit cercles, 40 communes (voir détails techniques à l’annexe D). L’objectif était à la fois de : ■ mesurer l’itinéraire thérapeutique des Maliens, pour mieux comprendre les comportements de refus de soins, le temps écoulé avant de solliciter des services de soins de santé, et les rôles respectifs de la médecine traditionnelle et des struc- tures privées et publiques ; ■ comprendre qui décide, au sein des ménages maliens, au cours de cet itinéraire, du recours aux soins et prend en charge les frais occasionnés ; ■ mesurer le coût et le temps d’a ente des différentes structures ; ■ évaluer les critères de choix de tel ou tel prestataire : con�ance, proximité, coût, expertise ; ■ classer les différents prestataires selon l’appréciation portée a posteriori par les patients sur leurs prestations : efficacité, distance, prix, disponibilité des médica- ments, compétences, éthique, propreté, qualité de l’équipement. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 83 Ce e étude a notamment permis de dégager les enseignements suivants : ■ Le taux de recours à des conseils est de 42 % (41 % pour le recours aux structures conventionnelles, hypothèse de 1 % pour le recours aux tradi-praticiens) ; ■ Le taux de renoncement aux soins est de 63 % ; ■ Le taux d’automédication est de 15 % (8 % pour le recours aux herboristeries traditionnelles, 7 % pour le recours aux médicaments modernes) ; ■ Le choix de recours aux soins est exercé par le chef de famille ou un membre de la famille dans 90 % des cas ; ■ Les critères jugés les plus importants dans le choix du prestataire sont l’efficacité des soins en vue de la guérison, la compétence du personnel et la qualité d’ac- cueil et d’écoute. Sur la totalité des critères évalués, les CSCOM et les CSREF sont les structures les mieux évaluées. Plusieurs autres éléments mis en évidence par ce e enquête �gurent dans les sec- tions suivantes du présent rapport. Factualisation des éléments présentés dans ce rapport Le présent rapport, en exposant les constats de la situation actuelle, fait la distinction entre : ■ Les éléments de diagnostic objectifs (appuyés sur des faits et quanti�és) ; ■ Les sentiments et impressions subjectifs exprimés par une partie des acteurs (lorsque ces sentiments orientent le comportement des acteurs, ils ont ou peu- vent avoir un impact important sur le système des soins de santé). S’agissant des éléments objectifs, les méthodes de factualisation proposées par le BCG ont été validées par le comité de suivi lors de ses différentes réunions. Il s’est agi selon les cas de �gure de : ■ Rassembler des données primaires (par exemple : enquête d’opinion sur les par- cours de soins) ; ■ Exploiter des bases de données existantes ou recomposées (par exemple : ana- lyses réalisées sur les CSCOM) ; ■ Construire des modèles économiques à partir d’hypothèses validées avec les ac- teurs et des éléments factuels existants (par exemple : scénarios construits sur les CSCOM et les mutuelles) ; ■ Collecter (à défaut d’autres méthodes de factualisation) des données auprès d’un groupe de professionnels de la santé (par exemple : temps moyen d’obtention de l’agrément/licence). Les conclusions condensées dans le présent rapport ont été communiquées à Ba- mako à plus de 60 parties prenantes à l’occasion de séminaires organisés du 13 au 14 août 2009 ; du 26 au 28 octobre 2009 et le 15 mars 2010 ; lors de rencontres régulières du comité de pilotage du projet et lors de la réunion du cabinet élargi le 16 novembre 1009. Outre ces réunions officielles, l’équipe de BCG a eu de nombreux échanges infor- mels (plus de 100 entretiens) avec les acteurs du système de santé malien. Méthodologie et principaux résultats du chantier analytique Durant l’exécution du projet, différentes méthodologies ont été utilisées pour collecter, compléter, véri�er et analyser les données ainsi que différents choix de modèles, qui sont décrits ci-après. 84 Document de travail de la Banque mondiale Taux de contact par structures sanitaires Les taux de contact pour les structures publiques sont disponibles à la CPS. Pour calculer ces données pour le secteur privé, la méthode retenue a consisté à évaluer le nombre de patients fréquentant chaque jour un cabinet et une clinique et à multiplier ce chiffre par le nombre estimé de cabinets/cliniques. Tableau A.1 : Taux de contact par structures sanitaires Nombre de contacts Taux de contact (M) Taux de contact CSCOM1 0,23 3,0 Taux de contact structures publiques 0,08 1,1 Taux de contact CSREF2 0,03 0,4 Taux de contact EPH3 0,05 0,7 Taux de contact structures privées commerciales 0,10 1,4 Taux de contact cabinet 4 0,07 0,9 Taux de contact clinique 4 0,04 0,5 Source : 1. Base de données des �chiers bilan C ; 2. SLIS ; 3. Annuaire statistique des hôpitaux ; 4. Hypo- thèses de fréquentation moyenne des cabinets (10 patients/jour) et cliniques (20 patients/jour) et hypo- thèses sur le nombre de cabinets (250) et cliniques (70). Estimation de la répartition des médecins et des structures privées par région En l’absence de données sur la répartition des médecins privés, l’estimation réalisée repose sur l’hypothèse (validée par les différentes parties prenantes) que 70 % d’entre eux se trou- vent à Bamako et que les autres se répartissent de la même façon que les médecins du secteur public (clés de répartition de la DRH sur la répartition des médecins publics par région). Tableau A.2 : Estimation de la répartition des structures privées par région Nombre indicatif Nombre indicatif de cabinets de cliniques % de répartition Kayes 10 2 13,74% 1 Koulikoro 9 2 13,31% 1 Sikasso 16 4 21,95% 1 Ségou 15 4 21,10% 1 Mopti 11 3 15,30% 1 Tombouctou 4 1 5,38% 1 Gao 5 1 7,08% 1 Kidal 1 0 2,12% 1 District Bamako 175 49 70% 2 Total hors Bamako 75 21 30% 2 Total Mali 250 70 Source : Analyse BCG. Note : Hypothèses : 70 % des structures privées (250 cabinets et 70 cliniques) à Bamako – La distribution à l’intérieur, hors Bamako, se fait en appliquant la même clé de répartition que pour les médecins publics (et par extension privés) à partir des chiffres de la DRH du ministère de la Santé. 1. % des structures hors Bamako. 2. % des structures sur l’ensemble du Mali. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 85 Dépenses moyennes dans les cabinets et cliniques Le calcul des dépenses moyennes par cabinet/clinique repose sur le calcul d’une dépense moyenne par habitant urbain (et donc sur l’hypothèse que seuls les urbains fréquen- tent ces établissements) à partir du chiffre d’affaires total des cabinets et des cliniques (nombre de patients par an multiplié par leur dépense moyenne multiplié par le nombre de structures). Ce e dépense moyenne par urbain est ensuite pondérée en fonction d’un coefficient déterminé par le niveau de pauvreté de la région. Tableau A.3 : Dépenses moyennes dans les cabinets et cliniques Dépense moyenne dans les Dépense moyenne dans les cabinets (par hab. urbain) cliniques (par hab. urbain) Kayes 1 590 1 818 Koulikoro 994 1 136 Sikasso 994 1 136 Ségou 994 1 136 Mopti 994 1 136 Tombouctou 1 590 1 818 Gao 1 590 1 818 Kidal 1 590 1 818 District Bamako 2 584 2 954 Total hors Bamako 1 292 1 477 Total Mali 1 988 2 272 Source : Analyses BCG. Note : Hypothèses : Détermination d’une dépense moyenne nationale par habitant urbain (en supposant que seuls les urbains fréquentent les structures privées) à partir du ratio « CA total des cabinets-cli- niques/population urbaine » - On applique ensuite à ce e dépense moyenne d’une personne urbaine un coefficient selon la zone de pauvreté (0,6 en zone 1 - 0,8 en zone 2 - 1,3 en zone 3). Estimation du nombre maximum de cabinets et cliniques supplémentaires pouvant a eindre le point mort Le calcul de la capacité d’absorption du marché est nécessaire pour calculer, à dépense constante, combien de structures privées peuvent a eindre leur point mort, c’est-à-dire a eindre le niveau d’activité leur perme ant de couvrir leurs coûts. Dans les hypothèses retenues, le point mort des cabinets et des cliniques est plus élevé à Bamako que dans les régions. Le nombre d’habitants urbains multiplié par la dépense moyenne des habitants ur- bains détermine le CA potentiel total des cabinets et des cliniques. Il est alors possible de déterminer le nombre de structures que le marché peut « porter » à dépense constante, puis le nombre de structures additionnelles pouvant a eindre le point mort à partir de l’estimation du nombre actuel de structures. 86 Document de travail de la Banque mondiale Tableau A.4 : Estimation du nombre maximum de cabinets et cliniques supplémentaires pouvant atteindre le point mort Nombre Nombre Point Point Nombre Nombre potentiel potentiel Nombre Nombre mort mort de de de de cabinet clinique cabinets cliniques actuel de actuel de cabinets cliniques cabinets cliniques (M) (M) max. max. supplém supplém entaires entaires Kayes 12 60 45 10 10 2 35 8 Koulikoro 12 60 28 6 9 2 19 4 Sikasso 12 60 43 10 16 4 27 6 Ségou 12 60 33 7 15 4 18 3 Mopti 12 60 22 5 11 3 11 2 Tombouctou 12 60 17 4 4 1 13 3 Gao 12 60 24 5 5 1 19 4 Kidal 12 60 2 1 1 0 1 1 District Bamako 18 80 194 50 175 49 19 1 Total hors Bamako 12 60 212 49 75 21 137 28 Total Mali 16.2 74 407 98 250 70 157 28 Source : Analyses BCG. Note : Hypothèses : Point mort pour les cabinets de 12 millions F CFA en régions et 18 millions à Bamako - point mort pour les cliniques de 60 millions F CFA en régions et 80 millions à Bamako. Projection de l’évolution du nombre de médecins privés et publics Les projections démographiques ont été réalisées à partir du nombre de médecins diplô- més par la faculté de médecine en appliquant des hypothèses de taux de mortalité et de départ/retour à l’étranger. La répartition public/privé est estimée, à partir de 2008, selon une hypothèse de recrutements dans la fonction publique. Tableau A.5 : Projection de l’évolution du nombre de médecins privés/publics Flux de Stock de Stock de % de % de médecins médecins médecins médecins médecins pivés pivés pivés pivés publics 2008 307 1 150 1 233 48,3% 51,7% 2009 285 1 395 1 276 52,2% 47,8% 2010 182 1 533 1 314 53,9% 46,1% 2011 129 1 623 1 349 54,6% 45,4% 2012 103 1 690 1 381 55,0% 45,0% 2013 100 1 749 1 411 55,4% 44,6% 2014 105 1 811 1 440 55,7% 44,3% 2015 109 1 897 1 480 56,2% 43,8% 2016 114 1 964 1 509 56,5% 43,5% 2017 119 2 045 1 543 57,0% 43,0% 2018 124 2 131 1 578 57,5% 42,5% 2019 129 2 209 1 608 57,9% 42,1% 2020 134 2 277 1 634 58,2% 41,8% Source : Analyses BCG. Note : Hypothèses : Projections du nombre total de diplômés jusqu’à 2014 à partir du nombre d’élèves en 1ère année et du nume- rus clausus en 2008, puis au-delà de 2014 en augmentant le flux de formation de 3 % chaque année. Calcul du flux de médecins rejoignant le secteur privé en partant de l’hypothèse de 50 embauches par an dans la fonction publique. Stock de médecins en activité calculé à partir des flux de formation en partant de l’hypothèse d’une durée d’activité de 30 ans et d’un taux annuel de mortalité de 1 % - hypothèses de 5 % des médecins diplômés de nationalité étrangère dont 75 % qui ant le Mali. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 87 Estimation du nombre de cabinets/cliniques pouvant ouvrir grâce à l’installation des jeunes médecins La projection du nombre de cabinets/cliniques devant s’ouvrir dans les années à venir peut être calculée à partir des flux estimés de formation et d’hypothèses de répartition de ces futurs jeunes diplômés entre le public et le privé (et au sein du privé entre les cabinets et les cliniques, sachant qu’un cabinet regroupe en moyenne deux médecins et une clinique cinq). Tableau A.6 : Estimation du nombre de cabinets/cliniques pouvant s’ouvrir grâce à l’installation des jeunes médecins Flux médecins s'installant Nombre de cabinets Nombre de cliniques à leur compte pouvant ouvrir pouvant ouvrir 2008 246 92 31 2009 228 86 29 2010 146 55 18 2011 103 39 13 2012 82 31 10 2013 80 30 10 2014 84 31 10 2015 87 33 11 2016 91 34 11 2017 95 36 12 2018 99 37 12 2019 103 39 13 2020 108 40 13 Source : Analyses BCG. Note : Hypothèses : Flux de médecins s’installant à leur compte = 80 % du flux total de médecins rejoi- gnant le secteur privé. Nombre de cabinets pouvant ouvrir = 75 % des flux de médecins s’installant à leur compte et 2 médecins par cabinet. Nombre de cliniques pouvant ouvrir = 25 % des flux de médecins s’’nstallant à leur compte et 5 médecins par clinique. 88 Document de travail de la Banque mondiale Estimation des besoins de �nancement des cabinets et cliniques pouvant ouvrir grâce à l’installation de jeunes médecins Tableau A.7 : Estimation des besoins de �nancement des cabinets et cliniques pouvant s’ouvrir grâce à l’installation des médecins Besoins de Besoins de Total besoins de financements des financements des financements (M) cabinets (M) cliniques (M) 2008 737 614 1 351 2009 684 570 1 254 2010 437 364 801 2011 310 258 568 2012 247 206 453 2013 240 200 440 2014 251 209 460 2015 262 218 480 2016 273 228 501 2017 285 238 523 2018 297 248 545 2019 310 258 568 2020 323 269 592 Source : Analyses BCG. Note : Hypothèse : besoins de �nancements à l’installation de huit millions F CFA par cabinet et 20 mil- lions F CFA par clinique. Estimation des besoins de �nancement liés à l’accompagnement des médecins de campagne Tableau A.8 : Estimation des besoins de �nancement liés à l’accompagnement des médecins de campagne Flux de médecins devenant Besoins formation médecin de campagne médecins de campagne (M) 2008 46 334 2009 43 310 2010 27 198 2011 19 140 2012 15 112 2013 15 109 2014 16 114 2015 16 119 2016 17 124 2017 18 129 2018 19 135 2019 19 141 2020 20 146 Source : Santé Sud. Note : Hypothèses : 15 % des médecins rejoignant le secteur privé devenant médecin de campagne - Mon- tant moyen de l’installation d’un médecin de campagne 7 260 000 F CFA. volontaire (AMV) géré par l’UTM et ses membres. Ces hypothèses ont été construites notamment à partir du produit Assurance maladie Hypothèses du modèle à adhésion obligatoire de déploiement des mutuelles Tableau A.9 : Hypothèses du modèle à adhésion obligatoire de déploiement des mutuelles Remarques Nombre de mutuelles créées par an 100 Bassin potentiel de population (échelle de mobilisation sociale) 14 000 Taux de croissance bassin potentiel 3% Taux de pénétration 1ère année 50% 35% dans le modèle volontaire Taux d'accroissement annuel taux de pénétration 20% Taux maximum de 90% (80% dans le modèle volontaire) Nombre de bénéficiaires par adhérent 3 Tarif cotisation mensuelle par bénéficiaire 300 F Taux de contact CSCOM population non bénéficiaire 23,0% Croissance taux contact CSCOM population non bénéficiaire 2,0% Taux de consultation CSCOM des bénéficiaires 50% Croissance taux de consultation CSCOM des bénéficiaires 15% Coût réel consultation CSCOM 2 250 Taux de prise en charge CSCOM 99% Taux de consultation CSREF des bénéficiaires 3% Étude sur le secteur privé de la santé au Mali Croissance taux de consultation CSREF des bénéficiaires 5% Coût réel consultation CSREF 2 049 Montant hors hospitalisation Taux de prise en charge CSREF 75% Taux de fréquentation pharmacie des bénéficiaires 2% Croissance taux de consultation pharmacie des bénéficiaires 2% Coût réel fréquentation pharmacie 3 300 Taux de prise en charge pharmacie 75% Taux de consultation hôpital des bénéficiaires 1% Croissance taux de consultation hôpital des bénéficiaires 5% Coût réel consultation hôpital 29 383 Taux de prise en charge hôpital 75% Prise en charge de la seule hospitalisation à l'hôpital Taux de consultation cab./clinique privé des bénéficiaires 10% Croissance taux de consultation cab./clinique privée des bénéficiaires 5% Coût réel consultation cab./clinique privé 10 250 Taux de prise en charge cab./clinique privé 0% Taux cotisation fédérative 2% Rôle de simple plaidoyer/représentation sans centralisation des Taux réserves et réassurance 7% fonctions de gestion 89 Source : Analyses BCG. Synthèse des résultats du modèle d’expansion des mutuelles (adhésion obligatoire) 90 Tableau A.10 : Synthèse des résultats du modèle à adhésion obligatoire Document de travail de la Banque mondiale Nombre Nombre Taux de Taux de Nombre Nombre Nombre Nombre addition- addition- contact contact cumulé cumulé total de total de Total couts nel de nel de % de Résultat Résultat Total coûts Total coûts Total couts CSCOM & CSCOM & de mutu- de mutu- person- person- Equilibre Equilibre cotisation person- person- couvertu couverture financier total financier total gestion- gestion- réserves CSREF (pop CSREF (pop elles elles nes nes technique (M) technique (M) fédérative nes nes re (M) (M) création (M) création (M) (M) totale) avec totale) en effecti- effecti- couver- couver- (M) couver- couver- dév, des scénario ves ves tesa (M) tes1 (M) tes (M) tes (M) mutuelles constant 2010 0 0 0,3 2,15% -1 437,0 0 1 437,0 0 0 26,58% 26,58% 2011 100 0,7 1,0 7,17% -1 289,9 1 392,2 2 442,7 50,4 189,0 28,97% 27,36% 2012 200 1,6 1,9 13,06% -836,4 2 933,8 3 234,9 112,7 422,6 32,58% 28,25% 2013 300 2,6 3,0 19,97% -532,6 4 586,2 4 217,7 189,7 711,3 37,96% 29,29% 2014 400 4,0 4,3 28,14% -337,2 6 270,8 5 255,0 284,9 1 068,2 45,86% 30,51% 2015 500 5,5 5,9 37,43% -573,3 7 791,5 6 472,8 398,3 1 493,7 57,04% 31,97% 2016 600 7,2 7,5 46,45% -1 269,9 8 783,2 7 606,0 515,2 1 931,8 71,27% 33,77% 2017 700 8,8 9,2 55,21% -1 201,2 9 126,8 7 309,3 635,5 2 383,2 89,14% 36,00% 2018 700 9,8 10,2 59,63% -3 530,1 7 289,2 7 451,0 709,1 2 659,1 106,14% 38,80% 2019 700 10,8 11,1 63,10% -7 147,2 4 345,5 7 813,8 774,5 2 904,3 125,39% 42,36% 2020 700 11,5 11,9 65,49% -11 703,3 228,3 7 993,7 829,0 3 108,8 145,12% 46,74% 2021 700 12,1 12,5 66,64% -16 294,7 -4 038,4 8 127,1 869,3 3 259,9 147,48% 49,59% 2022 700 12,4 12,9 66,64% -20 606,2 -8 265,1 8 088,0 895,4 3 357,7 147,86% 52,78% 2023 700 12,8 13,2 66,64% -24 616,8 -12 094,1 8 142,0 922,3 3 458,5 148,26% 56,36% 2024 700 13,2 13,6 66,64% -28 270,9 -15 414,6 8 344,0 949,9 3 562,2 148,68% 60,38% 2025 700 13,6 14,0 66,64% -31 289,3 -18 094,0 8 547,8 978,4 3 669,1 149,10% 64,91% Source : Analyses BCG. Note : Base existante + nouveaux béné�ciaires. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 91 Hypothèse de modélisation d’un CSCOM typique Tableau A.11 : Modélisation du CSCOM typique : hypothèses a Hypothèses Base de population 13 000 Taux consultations curatives 23% Taux croissance annuel du taux de consultations curatives 3% Productivité personnel 500 consult./an Nombre de personnels subventionnés 2 Prix moyen consultation 1 000 FCFA Marge médicament 15% Prix moyen ordonnance 1 200 F CFA Revenus subventions 0 F CFA Coûts salariaux par personnel 800 000 F CFA/an Coûts des consommables par consultation 150 F CFA Coûts fixes 1 400 000 F CFA Source : Analyses BCG. Note : Hypothèses établies à partir de la base de données rassemblant les informations contenues dans les �chiers Bilan C. Synthèse des résultats de la modélisation d’un CSCOM typique Tableau A.12 : Modélisation du CSCOM typique : synthèse des résultats Synthèse 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 Revenus consultations (M) 3,0 3,2 3,4 3,6 3,9 4,1 4,3 Revenus médicaments (M) 3,2 3,4 3,6 3,9 4,1 4,3 4,6 Revenus subventions (M) 0 0 0 0 0 0 0 Revenus totaux (M) 6,3 6,7 7,0 7,4 8,0 8,4 9,0 Nombre de personnels 6 6 7 7 8 8 9 Coût salariaux (M) 3,2 3,2 4,0 4,0 4,8 4,8 5,6 Coûts fixes (M) 1,4 1,4 1,4 1,4 1,4 1,4 1,4 Coûts variables (M) 0,6 0,7 0,7 0,7 0,8 0,8 0,9 Coûts médicaments (M) 2,8 2,9 3,1 3,3 3,5 3,7 3,9 Coûts totaux (M) 8,0 8,1 9,2 9,4 10,5 10,7 11,8 Résultat fonctionnement (M) -2,2 -2,0 -2,7 -2,5 -3,1 -2,9 -3,6 Résultat médicament (M) 0,5 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 Résultat total (M) -1,7 -1,5 -2,1 -1,9 -2,6 -2,3 -2,9 Source : Analyses BCG. 92 Document de travail de la Banque mondiale Répartition du chiffre d’affaires de la �lière pharmaceutique Tableau A.13 : Répartition du chiffre d’affaires (prix de cession et de vente) de la �lière pharmaceutique (chiffres de 2008) Africalab Laborex Copharma Asiatiques PPM et Camed % Génériques 5,00% 5,00% 90,00% 100,00% 100,00% % Spécialités 95,00% 95,00% 10,00% 0,00% 0,00% CA prix de revient générique (M) 0,90 0,40 0,75 3,33 7,50 CA prix de revient spécialité (M) 17,02 7,52 0,08 CA prix de revient total (M) 17,92 7,92 0,83 3,33 7,50 Marge grossiste génériques 20,00% 20,00% 20,00% 20,00% 20,00% Marge grossiste spécialités 20,00% 20,00% 20,00% CA prix de cession génériques (M) 1,08 0,48 0,90 4,00 9,00 CA prix de cession spécialités (M) 20,43 9,03 0,10 0,00 0,00 CA prix de cession total (M) 21,5 9,50 1,00 4,00 9,00 Marge détaillant génériques 45,00% 45,00% 45,00% 25,00% 15,00% Marge détaillant spécialités 33,00% 33,00% 33,00% CA prix de vente génériques (M) 1,56 0,69 1,31 5,00 10,35 CA prix de vente spécialités (M) 27,17 12,00 0,13 CA prix de vente total (M) 28,72 12,69 1,44 5,00 10,35 Source : « Les prix des médicaments au Mali », OMS, 2004 ; entretiens, analyses et modélisation BCG. Note : Hypothèses : Coefficient multiplicateur de 1,20 appliqué pour tous les grossistes à partir du CA prix de revient (spé. et génériques). Répartition des officines pharmaceutiques et ventilation des listes d’a ente par région Tableau A.14 : Répartition des of�cines et ventilation des listes d’attente par région Nombre d'inscrits Nombre d'officines sur listes d'attente Bamako 190 220 Gao et Kidal 7 3 Kayes 26 23 Koulikouro 57 90 Mopti 14 10 Ségou 28 15 Sikasso 37 25 Tombouctou 4 1 TOTAL 363 387 Source : CNOP. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 93 B. Approche projet Complémentarité de chantiers analytiques et d’implication des parties En raison des objectifs du projet, les travaux ont été structurés autour de deux chantiers complémentaires (voir schéma B.1) : ■ Le premier chantier, analytique a�n de poser de manière factuelle la place du secteur privé dans le système des soins de santé, d’analyser les grands enjeux de chaque �lière de santé (fourniture des soins, formation, médicaments, assu- rance) et les impacts potentiels des évolutions possibles ; ■ Le second chantier, d’implication des parties, a�n de valider et d’enrichir les constats, d’échanger sur les axes d’amélioration et d’en ébaucher les modalités opérationnelles. Figure B.1 : Approche suivie durant le projet 1er séminaire 2 e séminaire Finalisation 13-14 août 09 26-28 octobre 09 15 mars 2010 Chantier Initialisation Analyse détaillée Opportunités Plans détaillés analytique et leviers Chantier implicationdes Préparation Gestion du dialogue avec les différentes parties prenantes parties L’ensemble des analyses et recommandations contenues dans le présent rapport ont été partagées avec les principaux acteurs, lors de séminaires ou durant des sessions de travail ad hoc. Chantier analytique Le chantier analytique a permis de factualiser la taille occupée en 2009 par le secteur pri- vé, sa contribution à l’ensemble du secteur, d’identi�er les axes d’analyse complémen- taires ainsi que les zones clés d’amélioration pour partage avec l’ensemble des parties : ■ Recensement des volumétries d’acteurs par secteur (en particulier répartition sur le territoire, mise en perspective avec les populations servies) ; ■ Identi�cation des parcours de soins des populations ; ■ Mise en perspective avec les besoins des populations et les niveaux de soins a eints ; ■ Modélisation des équations économiques des acteurs (CSCOM, cabinets/cli- niques, officines, mutuelles) – en intégrant leurs trajectoires d’évolution ; ■ Identi�cation du cadre réglementaire et des facteurs affectant la facilité de conduite des affaires dans le secteur de la santé. 94 Document de travail de la Banque mondiale Ce chantier s’est fondé sur les études existantes, les bases de données mises à dispo- sition par l’administration et les différents ordres professionnels, des entretiens avec les professionnels de la santé, ainsi qu’un complément d’analyse effectué sur les parcours de soins des populations à travers une enquête d’opinion auprès de 1 050 ménages. Dès le début des travaux, le côté systémique de l’ensemble du secteur a été identi- �é et l’approche a été structurée a�n de prendre en compte les impacts réciproques de chaque composante du secteur sur les autres (par exemple : impact de l’assurance santé sur le taux d’utilisation des structures de soins de santé primaires et donc leur viabilité). Chantier implication des parties La phase d’engagement des acteurs a démarré dès le début du projet, et ce a�n d’iden- ti�er l’ensemble des acteurs du secteur travaillant dans ou sur le secteur de la santé. Ce travail a donné lieu à trois séminaires de partage : ■ Le premier, les 13 et 14 août 2009 a�n de : • Renforcer la compréhension entre les acteurs (sessions enjeux/ressources/ contraintes) ; • Partager les constats, les premières pistes ; • S’assurer de la participation de tous au projet. ■ Le second, du 26 au 28 octobre 2009 a�n de : • Partager et affiner le diagnostic ; • Élaborer avec les parties prenantes des axes d’amélioration et les classer par priorités ; • Convenir des premières modalités de mise en œuvre. ■ Le dernier séminaire, le 15 mars 2010 a�n de �naliser et valider les plans d’action. En parallèle de ces travaux, près de 100 entretiens ont été conduits avec les parties prenantes, à Bamako et dans les régions, a�n d’approfondir les analyses avec les ac- teurs, d’ébaucher les axes d’amélioration et de con�rmer les impacts potentiels. L’annexe A présente les principales institutions et personnalités impliquées dans ce processus à travers les entretiens et groupes de travail conduits par le BCG et la participation aux séminaires. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 95 C. Termes de référence du Comité de suivi de l’étude MINISTÈRE DE LA SANTÉ RÉPUBLIQUE DU MALI SECRÉTARIAT GÉNÉRAL Un Peuple – Un But – Une Foi CELLULE DE PLANIFICATION ET DE STATISTIQUE TERMES DE RÉFÉRENCE DU COMITÉ DE SUIVI De l’étude sur le secteur privé de la santé au Mali Contexte Dans le cadre de l’Initiative Santé en Afrique, le Département des conditions favorables à l’investissement de la Banque mondiale (CIC), en étroite collaboration avec le Dépar- tement Santé et Éducation de la Société Financière Internationale [International Finance Corporation, (IFC)] et le Gouvernement malien (le ministère de la Santé) a recruté le cabinet international de conseil – Boston Consulting Group (BCG) pour conduire une éva- luation du secteur privé de la santé au Mali. Le principal objectif de la mission de BCG est de travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement malien a�n de formuler des recommandations au sujet d’un programme de réformes a�n de renforcer le cadre de poli- tique générale dé�nissant l’interface entre les secteurs public et privé de la santé et d’amé- liorer l’organisation des biens et services liés à la santé pour l’ensemble de la population. Les objectifs de l’étude consistent à : ■ Déterminer de façon très précise le rôle que le secteur privé joue actuellement pour l’a einte des résultats de santé du pays ; ■ Diagnostiquer la nature et l’efficacité de l’interface entre les secteurs public et privé de la santé au Mali, ainsi que le cadre général de l’activité économique et de l’investissement, et les adaptations qui pourraient être nécessaires pour promouvoir le secteur privé de la santé en vue d’a eindre les objectifs de santé ; ■ Aider le gouvernement et les responsables politiques concernés à engager un dialogue avec les parties prenantes du système des soins de santé, en particulier avec les acteurs du secteur privé a�n de mobiliser des ressources supplémen- taires pour la santé, et améliorer l’accès et la couverture sanitaire ; et ■ Faciliter en partenariat avec le ministère de la Santé la formulation des recom- mandations détaillées a�n de fournir un environnement propice au développe- ment du secteur privé et du partenariat public-privé a�n d’a eindre ensemble les objectifs de santé publique. Dans ce cadre, BCG devra spéci�quement : 1. Concevoir le cadre analytique de l’enquête ; 2. Collecter et analyser les données ; 3. Engager les parties prenantes ; 4. Conduire au moins trois ateliers pour les parties prenantes ; 5. Faciliter la formulation des recommandations pour un programme de réforme. Pour aider à la réalisation concrète de ce projet, le Gouvernement malien a établi un comité de suivi a�n d’appuyer, orienter et superviser le déroulement du travail sur le terrain. Les présents termes de référence détaillent les objectifs, le mandat, la composi- tion, et le mode d’opération du Comité. 96 Document de travail de la Banque mondiale Objectif L’objectif du Comité de suivi est de a) faire progresser le travail de diagnostic en as- surant/facilitant une direction stratégique et une orientation du travail d’évaluation au Mali ; b) servir de conseiller, entériner des décisions stratégiques et faciliter le processus en cours. En tant que tel, le Comité de suivi supervisera et assurera le suivi de la mise en œuvre de toutes les composantes de l’étude, en particulier, le « volet analytique », le « volet mobilisation/engagement », et le « volet recommandations ». Mandat Le Comité de suivi a pour rôle/mission de : i. assurer le suivi de l’avancement des travaux selon le planning qui sera arrêté et les indicateurs de succès contenus dans les TDR de l’étude ; ii. faciliter autant que possible la réalisation des travaux du consultant ; iii. faciliter la compréhension courante du travail d’évaluation et faire le suivi du programme de travail en vue de sa mise en œuvre ; iv. examiner et valider les rapports produits par le consultant (BCG) à chaque étape, et assurer le processus de revue interne ; v. discuter des conclusions opérationnelles qui peuvent être tirées des études et de l’évaluation achevées et s’assurer que la stratégie nationale de partenariat public- privé est mise à jour ; vi. assurer la diffusion de l’information sur ce e étude et ses conséquences poten- tielles à l’intérieur et à l’extérieur du ministère de la Santé. Composition et fonctionnement Le Comité de suivi est présidé par le Directeur de la CPS (Cellule plani�cation et statis- tiques du ministère de la Santé). Il sera limité à 11 membres au maximum, deux repré- sentants du ministère de la Santé (dont un membre du Comité de suivi du PRODESS – représentant la CPS – et le second membre représentant la DNS), deux représentants du Groupe de la Banque mondiale (Banque mondiale/IFC), deux représentants du cabinet de conseil (BCG), un représentant des autres partenaires Technique et Financier (PTF) apportant leur appui au secteur de la santé au Mali, un représentant des corps médicaux constitués (ordres des pharmaciens ou des médecins), un représentant du ministère des Finances, et un représentant de l’Institut de statistique (Ex DNSI). Il est impératif que les membres du Comité de suivi puissent représenter leur institution au niveau senior, vu l’importance et la sensibilité des questions traitées dans le but d’accomplir les tâches de conseil et d’orientation ainsi que la prise de décision de manière rapide et efficiente. Le Comité de suivi se réunit une fois tous les quinze (15) jours, et en tant que de besoin, sur convocation de son Président. Le Comité de suivi se réunira physiquement ou par l’intermédiaire de moyens audio (téléconférence) ou vidéo (vidéo conférence). Le secrétariat des réunions du Comité de suivi sera assuré par la CPS. Le résumé de chacune des réunions sera établi et partagé avec l’ensemble des partenaires impliqués. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 97 D. Questionnaire de l’enquete réalisée aupres des menages maliens sur leur comportement en matiere de sante A. Identi�cation 98 Document de travail de la Banque mondiale B. Itinéraire thérapeutique B.1. Dans les douze derniers mois, avez-vous, ou un membre de votre ménage, été ma- lade ? 1. Oui 2 Non (Fin de l’entretien) B.1.1. Si oui, lesquelles de ces maladies ci-dessous sont survenues chez vous et chez les membres de votre ménage ? (Mettez le nombre d’épisodes selon les tranches d’âge) Enfants Enfants Enfants 0–1 an 1–5 ans 5–18 ans Adultes (A) (B) (C) (D) 1. Pathologies /évènement 1.1 Fièvre/paludisme 1.2 Diarrhée 1.3 Douleurs dos/membres/articulations 1.4 Toux 1.5 Problème de peau 1.6 Problème d’œil 1.7 Problème dentaire 1.8 Blessure/fracture/entorse 1.9 Tension/diabète 97 Autres (à préciser) 2. Soins de la mère 2.1 CPN 2.2 Accouchements 2.3 Consultations post-natales B.1.2. Avez-vous une idée de ce que vous avez dépensé au total pour la santé de votre ménage pour les 12 derniers mois ? 1. Oui (Répondez à la question B.1.3. 2. Non (Passez à la question B.1.4) B.1.3. Si oui, dans quelle zone de coûts positionneriez-vous votre ménage ? (Encerclez un code) 1. Moins de 5 000 F CFA 2. 5 000 et 10 000 F CFA 3. 10 000 et 20 000 F CFA 4. 20 000 et 30 000 F CFA 5. 30 000 et 40 000 F CFA 6. 50 000 et 100 000 F CFA 7. 100 000 et 200 000 F CFA 8. Plus de 500 000 F CFA Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 99 Nous allons choisir trois maladies parmi celles que vous avez énumérées ci-dessus, au sujet desquelles nous demanderons les informations ci-dessous. Liste des maladies sélectionnées Pathologies/évènement 1 2 3 4 5 6 7 8 9 A B C D A B C D A B C D A B C D A B C D A B C D A B C D A B C D A B C D Soins de la mère 10 11 12 C D C D C D B.1.4. Première maladie sélectionnée (Mettez le code) Les informations sont collectées sur le dernier épisode au cas où il y aurait eu plusieurs épisodes de la même maladie. B.1.4.1. Lorsque vous ou un membre de votre ménage avez été atteint par la maladie, qu’avez-vous fait ? 1. Vous n’avez rien fait (si oui passez à la 2e maladie) 2 Vous vous êtes soigné par vous-même (si oui répondez à la question B.1.4.2) 3 Vous êtes allé consulter/chercher des conseils (si oui répondez à la question B.1.4.3) (Les réponses 2 et 3 sont non exclusives, si vous les encerclez toutes deux, vous devez obligatoire- ment y répondre, ainsi qu’au reste des questions sur la première maladie. Si vous n’avez encerclé que la réponse 2, répondez uniquement à la question B.1.4.2). B.1.4.2. Quand vous vous êtes soigné par vous-même la dernière fois : a) Qu’avez-vous fait ? 1 Acheté des herbes 2 Cherché des herbes 3. Médicaments dans une pharmacie par terre 4 Médicaments dans une pharmacie 97 Autres (précisez) Les réponses sont non exclusives. b) Combien de fois êtes-vous allé le faire ? (Insérez le nombre dans la case ci-dessous) : c) Combien cela vous a coûté en moyenne ? (Insérez le montant dans la case ci-dessous) : 100 Document de travail de la Banque mondiale B.1.4.3. La dernière fois que vous ou un membre de votre ménage êtes allé consulter/chercher un conseil, chez qui êtes-vous ? Code Recours 1 Un membre de votre famille 2 Un tradi-praticien 3 Un soigneur ambulant 4 Un cabinet médical 5 Un CSCOM 6 Un CSREF 7 Une clinique 8 Un hôpital 97 Autre (précisez) (Encercler les codes des recours consultés) B.1.4.4. Classez les recours aux soins selon leur ordre de survenue 1er recours 2e recours 3e recours 4e recours 5e recours 6e recours 7e recours 8e recours 9e recours B.1.4.5. Combien de temps s’est écoulé entre les recours ? 1er recours 2e recours 3e recours 4e recours 5e recours 6e recours 7e recours 8e recours 9e recours *Pour le 1er recours = durée entre l’apparition de la maladie/accident et le 1er recours B.1.4.6. Qui a pris la décision de recourir aux soins en dehors du ménage ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Vous-même 2 Chef de famille 3 Parent 4 Voisin Autres 97 (précisez) Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 101 B.1.4.7. Qui a pris en charge les frais relatifs aux soins des différents recours ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Vous-même 2 Famille 3 Village 4 Mutuelle ONG/ 5 associations 6 Amis 7 Visiteurs Autres 97 (précisez) B.1.4.8. À combien se sont élevés les coûts de la consultation, des médicaments prescrits et du transport ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Consultation 2 Médicaments 3 Déplacement 4 Montant total 98 NSP B.1.4.9. Combien de temps avez-vous attendu avant d’avoir les soins ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours Moins d’une 1 heure 2 2 heures Plus de 2 3 heures Toute la 4 matinée) Toute la 5 journée Autres 97 (précisez) 98 NSP 102 Document de travail de la Banque mondiale B.1.4.10. Pour quelles raisons vous avez choisi ce prestataire ? 1er 2ème 3ème 4ème 5ème 6ème 7ème 8ème 9ème Code Réponses Recours Recours Recours Recours Recours Recours Recours Recours Recours 1 Con�ance 2 Proximité Coût 3 accessible Expertise 4 médicale Autres 97 (précisez) B.1.5. Deuxième maladie sélectionnée (Mettez le code : par exemple 2D) Les informations sont collectées sur le dernier épisode au cas où il y aurait eu plusieurs épisodes de la même maladie. B.1.5.1. Lorsque vous ou un membre de votre ménage avez été atteint par la maladie 2D, qu’avez- vous fait ? 1. Vous n’avez rien fait (Si oui, passez à la 3e maladie) 2 Vous vous êtes soigné par vous-même (Si oui, répondez à la question B.1.5.2) 3 Vous êtes allé consulter/chercher des conseils (Si oui, répondez à la question B.1.5.3) (Les réponses 2 et 3 sont non exclusives, si vous les encerclez toutes deux, vous devez obligatoirement y répondre ainsi qu’au reste des questions sur la première maladie. Si vous n’avez encerclé que la réponse 2, répondez unique- ment à la question B.1.5.2). B.1.5.2. Quand vous vous êtes soigné par vous-même la dernière fois : a) Qu’avez-vous fait ? 1 Acheté des herbes 2 Cherché des herbes 3. Médicaments dans une pharmacie par terre 4 Médicaments dans une pharmacie 97 Autres (précisez) Les réponses sont non exclusives b) Combien de fois êtes-vous allé le faire ? (Insérez le nombre dans la case ci-dessous) c) Combien cela vous a coûté en moyenne ? (Insérez le montant dans la case ci-dessous) Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 103 B.1.5.3. La dernière fois que vous ou un membre de votre ménage êtes allé consulter/chercher un conseil, chez qui avez-vous été ? Code Recours 1 Un membre de votre famille 2 Un tradi-praticien 3 Un soigneur ambulant 4 Un cabinet médical 5 Un CSCOM 6 Un CSREF 7 Une clinique 8 Un hôpital 97 Autre (précisez) (Encerclez les codes des recours consultés) B1.5.4. Classez les recours aux soins selon leur ordre de survenue ? 1er recours 2e recours 3e recours 4e recours 5e recours 6e recours 7e recours 8e recours 9e recours B.1.5.5. Combien de temps s’est écoulé entre les recours ? 1er recours 2e recours 3e recours 4e recours 5e recours 6e recours 7e recours 8e recours 9e recours *Pour le 1er recours = durée entre l’apparition de la maladie/accident et le 1er recours B.1.5.6. Qui a pris la décision de recourir aux soins en dehors du ménage ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Vous-même 2 Chef de famille 3 Parent 4 Voisin Autres 97 (précisez) 104 Document de travail de la Banque mondiale B.1.5.7. Qui a pris en charge les frais relatifs aux soins des différents recours ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Vous-même 2 Famille 3 Village 4 Mutuelle ONG/ 5 associations 6 Amis 7 Visiteurs Autres 97 (précisez) B.1.5.8. Combien cela a coûté pour la consultation/les médicaments prescrits et le transport ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Consultation 2 Médicaments 3 Déplacement 4 Montant total 98 NSP B.1.5.9. Quel est le temps d’attente que vous avez passé pour recevoir les soins ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours Moins d’une 1 heure 2 2 heures Plus de 2 3 heures Toute la 4 matinée Toute la 5 journée Autres 97 (précisez) 98 NSP Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 105 B.1.5.10. Pour quelles raisons vous avez choisi ce prestataire ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Con�ance 2 Proximité Coût 3 accessible Expertise 4 médicale Autres 97 (précisez) B.1.6. Troisième maladie sélectionnée (Mettez le code : par exemple 10D) Les informations sont collectées sur le dernier épisode au cas où il y aurait eu plusieurs épisodes de la même maladie. B.1.6.1. Lorsque vous ou un membre de votre ménage avez été atteint par la maladie 10D qu’avez- vous fait ? 1. Vous n’avez rien fait (Si oui passez à la question C) 2 Vous vous êtes soigné par vous-même (Si oui répondez à la question B.1.6.2) 3 Vous êtes allé consulter/chercher des conseils (Si oui répondez à la question B.1.6.3) (Les réponses 2 et 3 sont non exclusives, si vous les encerclez toutes deux, vous devez obligatoirement y répondre ainsi qu’au reste des questions sur la première maladie. Si vous n’avez encerclé que la réponse 2, répondez unique- ment à la question B.1.6.2) B.1.6.2. Quand vous vous êtes soigné par vous-même la dernière fois : a) Qu’avez-vous fait ? 1 Acheté des herbes 2 Cherché des herbes 3. Médicaments dans une pharmacie par terre 4 Médicaments dans une pharmacie 97 Autres (précisez) Les réponses sont non exclusives. b) Combien de fois l’avez-vous fait ? (Insérez le nombre dans la case ci-dessous) c) Combien cela vous a coûté en moyenne ? (Insérez le montant dans la case ci-dessous) 106 Document de travail de la Banque mondiale B.1.6.3. La dernière fois que vous ou un membre de votre ménage êtes allé consulter/chercher un conseil, chez qui êtes-vous allé ? Code Recours 1 Un membre de votre famille 2 Un tradi-praticien 3 Un soigneur ambulant 4 Un cabinet médical 5 Un CSCOM 6 Un CSREF 7 Une clinique 8 Un hôpital 97 Autre (précisez) (Encercler les codes des recours consultés) B.1.6.4. Classez les recours aux soins selon leur ordre de survenue. 1er recours 2e recours 3e recours 4e recours 5e recours 6e recours 7e recours 8e recours 9e recours B.1.6.5. Combien de temps s’est écoulé entre les recours ? 1er recours 2e recours 3e recours 4e recours 5e recours 6e recours 7e recours 8e recours 9e recours *Pour le 1er recours = durée entre l’apparition de la maladie/accident et le 1er recours B.1.6.6. Qui a pris la décision de recourir aux soins en dehors du ménage ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Vous-même 2 Chef de famille 3 Parent 4 Voisin Autres 97 (précisez) Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 107 B.1.6.7. Qui a pris en charge les frais relatifs aux soins des différents recours ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Vous-même 2 Famille 3 Village 4 Mutuelle ONG/ 5 associations 6 Amis 7 Visiteurs Autres 97 (précisez) B.1.6.8. Combien cela a coûté pour la consultation, les médicaments prescrits et le transport ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Consultation 2 Médicaments 3 Déplacement 4 Montant total 98 NSP B.1.6.9. Quel est le temps d’attente que vous avez passé pour avoir les soins ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours Moins d’une 1 heure 2 2 heures Plus de 2 3 heures Toute la 4 matinée) Toute la 5 journée Autres 97 (précisez) 98 NSP 108 Document de travail de la Banque mondiale B.1.6.10. Pour quelles raisons avez-vous choisi ce prestataire ? 1er 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e Code Réponses recours recours recours recours recours recours recours recours recours 1 Con�ance 2 Proximité Coût 3 accessible Expertise 4 médicale Autres 97 (précisez) Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 109 C. Retour d’expérience sur les fournisseurs de soins C.1. Classez par ordre d’importance les différents critères d’évaluation des fournisseurs de soins : Code Critère d’évaluation Ordre d’importance 1 Ef�cacité de la guérison 2 Distance appropriée 3 Prix consultation approprié 4 Prix ordonnance approprié 5 Disponibilité médicament 6 Compétence du personnel 7 Qualité accueil/écoute 8 Propreté des locaux 9 Qualité de l’équipement (Deux critères ne peuvent pas avoir la même importance) C.2. Quelle note accordez-vous aux prestataires de soins sur les différentes dimensions ci-dessous ? (1 très insuffisant 2 insuffisant, 3 moyen, 4 bon, 5 très bon, 6 excellent) Tradi- Soigneur Cabinet Critères practicien ambulant médical CSCOM CSREF Clinique Hôpital Ef�cacité de la guérison Distance appropriée Prix consultation approprié Prix ordonnance approprié Disponibilité médicament Compétence personnel Éthique du personnel Propreté des locaux Qualité de l’équipement Me ez la note accordée par le répondant pour chacun des prestataires. En cas de non jugement, me re ND ou 99. Nous vous remercions de votre participation 110 Document de travail de la Banque mondiale E. Méthode d’échantillonnage de l’enquête réalisée auprès des ménages maliens sur leur comportement en matière de santé Base de sondage Les populations de quatre régions ont été utilisées par les services de statistique pour déterminer la taille de l’échantillon. Ainsi, les régions de Kayes, Sikasso Gao et le district de Bamako ont été déjà retenus selon un choix raisonné. Selon un choix raisonné les cercles ayant des communes urbaines ont été retenus dans chacune des quatre régions : les cercles retenus sont Kayes et Kita dans la région de Kayes, Bougouni et Sikasso dans la région de Sikasso, Gao et Ansogo dans la région de Gao, les communes du District de Bamako. La liste dé�nitive des communes enquêtées �gure dans le tableau ci-dessous Régions Cercles Communes urbaines Communes rurales Kayes – 13 communes Kayes Kayes Sadiola Diamou Ségala Bangassi Kouniakari Kita Kita Sébékoro Séfeto Kassaro Boudoufo Kita rural Djidian D. Bamako – 6 communes Communes Communes I, II, III, IV, V, et VI Sikasso – 13 communes Sikasso Sikasso Niéna Bliendio Farakala Kléla N’Kourala Bougouni Bougouni Kéléya Sido Zantiébougou Koumantou Faragaran Dogo Gao Gao Gao Gabero 8 communes Soni Ali Ber Gounzoureye Ansongo Ansongo Bara Boura Ouattagouna Total 6 cercles + 13 27 le District de BKO 40 communes Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 111 Caractéristiques de l’échantillon Taille de l’échantillon L’enquête a porté sur un échantillon composé de trois capitales régionales et le district de Bamako, huit cercles, 40 communes. La taille de l’échantillon a été de 1 050 ménages. Les communes ont été structurées en deux strates rurale et urbaine. Le tirage des communes a été fait au hasard à l’intérieur des deux strates. Ainsi, 13 communes ont été retenues dans la région de Kayes, 13 dans la région de Sikasso, six dans le district de Bamako et huit dans la région de Gao. Processus de tirage aléatoire des ménages Au niveau des chefs lieux de commune un dénombrement des ménages a permis d’ob- tenir une liste de ménages à partir de laquelle on a tiré un échantillon de 25 ménages de manière aléatoire, conformément au protocole suivant : ■ Le tirage des ménages s’est fait d’une façon aléatoire. C’est un tirage systéma- tique fait indépendamment dans chaque commune. ■ L’entrevue s’est déroulée auprès des chefs de ménages. Pour administrer le ques- tionnaire, il a fallu au préalable localiser la concession pour ensuite y identi�er le ménage dans lequel a été réalisée l’enquête ; ■ Compte tenu de la con�guration des ménages et pour respecter les us et cou- tumes, l’équipe d’enquêteurs et le superviseur se sont rendus chez le chef de village pour : • Informer le chef de village et ses conseillers de l’objectif de l’enquête ; • Établir la liste exhaustive de tous les ménages du village ( si liste non disponible). Avec l’appui du chef de village, les ménages sélectionnés ont été identi�és sans diffi- culté. Vingt cinq (25) ménages devaient être sélectionnés dans chaque commune. Le tirage des ménages dans une commune s’est effectué selon les étapes suivantes. Étape 1 : Numéroter tous les ménages inscrits sur la liste Étape 2 : Déterminer la raison « R » ( c’est-à-dire le pas de tirage) comme suit : nombre total de ménages de la commune R= 25 Étape 3 : Tirer un nombre aléatoire (α). Pour ce faire , lire dans la table des nombres au hasard à n chiffres (n étant le nombre de chiffres que compte la partie entière de R ), un nombre compris entre 1 et R entier. Le nombre aléatoire (α) tiré indique le numéro d’ordre, dans la base de sondage du premier ménage. Étape 4 : Tirage des autres ménages : Créer une progression arithmétique de 25 nombres ayant pour base α et pour raison R (le pas de tirage) de la manière suivante : 112 Document de travail de la Banque mondiale α correspond au premier ménage tiré α + R correspond au second ménage tiré α + 2R correspond au troisième ménage tiré α + 3R correspond au quatrième ménage tiré α + (n-1)R correspond au trentième ménage tiré Étape 5 : Numéro d’enquête : Affecter un numéro d’ordre séquentiel de 1 à 25 pour tous les ménages sélectionnés dans la commune. Étude sur le secteur privé de la santé au Mali 113 F. Partage des éléments de ce rapport avec les parties prenantes Les observations et constats synthétisés dans ce rapport ont été partagés avec les plus de 60 parties prenantes lors des séminaires des 13 et 14 août 2009, 26, 27 et 28 octobre 2009 et 15 mars 2010, lors des réunions du comité de suivi du projet, et en�n lors de la réunion de cabinet élargi du 16 novembre 2009. À ces rencontres officielles, il convient d’ajouter les très nombreuses interactions informelles que l’équipe du BCG a eues avec les acteurs du système des soins de santé malien au cours du projet (plus d’une centaine d’entretiens). Principales institutions et personnalités associées au chantier engagement des parties Représentants de l’administration et des structures parapubliques SG – conseillers techniques du ministre (M. Bouaré) – IS – CPS – DNS – DPM – DAF – DRH – PPM – FMPOS – INFSS – INSTAT – INRSP – CNIECS – API Ministère chargé de la Promotion de la femme – Ministère chargé de l’Enseignement supérieur – Ministère chargé de l’Emploi et de la formation professionnelle – Ministère chargé du Développement social (DNPSS) – Ministère de l’Administration et des collec- tivités territoriales Représentants de la société civile et du secteur privé CNOM – CNOP – CNOSF – AMLM – GP/SP – Association des écoles privées – Association des sages-femmes – Collectif des jeunes pharmaciens – SYNAPO – Association des in�r- miers – Laborex – Africalab – AMC – Santé Sud – UTM – FENASCOM – FEMATH Fon- dation Aga Khan – CCIM – Kafo Jiginew – APBEF – Clinique Pasteur – Hôpital Luxem- bourg Mère enfant – Centre Mérieux Représentants des partenaires techniques et �nanciers OMS – FNUAP – UNICEF – Pays-Bas – France (SCAC et AFD) – USAID – Canada NB : On signalera par ailleurs que lors du projet, des déplacements ont été réalisés par le Boston Consulting Group à Ségou et dans ses environs, dans la région de Kayes, dans la région de Mopti et dans la région de Gao. 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Les études-pays et les documents a permis de réaliser les de travail de la Banque mondiale sont économies suivantes : imprimés sur papier non chloré, intégra- • 289 arbres* lement composé de �bres post-consom- • 92 millions BTU énergie mation. La Banque mondiale a officielle- totale ment accepté de se conformer aux normes • 27 396 tonnes-équivalent recommandées par Green Press Initiative, CO2 gaz à effet de serre, programme à but non lucratif qui aide net les éditeurs à utiliser des �bres ne prove- • 131 944 gal. eau nant pas de forêts menacées. Pour de plus • 8 011 lb. déchets solides amples informations, consulter www. greenpressinitiative.org. * Hauteur : 12 m Diamètre : 15–20 cm Le rapport intitulé Étude sur le secteur privé de la santé au Mali fait partie de la série de Documents de travail de la Banque mondiale. Ces documents sont publiés pour communiquer les résultats des travaux de recherche menés par la Banque mon- diale et pour stimuler le débat public. La présente étude évalue le rôle du secteur privé dans le sys- tème général de santé au Mali, examine les possibilités d’ac- croître la contribution du secteur privé au système de santé et définit les moyens d’améliorer l’articulation public-privé pour accroître l’équité, l’accès et l’efficacité. Il est possible de se procurer les documents de travail de la Banque mondiale en commandant des numéros particuliers ou en passant une commande permanente qui permet de recevoir automatiquement chaque rapport dès qu’il est publié. Ces documents sont également disponibles en ligne sur l’e-biblio- thèque de la Banque mondiale (www.worldbank.org/elibrary). ISBN 978-0-8213-8536-4 www.ifc.org/santeenafrique BANQUE MONDIALE SKU 18536